Renault veut communiquer on line

Le constructeur français n'effectuera pas ses principaux achats en ligne. Mais il compte utiliser le réseau pour accélérer l'échange d'informations avec ses fournisseurs, afin d'atteindre ses objectifs de réduction des délais de livraison.

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Renault veut communiquer on line

Internet va-t-il révolutionner brutalement l'industrie de l'automobile ? Louis Schweitzer n'y croit pas vraiment. Le patron de Renault, qui s'exprimait la semaine dernière lors du cycle de rencontre " L'entreprise réinventée " de " L'Usine Nouvelle ", s'amuserait presque de l'agitation autour de Covisint (la plate-forme " B to B " regroupant Ford, General Motors, Daimler- Chrysler et Renault-Nissan) : " Covisint vient juste d'être créée et n'a ni patron ni personnel. Pourtant, elle fait déjà l'objet de beaucoup de publicité ! " Même sans révolution, Renault estime cependant devoir anticiper les évolutions technologiques. " Pour cela, il faut des projets actifs. Et je constate que les nouvelles technologies rencontrent notre projet d'entreprise ", indique Louis Schweitzer. Le constructeur français a en effet lancé, il y a près de deux ans, un important programme de réduction des délais de livraison visant à produire les véhicules à la commande. Mais pas question de tout faire passer par le réseau. Les pièces utilisées dans le véhicule continueront d'être achetées à des fournisseurs partenaires. " Covisint ne sera pas un grand lieu d'enchères entre constructeurs et équipementiers. Tout simplement parce qu'il n'est pas possible d'acheter à n'importe qui ", explique Louis Schweitzer. En revanche, la plate-forme prendra tout son sens en matière de communication. " Elle permettra de distribuer l'information en temps réel, en maintenant une relation permanente entre le constructeur et tous ses fournisseurs ", poursuit-il. Le gain de temps pourrait permettre à Renault d'atteindre son objectif : livrer le véhicule au client en deux semaines à la fin de 2001, contre sept semaines actuellement. Cette approche limite certes la réduction des coûts. Pour Louis Schweitzer, " gagner 100 à 200 euros par voiture, ce serait déjà bien" . Mais les avantages restent malgré tout déterminants. Les stocks vont être réduits de vingt-cinq à quinze jours. La production sera lissée, ce qui permettra d'éviter les à-coups, notamment chez les fournisseurs. " Et nous pourrons ainsi proposer l'ensemble de la gamme à tous nos clients ", poursuit Louis Schweitzer. Pour utiliser les nouvelles technologies, le secteur va cependant devoir se mettre au diapason. Chaque équipementier travaille en effet avec un certain nombre de constructeurs différents. " L'approche se doit donc d'être transversale à la profession. Le besoin de concertation est beaucoup plus important que par le passé ", souligne Louis Schweitzer. Une approche qui risque peut-être de réduire la marge de manoeuvre des constructeurs, qui cherchent plus que jamais à se différencier de la concurrence.

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