Représentativité

La main gauche du patronat n'a pas toujours ignoré ce que sa main droite donnait pour la paix sociale.

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Représentativité
C'est une machine infernale lancée -par qui?- dans les jarrets du patronat. La présidente du Medef affronte ce qui est devenu l'affaire «DGS». Laurence Parisot doit maintenir l'exigence éthique du patronat sans lâcher un précieux négociateur, soutenu par ses pairs.

Denis Gautier-Sauvagnac préside une fédération qu'on ne peut présenter comme un maillon secondaire du monde professionnel. Ce grand professionnel du paritarisme conduit la négociation sociale pour le compte du Medef. Il aurait fait retirer régulièrement des sommes qui finissent par devenir colossales, à ce jour une quinzaine de millions d'euros sur sept ans. Denis Gautier-Sauvagnac bénéficie de la présomption d'innocence. L'argent n'est sans doute pas suspect par son origine (lire l'article d'Agnès Laurent, p.76). Mais une telle caisse noire ne peut avoir pour but principal que d'éviter un contrôle sur la destination des fonds. C'est déjà... surprenant.

Deuxième question : à qui étaient destinés ces fonds ? Les «oeuvres sociales» de la métallurgie ? Rires. Les politiques ? Ils semblent devenus fort prudents, même si...Reste l'hypothèse la plus consistante : le financement syndical. C'était un secret de Polichinelle dans les milieux bien informés, où l'on sait qui fournit le matériel informatique de certaines fédérations «amies». Malgré les questions posées par les employés de BNP Paribas, le président de l'UIMM a pu continuer. Péché d'orgueil du grand commis intouchable parce que couvert par ses pairs ? La main gauche du patronat n'a pas toujours ignoré ce que, depuis des années, sa main droite donnait pour acheter la paix sociale dans une branche centrale de l'industrie.

Reste la seule question qui vaille pour les industriels. «DGS» va devoir consacrer une bonne partie de son temps dans les prochaines semaines à répondre à la police et sans doute à la justice. Peut-il en même temps négocier l'assouplissement du licenciement, le durcissement des conditions d'aide aux chômeurs ou, demain, l'évolution de la représentativité des syndicats et leur financement? Les fragmentations de cette machine infernale n'épargneront personne. Elles vont accélérer la transformation du paysage social. Laurence Parisot veut l'espérer. Par le haut?

Olivier Jay,
directeur délégué de la rédaction


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