Repli en vue en Europe, l'inflation aux USA en ligne de mire (actualisé)
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\ 07h39
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PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes devraient ouvrir dans le rouge vendredi avant des chiffres très attendus sur l'inflation aux Etats-Unis, qui pourraient influencer les décisions et discours de la Réserve fédérale la semaine prochaine.
Les contrats à terme sur indices suggèrent une baisse de 0,48% pour le CAC 40 à Paris, de 0,58% pour le Dax à Francfort, de 0,46% pour le FTSE 100 à Londres et de 0,56% pour l'EuroStoxx 50.
Ce dernier a gagné 3,14% sur les quatre premières séances de la semaine et le CAC 40 3,59%.
La publication à 13h30 GMT des statistiques mensuelles des prix à la consommation américains, le principal rendez-vous macroéconomique de la semaine, pourrait susciter des réactions marquées à cinq jours des décisions de la Fed.
Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à ce que la hausse de l'indice des prix à la consommation (CPI) se soit encore accélérée en novembre à 6,8% sur un an après 6,2% en octobre, ce qui marquait déjà un plus haut de 31 ans.
Une telle évolution plaiderait pour une accélération du "tapering", la réduction des achats d'obligations de la banque centrale, et un relèvement des taux plus tôt qu'anticipé jusqu'à présent.
"L'inflation va s'accélérer. Nous pensons donc que cette évolution signifie qu'une hausse de taux en mars est très possible", dit ainsi Tom Porcelli, chef économiste de RBC Capital pour les Etats-Unis. "Le marché évalue à environ 40% la probabilité de cette hypothèse mais nous pensons désormais qu'elle est un peu supérieure."
En Allemagne, la hausse des prix calculée aux normes européennes a été confirmée à 6% en rythme annuel en novembre.
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse jeudi après trois séances consécutives de hausse, les investisseurs ayant opté pour des prises de bénéfices dans l'attente des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis.
L'indice Dow Jones a perdu 0,06 point à 35.754,69, le Standard & Poor's 500 a cédé 33,76 points (-0,72%) à 4.667,45 et le Nasdaq Composite a reculé de 269,62 points (-1,71%) à 15.517,37.
Les contrats à terme sur indices suggèrent pour l'instant une ouverture stable.
Dans les échanges hors séance après la clôture, Oracle a gagné jusqu'à plus de 10% après avoir relevé ses prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfice pour le trimestre en cours.
EN ASIE
À la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei a perdu 1%, le repli des valeurs technologiques dans le sillage du Nasdaq ayant amplifié l'effet du réflexe de prudence de mise avant l'inflation américaine.
En Chine, le SSE Composite de Shanghai a cédé 0,18% et le CSI 300 0,46% après des statistiques officielles inférieures aux attentes sur le crédit bancaire et la masse monétaire.
Les valeurs de l'immobilier pèsent aussi sur la tendance: à Hong Kong, le Hang Seng recule de 0,89% et Evergrande de 1,67% après l'abaissement de sa note de crédit par Fitch.
CHANGES/TAUX
Le dollar cède un peu de terrain face aux autres grandes devises (-0,02%) avant les statistiques des prix à la consommation et affiche pour l'instant une hausse marginale sur l'ensemble de la semaine, comme sur les deux précédentes.
L'euro oscille autour de 1,13 dollar.
Le yuan reprend un peu de terrain face au billet vert après avoir souffert jeudi de la décision de la Banque populaire de Chine de relever les réserves obligatoires de change des banques pour la deuxième fois depuis juin.
Sur le marché des emprunts d'Etat, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans remonte à 1,5128% après avoir reculé jeudi pour la première fois en quatre séances.
En Europe, le rendement du Bund à dix ans est pratiquement inchangé dans les premiers échanges à -0,347%.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en baisse mais ce repli ne remet pas en cause le fait qu'il se dirige vers sa plus forte hausse hebdomadaire depuis fin août grâce au reflux des craintes liées à Omicron.
Le Brent abandonne 0,46% à 74,08 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,32% à 70,71 dollars.
Tous deux affichent pour l'instant une progression de plus de 6% depuis vendredi dernier après six semaines consécutives de repli.
(Rédigé par Marc Angrand, avec Tom Westbrook à Sydney, édité par Blandine Hénault)