"Renault ne souffre pas du syndrome PSA"

A l'annonce des 7 500 suppressions d'emploi chez Renault, la planète automobile a frissonné. L'histoire se répèterait-elle ? Rien à craindre selon Bertrand Rakoto, analyste chez R.L. Polk France... sauf pour les employés de bureaux.

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L'Usine Nouvelle - La suppression des 7 500 postes annoncée par Renault, ce mardi 15 janvier, est un véritable coup de tonnerre pour le secteur. Après PSA, est-ce le début de la fin de l'automobile à la française ?

Bertrand Rakoto - Non, je ne vois rien d'alarmant à cette annonce. C'est une mutation naturelle pour une entreprise de la taille de Renault. Il est nécessaire de procéder à une réduction régulière de la masse salariale. Le chiffre semble important car il représente 14% des effectifs en France mais cela aurait été grave s'il s'agissait de licenciements secs. Dans le cas de Renault, cela consiste en un recours à des préretraites et des départs non remplacés.

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C'est mécanique, l'entreprise connaît une croissance significative, donc elle embauche. Puis elle finit par gagner en productivitié et en efficacité. Cela implique que la charge de travail n'est pas forcément bien répartie. D'où la nécessité de se réorganiser et de se restructurer.

Pour Renault, quels sont les enjeux de cette restructuration ?

C'est la conséquence de l'évolution du marché. Il y a quelques années, on produisait en France pour diffuser dans le monde entier. Aujourd'hui, la donne a changé. Si un constructeur automobile veut pouvoir être réactif et s'adapter promptement à la demande, il doit évoluer. C'est aussi pour cette raison qu'il doit se trouver au plus près des marchés porteurs.

Renault possède une usine au Maroc, bientôt une autre en Algérie, celle située en Roumanie tourne à plein régime... Cela ne se fait-il pas au détriment des usines françaises ?

Je crois au contraire que cela prouve que l'entreprise se porte bien, et qu'il n'y a rien à craindre dans l'immédiat. Par rapport aux éléments dont on dispose actuellement, je ne crois pas que Renault souffre du "syndrome PSA". Il faudrait un autre élément, comme un échec commercial retentissant ou une nouvelle chute du marché, pour que cela devienne inquiétant. D'autre part, l'effort de flexibilité fait chez Renault demeure un signe positif.

Mais le contexte reste difficile, il n'est pas garanti que le constructeur ne prendra pas des mesures plus difficiles plus tard.

Quelles usines seraient pourraient être touchées en France ?

Je pense que c'est à Flins et à Sandouville qu'il pourrait y avoir un impact. A Flins par exemple, il est évident que les capacités prévues pour la production de la Zoe ne seront pas utilisées à 100% au départ. L'usine de Maubeuge devrait être plutôt épargnée, protégée par la production de la Kangoo et de son frère allemand le Citan.

Mais à mon avis, ce seront les bureaux et non les usines qui seront les plus touchés par ces départs.

Propos recueillis par Astrid Gouzik

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