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L'Usine Auto

Renault ou PSA : français, trop français...

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Publié le

Analyse Les difficultés de Renault et de PSA peuvent s'expliquer en partie par la spécificité de la demande automobile nationale : les Français veulent des voitures "milieu de gamme". Et ces voitures là s'exportent mal.

Renault ou PSA : français, trop français... © Renault France

"Savez-vous quel est le plus mauvais conseil que l'on peut donner à un industriel français ? C'est de concevoir ses produits en fonction de la demande française. Il est à peu près certain de ne pas réussir à vendre ses produits ailleurs que dans notre cher pays." Cette analyse, c'est le patron d'un industriel francais qui la livrait lors d'un séminaire de La Fabrique mais elle pourrait s'appliquer sans en changer une ligne aux difficultés que rencontrent nos deux constructeurs nationaux. Que ce soit Renault qui vient d'annoncer 7500 suppressions de poste d'ici 2016 ou PSA qui devrait faire partir près de 11000 personnes d'ici 2014, leur problème numéro un c'est que leurs voitures peinent à séduire les consommateurs en dehors des frontières françaises.

Si la Chine ou les Etats-Unis représente le premier débouché des constructeurs allemands, pour les marques françaises, c'est encore la France qui tient ce rôle. Bien sûr nos constructeurs se sont internationalisés. Oui, ils ont pris pied sur plusieurs continents. Mais le point délicat, c'est que leurs voitures, celles qu'achète un public français, ne correspondent pas vraiment à la demande mondiale. Les Français veulent des voitures pas vraiment low-cost, pas vraiment haut-de-gamme, juste bon marché.

Une image milieu de gamme

Cette image de milieu de gamme colle à la peau de Renault, Peugeot et Citroen. Vous me direz que Renault a investi le premier le segment low-cost avec la Dacia Logan et ce sera juste. Mais la marque Renault, elle, n'en profite pas. Au contraire, elle en est une victime directe puisque ces voitures roumaines sont vendues dans les concessions du Losange. Quand à PSA, il a opté pour la montée en gamme. Elle a été forte et remarquable sur l'ensemble de ses véhicules. Il ne lui aura manqué que du temps pour la voir courronée de succès.

L'impact de cette - mauvaise - image est direct sur les usines et donc sur les emplois. Car, quand BMW, Volkswagen ou Mercedes exportent leurs modèles made in Germany partout et font tourner leurs sites, leurs homologues francais patinent et voient le plan de charge de leurs manufactures se réduire d'année en année. Ils peuvent un temps tenir sans fermer de sites. Mais l'issue est inéluctable. Faute de réels relais de croissance hors de France, ils sont condamnés à réduire leurs capacités de production en France et à réduire les emplois.

Thibaut de Jaegher

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4 commentaires

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17/01/2013 - 11h57 -

Il y a plusieurs marchés en France, dont celui des véhicules de luxe. Et la France, depuis Louis XIV, ce sont les produits de luxe (même les carrosses)!
Mais aucun constructeur au monde n'a produit l'effort nécessaire pour battre une concurrence allemande qui a voulu ce marché et a mis tout le paquet sur le suréquipement, la sursécurité, la surqualité (apparente, visible) et l'effet de la marque allemande. Chez Renault (ou PSA), les mêmes équipes (excellentes, je ne dis pas) conçoivent, par exemple, la Twingo et la Velsatis, par souci de souplesse et d'économie de moyens. Sommes-nous économes ou sur-radins? Il nous reste le confort de nos sièges et "une certaine idée de la qualité de vie en France" (notre image mondiale).
Quand on veut un marché, il faut étudier la concurrence "jusque sous ses semelles" et évaluer de manière réaliste les moyens et le planning.
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17/01/2013 - 09h28 -

Mettez un financier à la tête d'un groupe et il fait dans l'optimisation des sites de production.... L'idée que les véhicules doivent plaire... ne l'effleure même pas...
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16/01/2013 - 20h34 -

Et la difficulté de PSA en Chine ou encore en Russie c'est le syndrome de la pastèque : dans ses projets véhicules, vu du dehors tous les indicateurs sont au vert mais en dedans ils passent tous au rouge...
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16/01/2013 - 16h25 -

Belle analyse ! Il est d'autant plus regrettable que ces deux entreprises n'aient pas fait le nécessaire en temps et en heure.
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