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Réseaux sociaux : « leur intérêt dépasse les réticences »

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A l'heure où les réseaux LinkedIn et Facebook s'installent - physiquement - en France, le Club IES - Club d'intelligence économique et stratégique* - se penche sur l'impact des réseaux sociaux en entreprise. Entretien avec Jérôme Bondu, président du Club

Réseaux sociaux : « leur intérêt dépasse les réticences »

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En partenariat avec Industrie Explorer

Pourquoi vous intéressez-vous aujourd'hui aux réseaux sociaux ?

Jérôme Bondu : Les veilleurs sont des gens hyper-connectés. Dans le domaine de l'intelligence économique, il y a deux outils principaux pour collecter de l'information : le réseau humain d'une part et les solutions de veille d'autre part. Avec les réseaux sociaux, on a une sorte de conjonction de ces deux outils puisqu'ils permettent de fédérer en ligne un réseau.
C'est aussi un thème qui a le vent en poupe. Lorsque l'on regarde sur Google Insight le nombre de requêtes effectuées en France en 2008, on voit que la requête Facebook occupe la sixième position [ndlr, Facebook est en cinquième position à l'heure où nous écrivons cet article].

Quid de l'intérêt de ces réseaux pour la recherche d'information ?

Jérôme Bondu : Je dirais qu'ils sont moyennement utilisés pour trouver de l'information parce que les données ne sont pas très qualitatives et c'est un domaine qui reste en structuration. Néanmoins, cela permet d'avoir une visibilité sur les réseaux qui existent et de trouver des contacts intéressants.
Alain Garnier : Il y a quand même un vrai basculement. Pour le recrutement, votre profil sur Facebook a quasiment plus d'importance aujourd'hui que l'entretien que vous pouvez passer. Après un entretien d'une heure, les gens tapent votre nom sur Google, regardent votre profil, vos traces, tout votre parcours numérique... Je pense qu'il y a même actuellement une accélération de ce que j'appelle la réification des choses sur Internet. Qu'est-ce qui compte le plus : votre profil LinkedIn ou bien l'entretien ? C'est une vraie question à se poser.

Au risque d'inciter les candidats à sculpter des profils sur mesure ?

Alain Garnier : A partir du moment où l'on entre dans une phase où l'on communique numériquement ce que l'on est, on entre dans une phase de marketing de soi-même et, évidemment, on est tous formidables, intelligents... Ce marketing personnel fait à mon avis partie des nouvelles compétences que les jeunes entrants sont obligés d'acquérir.

Quels sont les autres dangers que posent les réseaux sociaux ?

Alain Garnier : Le plus important, c'est la rémanence [l'effet persistant a posteriori]. C'est la première fois dans l'histoire où toutes les traces que l'on laisse sont opposables. Auparavant, c'était réservé aux écrivains, aux personnages illustres et il y avait un un droit à l'oubli. Tout à coup, des lettres sont directement accessibles. Il vous faut apprendre une nouvelle intimité, un nouveau rapport à votre corps numérique.

Jérôme Bondu : Il y a trois types d'informations. 1. les informations que les personnes mettent elles-mêmes et elles en prennent la responsabilité, même si elles ne sont pas forcément conscientes de cet aspect rémanent. 2. Il y a les informations qu'elles peuvent mettre sur quelqu'un d'autre et ce sont des données sur lesquelles elles ont déjà moins de prise. 3. Il y a la compilation des traces que l'on laisse et ici l'internaute n'a absolument aucune prise. Il faudrait un code de la route pour les utilisateurs.

En tant que fondateur d'Arisem, comment analysez-vous cette entrée des réseaux sociaux dans les usages professionnels ?

Alain Garnier : Après Arisem, j'ai fait l'analyse que le Web est maintenant l'eldorado sur lequel se font les innovations. Les usages grands publics ont doublé les usages professionnels. La connexion réseau est aujourd'hui souvent meilleure à domicile que dans l'entreprise et les gens ont chez eux des usages plus avancés que dans l'entreprise. Mon analyse, c'est que les solutions de demain dans l'entreprise viendront des usages grand public.

Les deux domaines convergent également. Je viens de plus en plus dans l'entreprise avec mon système d'information personnel : mon webmail, mes contacts en ligne... J'utilise tout cela dans l'entreprise et je repars avec des informations. Alors qu'avant je rentrais tout nu dans la société, et j'en sortais tout nu. Le système d'information restait cloisonné. Aujourd'hui, il existe un peu en dehors de l'entreprise, ce qui n'est pas sans poser des questions sur la propriété, la sécurité ou éventuellement la baisse de la productivité... Certains employeurs appréhendent d'ailleurs une décentralisation de la communication et une perte de leur pouvoir au profit des salariés.

Christophe Dutheil

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* Soutenu par l'association des anciens élèves de l'IAE (Institut d'Administration des Entreprises).

Viadeo drague les PME et les acheteurs publics

Signe supplémentaire de l'intérêt des réseaux sociaux pour les professionnels, le français Viadeo vient d'ouvrir un espace entièrement consacré aux PME. Selon Le Monde Informatique, ce nouveau service payant - de 2000 à 3000 euros par an - est pour l'heure réservé aux petites entreprises de province. Il leur permet de mettre en ligne une page personnalisée et de diffuser des messages ou des offres de recrutement ciblés. Et donc d'accroître leur visibilité auprès de leurs futurs collaborateurs.

Autre initiative, gratuite cette fois : Viadeo a noué une alliance avec InfoTrade 2000, une entreprise spécialisée dans la diffusion d'informations commerciales sur les marchés publics, afin de créer une communauté destinée aux acteurs de l'achat public. PublicAchat, c'est son nom, fédère déjà 15 090 membres.

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