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L'Usine Santé

Reprise lente sur le front de l'emploi après la crise

Publié le

PARIS (Reuters) - La crise économique a relativement épargné l'emploi en France en 2008 et 2009 mais, en contrepartie, la reprise n'aura qu'un effet lent et modéré sur les effectifs, conclut une étude du Centre d'analyse stratégique (CAS) publiée mardi.

Reprise lente sur le front de l'emploi après la crise © REUTERS

Cet organisme rattaché aux services du Premier ministre estime qu'il faudra attendre 2015 pour retrouver le pic d'emploi d'avant le déclenchement de la crise. Et cette amélioration devrait privilégier initialement l'intérim et le travail temporaire.

L'étude identifie quatre grandes tendances susceptibles d'"irriguer" à moyen terme l'emploi en France et de dégager des gisements potentiels de création d'emplois: la "servicisation" et le "verdissement" de l'économie, les services à la personne et les "emplois cognitifs" (recherche-développement, design, ingénierie, architecture, marketing et publicité).

Le CAS estime entre 450.000 et 550.000 les emplois détruits dans les secteurs marchands depuis le début de la crise.

"Ce chiffre, certes considérable, demeure très en deçà de ce que pronostiquaient les différents instituts ou observatoires de conjoncture à la mi-2009", souligne-t-il en évoquant des ordres de grandeurs proches de ou supérieurs à un million d'emplois détruits.

Le taux de chômage en France métropolitaine a culminé à 9,6% au quatrième trimestre 2009 selon les statistiques de l'Insee, contre 7,2% au deuxième trimestre 2008, avant le déclenchement de la crise financière internationale. Il est revenu à 9,3% au deuxième trimestre de cette année.

Les entreprises, expliquent les auteurs de l'étude du CAS, ont eu principalement recours à des mécanismes de "rétention" de leur main-d'oeuvre, comme le chômage partiel, la réduction des heures supplémentaires ou celle de l'intérim. Les salariés en contrats stables ont ainsi pu être "relativement épargnés par les destructions d'emplois depuis 2008".

Si l'impact de la crise sur les effectifs a donc été largement amorti, l'étude juge "plausible la perspective d'une croissance faiblement créatrice d'emplois à moyen terme", c'est-à-dire sur la période 2010-2013.

L'INTÉRIM PARMI LES SECTEURS PROMETTEURS

Les entreprises devraient en effet continuer de recourir à l'intérim et au travail temporaire pour répondre à l'augmentation attendue de la demande.

Pour le CAS, le retour aux créations nettes d'emplois permanents est envisageable à partir de la mi-2011, et encore, "si la reprise se maintient sur un rythme moyen, sans rechute significative".

Sur la base d'une hypothèse de croissance de 2% pour 2011 et de 1,6% pour les années suivantes, le CAS anticipe 513.000 créations d'emplois dans les secteurs principalement sur 2011-2015, ce qui équivaudrait à compenser les destructions de postes liées à la crise.

Les créations d'emploi pourraient atteindre 712.000 en prenant pour hypothèse 2% de croissance par an.

Pour les auteurs de l'étude, cette reprise de l'emploi sera portée d'une part par le rebond "mécanique" des secteurs tournés vers l'international, d'autre part par le développement d'autres secteurs, notamment les services ou les filières "vertes".

Le détail des projections sectorielles montre entre autres que plusieurs secteurs industriels déjà durement affectés par la crise devraient continuer de supprimer des postes, à l'instar de l'automobile, des biens d'équipements ou encore de la pharmacie, qui ont déjà fortement rebondi depuis le point bas du début 2009.

A l'opposé, la construction, le conseil et l'assistance, les services à la personne et le commerce de détail figurent parmi les secteurs jugés les plus prometteurs en termes de potentiel de création d'emploi.

Mais l'étude distingue surtout le secteur des "services opérationnels", qui inclut l'intérim, avec 218.000 créations de postes attendues sur 2010-2015.

Sur la base de ces projections, le CAS préconise d'une part la poursuite des politiques de "sécurisation" des parcours professionnels et de "flexicurité", mais aussi des approches plus ciblées en termes territoriaux et professionnels.

Xavier Bertrand, le nouveau ministre du Travail, a assuré la semaine dernière que l'emploi serait un dossier crucial d'ici les élections présidentielle et législatives de 2012.

Marc Angrand, édité par Gilles Trequesser

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