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L'Usine Auto

Renault-Nissan examine la rémunération de ses consultants Rachida Dati et Alain Bauer

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Publié le , mis à jour le 04/02/2019 À 10H28

L'eurodéputée Rachida Dati, le consultant Alain Bauer, la conseillère en communication Claudine Pons... Tous ont été conseillers extérieurs français pour l'alliance Renault-Nissan. Celle-ci est en train d'examiner les paiements qu'elle a effectué à ses consultants dans le cadre d'un audit indépendant.

Renault-Nissan examine la rémunération de ses consultants Rachida Dati et Alain Bauer
L'alliance Renault-Nissan est en train d'examiner les paiements qu'elle a effectué à ses consultants dans le cadre d'un audit indépendant.
© Simon Kirby / Thesupermat / CC-BY-SA_3.0

L'alliance Renault-Nissan a entrepris d'examiner les paiements effectués par le passé à des conseillers extérieurs français, tels que l'actuelle députée européenne et ancienne ministre Rachida Dati, à la suite de l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon, ont dit des sources à Reuters.

Les honoraires versés à ces consultants sont l'un des volets de l'audit indépendant lancé par les deux constructeurs sur le fonctionnement de leur alliance basée aux Pays-Bas (RNBV), un examen d'abord réclamé en vain par Nissan et auquel Renault a fini par consentir.

Le constructeur japonais nourrit des doutes sur la transparence de l'utilisation des fonds de RNBV, dont il soupçonne qu'ils auraient pu servir davantage les intérêts de Renault, voire de Carlos Ghosn lui-même, que ceux de l'alliance.

"Nissan n'avait pas connaissance du moindre paiement de ce type"

Claudine Pons, conseillère en communication, et Alain Bauer, consultant sur les questions de sécurité, ont déjà confirmé avoir été rémunérés par la holding pour leurs services, rendus à la suite du scandale lié à de fausses accusations d'espionnage contre des dirigeants de Renault en 2011.

L'alliance a aussi eu recours à l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati en tant que conseillère juridique à la suite de son départ du gouvernement en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ont dit deux sources proches du dossier.

Nissan, qui cofinance l'alliance, n'était pas informé de cette relation entre RNBV et Rachida Dati, a dit Travis Parman, porte-parole du constructeur japonais, sollicité sur le sujet. "Nissan n'avait pas connaissance du moindre paiement de ce type. Nous ne pouvons pas commenter de points précis relatifs à l'audit conjoint", a-t-il dit.

Rien ne permet de soupçonner la moindre infraction légale de la part de Rachida Dati, personnalité la plus éminente connue à ce jour à avoir effectué une mission auprès de l'alliance. Contactée par Reuters, l'eurodéputée a renvoyé les questions vers son avocat.

"C'était une convention d'avocat qui répondait aux règles des avocats"

Ce dernier, Olivier Pardo, a déclaré que Rachida Dati, elle-même avocate, avait obtenu une mission de la part de RNBV en octobre 2009, soit quatre mois après son départ du gouvernement après son élection au Parlement européen. Cette mission s'est achevée en février 2013, a ajouté Olivier Pardo, en refusant de s'exprimer sur sa rémunération.

"C'était une convention d'avocat qui répondait aux règles des avocats", a dit Olivier Pardo. "C'était une mission très large et très complète et comme elle est soumise au secret professionnel je ne peux pas en donner plus de détail."

D'après Olivier Pardo, la décision de mettre fin à cette mission a été prise en octobre 2012, soit cinq mois après la défaite de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle française face à François Hollande.

Les dépenses liées à ces missions extérieures apparaissaient dans les comptes de l'alliance sur une seule ligne d'honoraires à des consultants, non détaillés, pour un montant qui dépassait 20 millions d'euros en 2015, ont dit les sources. Renault a refusé de s'exprimer sur cet audit.

Pressions de Nissan en faveur d'un audit

Nissan a commencé à réclamer une enquête sur RNBV dans les heures qui ont suivi l'arrestation de Carlos Ghosn et a formellement proposé un audit conjoint le 19 décembre. Cette demande a été rejetée par Renault, alors sous la direction intérimaire de Thierry Bolloré, ont dit plusieurs sources.

Nissan a accentué ses pressions en faveur d'un audit mené indépendamment des avocats placés sous la responsabilité de Mouna Sepehri à la suite d'une information de Reuters le 10 janvier faisant état d'une rémunération supplémentaire versée par l'alliance à cette proche collaboratrice de Carlos Ghosn, selon deux personnes proches du dossier.

Le conseil d'administration de Renault a accepté cet audit la semaine suivante.

Vers d'autres changements chez Renault "dans un gros mois"

Une source proche de Jean-Dominique Senard a déclaré à Reuters que de nouveaux changements pourraient intervenir "dans un gros mois" au sein de l'équipe de direction du groupe au losange. Mazars, le cabinet français désigné pour éplucher les comptes de RNBV depuis sa création en 2002, devrait achever son audit d'ici fin février.

Carlos Ghosn a été arrêté au Japon le 19 novembre et inculpé ensuite de trois chefs. Il est notamment accusé de ne pas avoir déclaré plus de 80 millions de dollars (69,7 millions d'euros) de rémunérations additionnelles versées de manière différée par Nissan pour la période 2010-2018 et d'avoir fait passer dans les comptes de Nissan des pertes sur des investissements personnels.

Le constructeur japonais et le troisième partenaire de l'alliance, Mitsubishi, l'ont rapidement écarté de leur présidence après son arrestation. Renault l'a pour sa part remplacé le 24 janvier par Jean-Dominique Senard au poste de président et par Thierry Bolloré au poste de directeur général.

Carlos Ghosn dément les accusations portées à son encontre et se dit victime d'une trahison de la part de dirigeants de Nissan opposés à ses projets de renforcement de l'alliance avec Renault.

Avec Reuters (Avec Gilles Guillaume et Emmanuel Jarry; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Joanny et Jean-Michel Bélot)

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