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L'Usine Auto

Renault : "pas de temps à consacrer à l'élaboration d'un plan B" selon son directeur des opérations France

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le , mis à jour le 23/01/2013 À 09H03

Entretien Gérard Leclercq, directeur des opérations France, mise sur un redéploiement de la R&D pour redevenir compétitif. La production de véhicules partenaires dans les usines françaises est évoquée mais non actée. Le groupe vise une production de 710 000 véhicules en 2016, contre les 532 000 produits en 2012.

Renault : pas de temps à consacrer à l'élaboration d'un plan B selon son directeur des opérations France © D.R.

L’Usine Nouvelle - Si l’accord de compétitivité est signé par les syndicats, Renault produira 80 000 véhicules pour ses partenaires dans ses usines françaises. De quels sites et de quels véhicules parle-t-on ?

Gérard Leclercq - Je confirme le chiffre de 80 000 véhicules, qui pourraient être produits au plus tard à l’horizon 2016 dans nos usines, en cas de signature de l’accord. Je ne peux en revanche donner aucun détail sur les modèles produits, cette décision appartient à nos partenaires.

A l’horizon 2016, vous avez donné aux syndicats un objectif de production de 630 000 véhicules en France. Les 80 000 unités venues de partenaires sont-elles comprises ?

Les 630 000 véhicules produits correspondent à une reprise du marché européen qui atteindrait alors les 16 millions de véhicules. Il faut leur ajouter les 80 000 véhicules de nos partenaires, ce qui donne 710 000 véhicules produits dans nos usines françaises en 2016. Cette prévision repose sur trois critères : la reprise du marché, notre plan produits et l’affectation de véhicules partenaires. Si cette hypothèse se révèle juste, avec 710 000 véhicules produits, Renault aurait une croissance deux fois plus rapide que celle du marché européen.

Deux usines pourraient être menacées, en cas de non-signature de l’accord, s’inquiètent les syndicats. Quels sites sont dans la balance ?

Je n’ai pas de temps à consacrer à l’élaboration d’un plan B en cas de non-signature, car cela montrerait un manque de confiance dans les négociations que nous menons. Cependant, il est certain que si nous n’arrivions pas à un accord, nous ne pourrions pas rester comme ça. Toutes les possibilités devraient être mises sur la table, mais sans qu’aucun choix ne soit arrêté.

Sur les 7500 suppressions de postes annoncées, 2000 concernent des postes d’ingénieurs. Renault pourra-t-il continuer à innover avec moins de chercheurs ?

Nous devons redéfinir notre cœur de métier, c’est-à-dire la conception de base d’une voiture, avec les caractéristiques propres d’une voiture Renault. Il est nécessaire de maitriser 80% de ce cœur de métier, le reste peut être fait en externe. Nous avons besoin de nous appuyer sur des prestataires d’ingénierie, avec une vision à moyen/long terme. Sur les 2000 suppressions de postes, l’équivalent d’un millier de postes sera confié à des prestataires externes.

Les syndicats craignent aussi la délocalisation d’ingénieurs vers vos centres techniques en Roumanie ou au Brésil.

Il faut tenir compte de la position internationale de Renault. Avec 50% de nos ventes hors d’Europe en 2012, il faut nous adapter. Certains développements ne doivent plus être réalisés depuis la France pour coller au marché local. L’équivalent de 500 postes sera redistribué entre nos centres en Roumanie, en Amérique Latine, mais aussi en Corée. L’organisation de l’entreprise est aussi un levier pour des gains de compétitivité. C’est pour ça que nous regardons ce qu’a fait Nissan sur la conception des process de production. Il faut raccourcir les délais et améliorer la mise au point dans les usines. Nous regardons comment établir un lien plus étroit entre la conception du process et les sites de production. 2000 ingénieurs sont potentiellement concernés.

Les suppressions pourraient en réalité monter à 8260 postes d’ici 2016. Vous promettez alors de réembaucher. Sur quels sites et pour quelles fonctions ?

Quand les coûts sont trop lourds, les décisions sont prises à court terme et se résument à ne pas embaucher. On perd en compétences. Or c’est au contraire en faisant entrer de nouvelles compétences qu’on porte le groupe Renault vers l’avenir. Nous avons un potentiel de 700 embauches, dans le domaine du véhicule électrique, mais aussi dans les fonctions support aux usines ou dans la maintenance des systèmes automatisés.

Quelle est la deadline pour les négociations ?

Se fixer une date butoir est illusoire. Lors de la prochaine réunion [mardi 29 janvier, ndlr], nous examinerons l’ensemble des propositions, les commentaires et contre-propositions des syndicats et nous ferons des ajustements. Nous nous sommes donnés trois mois pour cette négociation, qui a débuté le 6 novembre. Nous devrions donc parvenir à un accord début février.

Propos recueillis par Pauline Ducamp

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