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Retard de solde pour les fournisseurs de l'armée

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L'armée a accumulé beaucoup de retard dans le paiement de ses factures. La mise en place d'une nouvelle version du logiciel financier Chorus a été mal organisée. Le ministère s'est engagé à régulariser la situation d'ici à la fin de l'été.

Retard de solde pour les fournisseurs de l'armée © DR

Des centaines de millions d'euros de factures impayés. Le client responsable de ce cauchemar, c'est l'armée française, via la direction générale de l'armement (DGA). Cette administration est le premier investisseur de l'état, et a passé pour 20,9 milliards d'euros de commandes à l'industrie en 2009. A l'origine du problème, un changement de logiciel comptable, le passage à la version 2 de Chorus.

Le transfert des informations du système précédent s'est mal passé: tout n'a pas été basculé, des erreurs ont été commises. Aujourd'hui le personnel de la DGA doit vérifier toutes les informations du nouveau système, tous les contrats et toutes les factures. Des mois de travail.

Le ministère de la Défense espère avoir rattrapé son retard d'ici à la fin de l'été. Selon Laurent Teissère, porte-parole du ministère, "Le problème est cantonné et géré". Il a néanmoins reconnu l'ampleur des retards: "Depuis début de l'année, les comptables ont payé 3,8 milliards d'euros, soit 55% de ce qui avait été payé l'an dernier à la même époque." Le rythme de paiements aurait repris son cours normal à partir de début avril, à raison de 14.000 factures réglées chaque semaine.

Pour faire face aux besoins pressants de ses fournisseurs, la DGA a lancé des procédures de paiements urgents. Ces factures seront réglées avant la mise en conformité du système Chorus, et devront donc être régularisées ensuite. Les fournisseurs peuvent trouver plus d'informations sur le site de l'Ixarm.

Certaines entreprises sont dans une situation critique. Jean-Dominique Merchet (sur son blog Secret Défense), affirme que pour Panhard (véhicules militaires), "le défaut de paiement pourraient s'établir prochainement à trois fois le besoin en fonds de roulement habituel de la société".

Le président du Groupement des industries françaises de défense terrestre (le Gicat), Christian Mons, confirme que les risques sont sérieux: "Ces retards  représentent une menace grave pour les sociétés, surtout certaines PME dont les réserves de trésorerie ou les capacités d'emprunt sont insuffisantes".

Depuis mi-avril, la situation se régularise progressivement. Mais cet imbroglio se sera pas sans conséquences: L'armée sera amenée à verser plusieurs dizaines de millions d'euros d'intérêts moratoires, en compensation pour ces retards.

Cette mésaventure technique arrive au mauvais moment: le secteur a été puissament revitalisé par le plan de relance, avec 1,3 milliards d'euros investis. Ce bel effort pourrait être totalement annihilé si les PME qui fournissent l'armée sont balayées par une bête erreur technique. 

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