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Renault se constitue partie civile pour “faire valoir ses droits” dans l’affaire Carlos Ghosn

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Renault a annoncé le 24 février se constituer partie civile dans le cadre de l'affaire Carlos Ghosn. Depuis 2019, le constructeur automobile française soupçonne son ancien PDG d'avoir engagé des dépenses indues.

Renault se constitue partie civile pour “faire valoir ses droits” dans l’affaire Carlos Ghosn
Renault ne mentionne pas son ancien PDG Carlos Ghosn mais la cible de l’enquête judiciaire laisse peu de place au doute.
© Luc Perenom

Renault et Carlos Ghosn se retrouveront-ils au tribunal ? Lundi 24 février, le constructeur automobile a annoncé qu’il se constituait partie civile dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte sur Carlos Ghosn, l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan. Soupçonné de malversations financières au Japon, l’homme d’affaires est également suspecté en France d’avoir engagé des dépenses indues.

Renault devra être présent le jour de l’audience

“La société Renault SAS a pris connaissance du communiqué du procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine) daté du 19 février 2020 annonçant l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour des faits commis au détriment du groupe Renault”, indique l’entreprise française dans un court communiqué.

“Dans le prolongement des signalements et initiatives prises auparavant, la société Renault SAS s’est constituée partie civile afin de faire valoir ses droits et continuera à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires”, complète l’entreprise.

En tant que partie civile, Renault devra être présent (ou représenté par un avocat) au tribunal le jour de l’audience. Le tribunal pourra toutefois rejeter la constitution de partie civile s’il estime que Renault n’a pas subi de préjudice. Le groupe français précise qu’il se réserve “la possibilité de solliciter des dommages et intérêts en fonction de l’issue des investigations en cours.”

Enquête pour “abus de biens sociaux” et “blanchiment aggravé”

Renault ne mentionne pas son ancien PDG Carlos Ghosn mais la cible de l’enquête judiciaire laisse peu de place au doute. Depuis l’été 2019, la justice française se penche sur le financement de deux fêtes organisées par Carlos Ghosn au domaine de Versailles (Yvelines) en 2014 et 2016.

Le parquet de Nanterre a ouvert son enquête pour “abus de biens sociaux, abus de confiance aggravés, faux et usage, blanchiment aggravé d'abus de biens sociaux" pour des faits commis entre 2009 et 2020, rapporte franceinfo. Il risque donc de se pencher sur d’autres dépenses suspectes que les célébrations fastueuses de Versailles, un dossier certes symbolique de l’affaire Carlos Ghosn mais relativement marginal. À la suite d’un audit interne, Renault a surtout épinglé en juin 2019 11 millions d’euros de dépenses suspectes qui auraient été engagées par l’ancien patron de l’entreprise.

Ce n’est pas le seul litige entre Renault et Carlos Ghosn. L’homme d’affaires a de son côté saisi le Conseil de prud’hommes pour réclamer ses indemnités de départ en retraite au groupe automobile français. L’audience de cette procédure a été reportée au 17 avril. Nissan, l’allié de Renault, réclame également 83 millions d’euros de dédommagements à Carlos Ghosn. Le magnat de l’automobile est toujours réfugié au Liban après avoir fui son assignation à résidence au Japon fin décembre 2019.

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