Renault referme l’ère Ghosn sans nouveau record

Le constructeur Renault a vu son chiffre d’affaires se contracter sous l’effet de la crise du diesel et la fermeture du marché iranien. Son résultat net a subi la contribution moindre de Nissan.

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Renault referme l’ère Ghosn sans nouveau record
Renault a fait état d'une marge opérationnelle de 6,3% en 2018, avec des ventes en hausse mais un chiffre d'affaires en retrait par rapport à 2017.

La fin d’une époque. Et le début d’une autre. Au moment où Jean-Dominique Senard a atterri au Japon pour tenter de renouer les liens avec le partenaire Nissan, le nouveau directeur général de Renault, Thierry Bolloré, a présenté jeudi 14 février ses premiers résultats financiers. Ou presque, puisqu’il s’agit en fait du dernier exercice réalisé sous la direction de Carlos Ghosn, détenu depuis novembre dernier dans une prison japonaise sur des soupçons de malversations financières.

Abondamment interrogé dans la salle sur son prédécesseur, Thierry Bolloré a d’ailleurs estimé que "le meilleur hommage" rendu à l’ancien président et directeur général du groupe au Losange résidait dans les résultats 2018 et la "détermination à exécuter le plan stratégique Drive the Future", décidé sous l’ère Ghosn. Il est vrai que sur l’année écoulée, le groupe au Losange a affiché des résultats en phase avec les objectifs qu’il s’était fixés.

Pour 2018, Renault visait un chiffre d’affaires en croissance "à taux de change et périmètre constants" et une marge opérationnelle supérieure à 6%. Mission accomplie, puisque "hors impact des devises", le chiffre d’affaires progresse de 2,5 % en 2018, tandis que la marge opérationnelle atteint 6,3%. Reste qu’en prenant en compte les fluctuations apparues sur l’année écoule, les résultats enregistrent un recul par rapport aux records affichés en 2017.

Le low-cost avec Dacia toujours au beau fixe

Le groupe enregistre ainsi un recul de son chiffre d’affaires de 2,3% à 57,4 milliards d’euros, malgré une progression des ventes de 3,2% à 3,9 millions de voitures, en intégrant les marques chinoises Jinbei et Huasong. Côté ventes, Renault a profité de l’excellente dynamique de sa marque Dacia, qui a encore enregistré un record de ventes avec plus de 511 600 unités écoulées en Europe. Même chose pour le groupe russe Avtovaz, dont la part de marché atteint les 20% localement.

Reste que les effets de change ont pesé à hauteur de 2,2 milliards d’euros sur le chiffre d’affaires de Renault, dont la moitié provenant de la dévaluation du peso argentin. Sans compter que la fermeture du marché iranien sous l’effet des sanctions américaines, et le ralentissement des ventes de diesel en Europe ont pesé largement sur les ventes de Renault réalisées auprès de partenaires, avec un impact total de 946 millions d’euros sur l’année écoulée.

En parallèle, le résultat net de Renault a enregistré une nette chute, passant de 5,3 milliards d’euros en 2017 à 3,5 milliards d’euros au cours de l’année passée. La faute à la baisse de la contribution du partenaire japonais Nissan. "La contribution 2017 de Nissan avait bénéficié d’effets positifs non-récurrents comme la réforme fiscale américaine et la plus-value issue de la cession de l’équipementier Calsonic", a justifié Clotilde Delbos, directrice financière de Renault.

"L’Alliance est un de nos biens les plus précieux"

Mais dans ce paysage plutôt morose, le constructeur français parvient à afficher une marge opérationnelle de 6,3%, à 0,3 point du niveau de 2017. Une performance relevée par Thierry Bolloré, qui a estimé au total que "malgré les vents contraires observés en 2018, le groupe Renault a fait preuve d’une grande résilience". Plus que son partenaire Nissan, qui a revu en début de semaine ses prévisions pour 2018, faisant état de ventes en retrait à 5,6 millions d’unités (contre 5,93 millions), tandis que sa marge opérationnelle atteignait un petit 3,4% au dernier trimestre 2018.

Devant plusieurs journalistes japonais, le responsable de Renault a d’ailleurs rappelé son attachement au partenariat avec Nissan. "L’Alliance est un de nos biens les plus précieux", a insisté Thierry Bolloré. Le directeur général de Renault n’a pas écarté la possibilité d’adapter l’Alliance pour "répondre aux nouveaux défis de l’automobile", tout en bottant en touche sur la nature de ces éventuelles évolutions de structure. Et ce, alors que Nissan semble souhaiter un rééquilibrage des liens capitalistiques, lui qui ne détient que 15% des parts de Renault, contre 43,4% pour le groupe français chez le Japonais.

Les apports de l’Alliance restent pourtant essentiels pour les deux groupes, d’autant que l’automobile risque de marquer le pas en 2019. Dans des marchés mondiaux et européens stables (sauf dans le cas d’un hard-Brexit auquel le groupe est toutefois peu exposé), Renault mise sur une progression de son chiffre d’affaires à taux de change et périmètre constants, et une marge opérationnelle "de l’ordre" de 6%. Des objectifs qu’il compte atteindre grâce au lancement de plusieurs modèles : la Clio, la citadine électrique K-ZE en Chine, ou encore l’arrivée d’un nouveau véhicule en Inde.

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