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« Renault prend ses distances vis-à-vis de l'Etat »

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Entretien Avec quelques jours d'avance, le constructeur Renault a dévoilé la semaine dernière les grandes lignes de son plan stratégique jusqu'en 2013. 40% des investissements concernent les sites français, mais le groupe met aussi l'accent sur son développement à l'international. Philippe Houchois, spécialiste de l’automobile chez UBS, analyse le plan pour L'Usine Nouvelle.

« Renault prend ses distances vis-à-vis de l'Etat » © D.R. - Renault

L'Usine Nouvelle : Comment interprétez-vous le plan stratégique que Renault  vient d'annoncer et le rapport 40/60 prévu entre les investissements en France et ceux destinés aux pays émergents ?

Philippe Houchois : Ce qui est intéressant, c'est que Renault semble enfin reconnaitre ses forces et ses faiblesses. Il s'éloigne de son concept de « créateur d'automobiles » pour se focaliser sur ce qui a fait son succès, à savoir les voitures abordables. Il assume aujourd'hui parfaitement les ventes de ses Logan, dans les pays émergents, comme en Europe. Les réticences qu'ils pouvaient encore avoir sur des marchés comme la France disparaissent. Le marché low-cost croit mondialement et Renault y voit un potentiel majeur. D'où la nécessaire adaptation de son outil de production en faveur des pays à bas coûts.

Ce plan peut-il être considéré en rupture par rapport au précédent ? 

Il n'a rien de révolutionnaire. Mais aujourd'hui, il est difficile de réinventer la poudre dans l'automobile... L'Etat reste-il en arrière plan dans la politique stratégique de Renault …

Plus tant que cela ! Depuis trois ans, on avait l'impression que c'était Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi qui géraient la politique industrielle du groupe. Cette fois, Renault donne des signes forts de distanciation. En annonçant, à la fois, le remboursement du prêt de 3 milliards que lui avait accordé le gouvernement au début de la crise et sa volonté d'investir massivement dans les pays émergents, il reprend la main. Il tente de se repositionner comme une société à capitaux privés. Ce qui n'était plus le cas depuis ce prêt.

Pensez-vous que le véhicule électrique garantisse l'avenir de Flins ?

Le communiqué évite soigneusement d'aborder le sujet de la Clio à Flins, tout en précisant que «  Renault va concentrer l'activité des usines d'Europe occidentales sur le moyen/haut de gamme, utilitaires et véhicules électriques ». On peut alors imaginer qu'il souhaite concentrer la production sur son usine de Turquie, voire sur celle de Slovénie…  Quant à savoir si le véhicule électrique suffira à faire tourner Flins. Personne ne peut le parier aujourd'hui. En tout cas, Renault est le seul à se positionner sur une production électrique de masse. Et donc le seul à pouvoir répondre à d'éventuelles grosses commandes de flottes.

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