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L'Usine Aéro

Reportage : dans les coulisses du 18e lancement réussi d'affilée pour SpaceX

Hassan Meddah , , , ,

Publié le , mis à jour le 28/04/2015 À 15H45

Reportage La fusée américaine Falcon 9 a mis sur orbite, le 27 avril, un satellite de télécommunications pour le compte du Turkménistan et de la Principauté de Monaco. C’est le dix-huitième succès d’affilée pour SpaceX.

Reportage : dans les coulisses du 18e lancement réussi d'affilée pour SpaceX © SpaceX

Cap Canaveral, ses caïmans, ses grands oiseaux sauvages et... SpaceX. Avec son pas de tir en Floride, le SLC 40, situé entre ceux des deux fusées historiques américaines Delta et Atlas, SpaceX fait désormais partie du paysage. Le groupe vient de réussir son dix-huitième tir d’affilée : sa fusée Falcon 9 a mis sur orbite, le 27 avril, un satellite de télécommunications de Thales Alenia Space pour le compte du Turkménistan et de la Principauté monégasque. Le satellite TurkmenAlem52E/MonacoSAT apportera notamment des services Internet haut débit dans une zone comprenant l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Afrique du Nord.

Si la société fondée par le milliardaire Elon Musk est encore loin du record établi par Ariane 5 avec ses 64 tirs consécutifs sans échec (le dernier ayant eu lieu la veille de celui de SpaceX avec le lancement de deux satellites depuis Kourou). Mais la progression de l’américain est rapide : en quatre mois, il a déjà réalisé cinq tirs, soit plus que sur toute l’année 2014 !

Pour ses clients présents dans la grande salle de retransmission qui leur était réservée lundi 27 avril, le suspens aura été total jusqu’au bout, du fait d’une mauvaise météo. Le lancement prévu à 18h14 heure locale, a été repoussé plusieurs fois, jusqu’à l’arrivée d’une fenêtre météo clémente immédiatement exploitée aux environs de 19h00.

"Ce qui est risqué, c’est de ne pas changer !"

Le vice-président en charge du développement de SpaceX, Barry Matsumori tient à rassurer ses clients du jour : "Falcon 9 est équipée de puissants logiciels pour garantir son contrôle." Ainsi, même à moins de trois secondes du décollage, si l'un des capteurs remonte une alarme, l’opération peut être immédiatement arrêtée. Ce dirigeant incarne le nouveau souffle apporté par SpaceX à l’industrie spatiale. "Je viens de l’industrie de la téléphonie mobile où de nouvelles innovations arrivent tous les six mois sur le marché", confie-t-il en extirpant de sa poche un smartphone. "Pendant longtemps, le secteur spatial n’a pas changé de méthodes, estimant que changer quelque chose qui marche, c’est risqué. Or ce qui est risqué, c’est de ne pas changer !", affirme-t-il.

Le matin même, les clients monégasque et turkmène de SpaceX ont eu la possibilité de s’approcher à une centaine de mètres du pas de tir où la fusée Falcon 9, haute de près de soixante-dix mètres, était déjà à la verticale. Aucun technicien ne s’affairait alors autour du lanceur et le pas de tir semblait quasi-désertique. "Nous automatisons tout ce qui peut l’être afin de réduire les tâches réalisées par les opérateurs", explique Tripp, jeune ingénieur d’une trentaine d’années, à l’allure décontractée, jeans, lunettes de soleil et barbe impeccablement taillée. L’ingénieur a développé le logiciel qui permet de basculer automatiquement et en dix minutes le lanceur de la position horizontale à son arrivée sur le pas de tir, à la verticale. "A l’horizontale, on accède plus facilement aux différentes partie de la fusée et de manière plus sécurisée. Nous avons copié les Russes, qui opèrent traditionnellement de cette façon", explique-t-il.

L’Etat américain passe d’abord…

Jouant la carte de la fiabilité maximale, SpaceX a rassuré ses clients deux jours auparavant, en procédant à une répétition générale - avec le satellite embarqué - jusqu’à l’allumage des moteurs du premier étage. "C’est extrêmement rassurant. Cela nous a confirmé que la fusée serait bien prête pour le jour J !", juge Ilhami Aygun, PDG de SSI Monaco, la société en charge des systèmes de télécommunications spatiales pour la Principauté. Le client a pourtant quelques reproches à faire à son fournisseur quant à son approche commerciale. Du fait de l’importance de ses contrats avec le gouvernement américain, SpaceX a tendance, selon lui, à privilégier son client étatique au détriment de ses clients privés. Ainsi, le satellite TurkmenAlem52E/MonacoSAT a été lancé avec plusieurs mois de retard. "C’est autant de mois pendant lesquels le service n’a pas été disponible, et donc du chiffre d’affaires perdu", estime le dirigeant.

Pour sa part, chez le fabricant de satellites Thales Alenia Space, qui travaillait pour la première fois avec SpaceX, on a apprécié la collaboration. "Ils ont réellement un esprit start-up. Ils sont très réactifs pour réagir à nos demandes", explique Rémy Le Thuc, vice-président de l’activité télécoms. Une souplesse qui se confirme à quelques minutes du lancement. L’imposante délégation turkmène demande alors que la téléconférence programmée avec leur chef d’Etat ait lieu dans la grande salle de retransmission de Cap Canaveral plutôt que dans une salle déportée. Une requête à laquelle la société américaine accède en urgence.

Un tir d’essai dans un mois

Avec ce dix-huitième succès d’affilée, SpaceX s’affirme plus que jamais comme le concurrent d’Arianespace. La société doit sa percée à ses prix imbattables. A l’origine, le satellite de Thales Alenia Space devrait être tiré par la fusée chinoise Longue Marche. Mais du fait de la réglementation ITAR interdisant l’exportation de matériel intégrant des composants américains, l’industriel et ses clients ont dû trouver un autre lanceur. "A l’époque, nous avons contacté d’abord Arianespace, qui n’a pu se rapprocher du prix initial proposé par Longue Marche. SpaceX, oui !", affirme le PDG de SSI Monaco. 

A peine le tir réussi et célébré avec ses clients, SpaceX regarde déjà vers demain. La société prépare son prochain tir d’essai, dans environ un mois, avec une version de sa fusée qui sera capable d’emmener, à terme, des spationautes. Elle devrait par ailleurs procéder d’ici la fin de l’année au premier tir de Falcon Heavy, la version lourde sa fusée.

Hassan Meddah, à Cap Canaveral

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1 commentaire

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29/04/2015 - 08h09 -

"Cap Canaveral, ses caïmans, ses grands oiseaux sauvages et..." Très intéressant! Sauf qu'en Floride ce ne sont pas des caimans, mais des alligators.
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