"Renault Trucks Défense ne cherche plus de rapprochement avec Nexter", selon Stefano Chmielewski

Développement dans la maintenance du matériel militaire, diversification dans les véhicules de sécurité, rapprochement abandoné avec NexterStefano Chmielewski, président de Volvo Government Sales et patron de Renault Trucks Defense précise ses objectifs alors que s'ouvre le salon international de la Défense, Eurosatory, ce lundi 16 juin.

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L'Usine Nouvelle - Comment la baisse des budgets de défense a-t-elle un impact sur Renault Trucks Défense ?

Stefano Chmielewski - Renault Trucks Défense ne communique pas sur son chiffre d’affaires. Cependant nous avons révisé de manière pragmatique nos plans de croissance. Le groupe ne peut pas croître de 30% par an comme c’était le cas jusqu’en 2012. En 2013, notre production qui a augmenté de 35% sera écoulée entre 2013 et 2014. L’objectif est de consolider notre présence en France et augmenter notre présence en Afrique d'au moins 10% par an sur les prochaines années.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian devrait annoncer le programme Scorpion de modernisation de l’armée de Terre d’ici juillet. Qu’en attendez-vous ?

L’armée française reconnait notre expertise aussi bien dans le domaine de la chaine cinématique que dans le service de révision et de réparation. Nous sommes comme tous les autres industriels maintenant : nous attendons les commandes. C’est d’autant plus stratégique que la référence française reste clé pour réussir à l’export. La première question que nous posent les armées étrangères c’est : "est ce que l'armée française utilise votre produit ?".

Cela ne nous empêche pas d’innover par ailleurs et de renforcer notre gamme de produits. Nous avons développé le Sherpa 3 (véhicule tactique et blindés légers 4x4, ndlr) sur fonds propres, sans aucun financement étatique. Le nouveau VAB Mk3 est un cousin proche du fameux VAB largement déployé par l’armée française mais grandement amélioré en termes de protections et d’architecture électronique. Une dizaine de pays se sont déjà montrés intéressés.

Après les acquisitions des fabricants Panhard et Acmat, souhaitez-vous toujours un rapprochement avec Nexter ?

Nous avons essayé par le passé de nous rapprocher de Nexter plusieurs fois. Sans succès de toute évidence. Sincèrement je ne suis plus intéressé pour une telle opération. Nous n’avons pas l’expertise dans les armes et les munitions qui serait nécessaire pour faire un partage industriel équilibré avec Nexter.

Nous avions vu dans la consolidation de l’industrie de l’armement terrestre une bonne opportunité pour être l’acteur de la première étape d’une consolidation européenne. Mais les obstacles sont nombreux, comme la privatisation au préalable de Nexter. L’alternative pour nous est de nous développer au-delà de la chaine cinématique et notamment dans les protections, le blindage et les véhicules légers non chenillés.

Que vous apporte l’adossement au groupe Volvo?

Le groupe Volvo compte 7000 ingénieurs entre les motoristes, les véhiculiers , les développeurs... Cette maîtrise technologique est un atout fort notamment dans le domaine de la chaîne cinématique (boite de vitesse, moteur, roues…, ndlr). Cela nous différencie des multiples carrossiers à façon et plieurs de tôle qui s’improvisent fabricants de véhicules blindés.

Par ailleurs, nous sommes capables logistiquement de livrer les composants et les pièces détachées presque partout dans le monde. Enfin cette appartenance renforce notre compétitivité. Le coût de développement des composants duaux, au lieu d'être répartis sur quelques milliers de pièce sur dix ans, est amorti sur plusieurs centaines de milliers d’unités sur cinq ans. Cela nous confère alors un coût de R&D et de production tout à fait différent.

Comment se développe votre activité de MCO (maintien en condition opérationnelle) des équipements militaires?

Notre activité sur le site de Fourchambault (Nièvre) où nous réparons les VAB de l’armée de terre, continue de se développer. Nous avions démarré en 2006 avec 25 personnes et nous sommes aujourd’hui près de 200 salariés recrutés majoritairement dans les environs. Nous avons investi environ 4 millions d'euros pour moderniser les installations et lancer de nouvelles activités comme la réalisation de caisses blindées.

Fourchambault fait partie de nos plans de programmes d'investissement significatifs. Nous allons faire une proposition au ministère de la Défense pour racheter le site où nous somme uniquement locataire aujourd’hui. Il y a suffisamment de place pour une expansion de l'activité. Nous voulons développer la logistique de pièces détachées notamment pour le service le MCO du VBCI.

Le marché de véhicule de sécurité est-il un relais de croissance ?

C’est un marché prometteur. Un véhicule militaire avec un blindage allégé fait un excellent véhicule de protection pour les forces de police qui doivent intervenir dans des quartiers difficiles. Nous commençons donc à décliner une partie de nos modèles en véhicules de sécurité ou poste de commandement mobile.

Cela peut présenter pour Renault Trucks Defense une production entre 300 et 400 véhicules par an. Dans un domaine connexe, nous avons co-conçu avec le GIGN (groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, ndlr) une échelle d’assaut sur véhicule Sherpa qui donne accès à des points hauts. Nous en avons déjà vendu une poignée sur des marchés exports.

Propos recueillis par Hassan Meddah

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