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Reportage : Dans les smart bureaux de Steria

Olivier James , , ,

Publié le

Enquête Cela fait un an que le groupe occupe ce bâtiment à énergie positive baptisé Green Office, conçu par Bouygues Immobilier. À en croire ses occupants, les résultats sont au rendez-vous.

Le ciel est pourtant gris. Mais la lumière du soleil parvient à éclairer une grande partie des 23 000 m² de bureaux. Ici, tout a été pensé pour optimiser les apports solaires : grandes baies vitrées, stores automatisés, largeur des plateaux n'excédant pas 13,50 mètres... Nimbé de lumière naturelle, le visiteur éprouve très vite une sensation de bien-être dans cet ensemble de bâtiments de sept étages au style épuré. Couloirs spacieux, open space feutré, murs à haute inertie thermique, salles de détente design, bacs de tri sélectif, ventilation naturelle, brasseurs d'air au plafond, murs végétalisés, enduits muraux composés de fibres naturelles...

Ces bureaux sont uniques en leur genre : 12 000 capteurs électroniques renseignent sur la température, la vitesse du vent, l'hygrométrie, la luminosité, le taux de CO2... sans oublier la station météo sur le toit. Le tout relié à un système informatique qui optimise en direct les besoins des utilisateurs. Situés au coeur de la zone tertiaire de Meudon (Hauts-de-Seine), et jouxtant la forêt, ils sont occupés par les 1 100 salariés du siège français de Steria. Cela fait maintenant un an que la société de services informatiques vit dans ce bâtiment baptisé Green Office. Conçu par Bouygues Immobilier, il représente l'une des rares réalisations de grande envergure en France de bâtiment dit « intelligent » et à énergie positive.

Green Office a près de dix ans d'avance sur la réglementation thermique. « Sur un an, la consommation d'énergie du bâtiment n'excédera pas de plus de 5% l'objectif fixé à 62 kWh/m² par an, assure François Pacoureau, le directeur des achats et des moyens généraux de Steria France. Nous ne subissons pas de surcoût de loyer et nous réalisons entre 20 et 25% d'économie par mètre carré sur notre facture énergétique par rapport à nos anciens locaux. » Quant à la production d'énergie, rendue possible par les 4 200 m² de panneaux photovoltaïques répartis sur tout le bâtiment et la chaudière cogénération à l'huile de colza, elle atteint comme prévu 64 kWh/m² par an. Steria (l'usager), Bouygues Immobilier (le promoteur) et Exprimm (l'exploitant, filiale d'ETDE) sont liés par un contrat de performance énergétique qui engage chacun à remplir ses objectifs assortis d'un système bonus-malus.

 

Entre confort des salariés et exigences énergétiques

Une équipe de trois personnes gère le suivi quasi quotidien des économies d'énergie. « On travaille avec tous les salariés et on organise chaque mois une réunion de reporting », explique Pierre Audebert, le responsable des moyens généraux chez Steria France. Le groupe a mis au point un logiciel de suivi en temps réel connecté au système de gestion technique du bâtiment (de Schneider Electric). Ce qui a permis de traquer les surconsommations d'énergie des premiers mois : bouilloires et cafetières électriques ont été prohibées (au grand dam de certains salariés), ventilation des sanitaires revue à la baisse, réglages de la chaudière cogénération révisés. A contrario, l'hiver dernier, la température a été augmentée d'un degré au vu de quelques protestations... « Il faut trouver un équilibre entre le confort des utilisateurs et les exigences définies, affirme François Pacoureau. C'est une révolution dans la maîtrise du pilotage de la consommation d'énergie des bâtiments. On a l'impression que l'immeuble s'occupe de nous. »

C'est dans le comportement de chacun des occupants que réside le défi le plus complexe à relever. Chaque salarié a la possibilité, via une télécommande, de gérer dans une certaine mesure quelques paramètres de son environnement de travail (température à plus ou moins 1 degré, stores, éclairage, brasseur d'air). Il leur est bien sûr demandé de minimiser leur consommation d'énergie. Mais cette chasse perpétuelle au gaspillage et ce pilotage automatique du bâtiment sont-ils bien acceptés ? Si des réactions récalcitrantes ont émergé, l'enthousiasme semble dominer. « On est un peu surpris au début lorsqu'un ouvrant mécanisé se déploie seul, reconnaît tout sourire Marion Godrix, une salariée du groupe. On vit au rythme des saisons. Mais il fait parfois froid l'hiver et trop chaud l'été. » À ses côtés, sa collègue, conquise, avoue ne pas vraiment faire usage du pilotage individuel : « À l'avenir, je sais que le bâtiment de mes futurs employeurs fera partie de mes critères de sélection. » Avis aux recruteurs.

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