Utilitaires, véhicules électriques... Comment Renault veut se relancer en Chine

Le constructeur automobile français Renault a annoncé mardi 14 avril sa nouvelle stratégie en Chine. Il met notamment fin à sa coentreprise Dongfeng Renault Automotive Company (DRAC).

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Utilitaires, véhicules électriques... Comment Renault veut se relancer en Chine
Renault a déjà lancé en Chine Renault City K-ZE, "premier véhicule électrique issu d’une coentreprise".

C’était un des chantiers définis par la directrice général par intérim de Renault, Clotilde Delbos, à l’annonce des résultats financiers du constructeur français : reprendre pied en Chine, quitte à abandonner l’activité sur les véhicules particuliers thermiques dans le pays. C’est chose faite. Les deux partenaires Renault et Dongfeng ont confirmé mardi 14 avril par deux communiqués distincts mettre fin à leur coentreprise en Chine Dongfeng Renault Automotive Company (DRAC).

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Maximiser les synergies avec Nissan

Le groupe Renault a précisé que sa participation de 50% dans DRAC serait transférée à Dongfeng. Cette restructuration se traduisant par le désengagement de Renault de sa coentreprise chinoise est l'aboutissement d'une négociation à l’amiable, souligne Dongfeng dans son communiqué. Parallèlement, les deux groupes poursuivront leur coopération avec Nissan, notamment sur les moteurs de nouvelle génération.

"Cette nouvelle stratégie pour la Chine consolidera les avantages concurrentiels de Renault afin de maintenir une présence long terme sur le marché chinois et de maximiser les synergies avec Nissan dans le cadre du nouveau concept de 'leader-follower' de l'Alliance", estime Renault dans son communiqué.

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Recentrage sur les véhicules utilitaires et électriques

En vertu des annonces faites il y a quelques semaines, la nouvelle stratégie de Renault sur le marché chinois consistera à recentrer ses activités sur les véhicules utilitaires et les véhicules électriques. "Les développements futurs des voitures particulières de la marque Renault seront détaillés ultérieurement dans le cadre du nouveau plan moyen terme du Groupe Renault", note le constructeur automobile.

Le marché du véhicule utilitaire en Chine "a atteint 3,3 millions de véhicules vendus en 2019 et devrait continuer à croître progressivement. Renault Brilliance Jinbei Automotive Co., Ltd. (RBJAC), lancé en décembre 2017, est le pilier de l’activité VU du Groupe Renault en Chine", insiste le groupe française. La coentreprise menée avec le chinois Brilliance est donc chargée de moderniser les modèles Jinbei - une marque aux 1,5 million de clients en Chine et près de 162 000 ventes en 2019 - et étendre sa gamme, avec un total de cinq produits principaux d'ici à 2023. La coentreprise prévoit également des exportations dans le futur.

La stratégie dans l'électrique

Avec 860 000 véhicules électriques vendus en 2019, la Chine est de loin le plus grand marché du véhicule électrique au monde, et devrait voir les ventes de ces modèles atteindre 25 % du marché automobile chinois d'ici à 2030, rappelle Renault. Ce dernier y a déjà lancé Renault City K-ZE, "premier VE issu d’une coentreprise". Renault veut aussi de renforcer "son partenariat avec Nissan et Dongfeng au sein de la coentreprise eGT pour faire de K-ZE une voiture mondiale", détaille le groupe. Un dérivé basé sur le concept "Dacia Spring" sera commercialisé en Europe à partir de 2021.

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En juillet 2019, Renault avait annoncé prendre une participation à hauteur de 50 % dans JMEV, filiale du constructeur automobile chinois Jiangling Motors Corporation Group (JMCG). "Avec le soutien de Renault en qualité et technologies, JMEV prévoit de couvrir 45 % du marché chinois des VE en 2022 avec quatre modèles principaux".

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Ces annonces interviennent dans un contexte de fortes difficultés pour les deux constructeurs automobiles français en Chine. En 2019, Renault n’a écoulé que 18 000 voitures dans le pays, thermiques et électriques confondus, alors que celui-ci constitue pourtant le plus gros marché automobile au monde. De quoi rendre urgente une réorganisation des activités localement. Un besoin qui prend de l’ampleur dans un contexte de crise. L’épidémie de coronavirus devrait peser fortement sur les comptes des constructeurs automobiles mondiaux, au moins en 2020.

Julie Thoin-Bousquié avec Reuters (Myriam Rivet)

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