[Repères] Qu’est-ce qu’un site Seveso ?

Sylvain Arnulf ,

Publié le , mis à jour le 30/09/2019 À 09H00

Infographie Suite à l’incendie survenu le 26 septembre sur le site Lubrizol de Rouen (Seine-Maritime), le ministre de l'Economie Bruno Le Maire estime "utile" de revoir l'implantation des usines Seveso. Zoom sur cette classification, qui concerne 1300 installations en France.  

Faut-il revoir l'implantation des sites Seveso ?
La France compte plus de 1300 sites Seveso.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Sommaire du dossier

Dimanche 29 septembre, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a estimé, sur LCI, "utile" de revoir la classification et l'implantation des usines Seveso en France. "Avoir des usines classées Seveso qui sont quasiment imbriquées dans une ville, on ne ferait plus ça aujourd'hui", a-t-il indiqué.

Cette appellation revient dans l’actualité régulièrement, à l’occasion d’accidents industriels, comme celui de l’usine Lubrizol, située en pleine ville de Rouen, jeudi 26 septembre, qui a contaminé la ville et une partie de la Seine. "L’urgence aujourd’hui c’est garantir la sécurité sanitaire des habitants de Rouen, a expliqué le ministre. Après, qu'on fasse un retour d'expérience, que nous regardions quelles leçons il faut en tirer sur les implantations d'usines, sur les usines à risque, sur la topographie de toutes les usines à travers le territoire, pourquoi pas, je pense que ça pourrait être utile."

Mais que signifie le terme Seveso et quelles réalités recouvre-t-il ?

"Seveso" est le nom d’une ville italienne où s’est produit une explosion, sur un site pharmaceutique, le 10 juillet 1976. A la suite de cet accident, qui n’a pas fait de blessé mais provoqué une pollution de l’air, l’Europe s’est doté de premiers outils de classification des sites à risque (raffineries, usines chimiques, dépôts de gaz…): la directive dite "Seveso". La première directive dite "Seveso 1" a été émise en 1982 ; deux autres ont suivi en 1996 et 2012.

Deux niveaux de risque

La classification des sites s’opère en fonction des matières dangereuses (combustibles, inflammables, corrosives, radioactives) qu’ils accueillent. La classification Seveso distingue deux types d’établissements : les Seveso "seuil haut" (les plus dangereux) et "seuil bas". A chaque niveau correspondent des obligations différentes en matière de prévention, de mesures de sécurité, d’information du public. Chaque établissement à risque doit faire l’objet d’une "étude de danger" approfondie qui identifie les sources de risque, énumère les scénarios d’accident envisageables, leurs effets sur les personnes et l’environnement ainsi que leur probabilité d’occurrence. Elle doit être réalisée tous les cinq ans. Ce travail est réalisé par l’industriel lui-même mais peut être complété par un audit conduit par une société spécialisée indépendante.

Des "plans d’urgence" doivent également être mis en place, en lien avec les services de secours, et doivent être testés et réactualisés tous les trois ans. Ils doivent désormais prendre en compte les risques liés à des attaques terroristes.

Plus de 1350 sites en France

La France compte, en 2019, 744 sites industriels classés "Seveso seuil haut", et 635 classés "Seveso seuil bas". BFM TV a réalisé une carte interactive permettant de visualiser leur répartition sur le territoire.

 

En 2018, sur les 1 112 accidents et incidents recensés en France  par le Barpi (Bureau d’analyse des risques et pollutions industriels) dans les installations classées, un quart concernaient des sites Seveso.

 

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