Renault maintient son plan électrique, malgré Better Place

PARIS (Reuters) - La faillite de l'israélien Better Place, avec qui Renault avait un partenariat sur un dispositif de recharge de batteries, ne remet pas en cause la stratégie du constructeur français dans le véhicule électrique, a fait savoir Renault lundi.

Partager

Better Place a annoncé dimanche son dépôt de bilan, son système de stations d'échange automatique de batteries n'ayant pas atteint ses objectifs financiers.

"L'ensemble des volumes commercialisés par Better Place, ramenés aux volumes de véhicules électriques commercialisés par l'alliance Renault-Nissan, c'est à peine un peu plus de 1% du volume total", a souligné Gilles Normand, directeur de la région Asie-Pacifique de Renault, lors d'une téléconférence. "Ce qui veut bien dire qu'il ne s'agit pas du tout d'une remise en cause de notre stratégie liée au véhicule électrique", a-t-il ajouté.

Il a également souligné que la technologie "quick drop" développée par Renault pour Better Place représentait "une part extrêmement limitée" des quatre milliards d'euros que Renault et Nissan comptent investir dans l'électrique d'ici 2015.

L'alliance Renault-Nissan se veut en pointe sur ce nouveau marché automobile, mais celui-ci peine à décoller en raison notamment de la lenteur du déploiement des infrastructures de recharge. Le numéro deux de Renault, Carlos Tavares, déplorait encore la semaine dernière que le nombre de bornes électriques installées en France reste insuffisant.

Dans son argumentaire en faveur du véhicule "zéro émission", Renault présentait jusqu'ici le quick drop comme la plus avancée des solutions de recharge. Elle permettait de faire le plein aussi vite que pour une voiture essence, la batterie vide étant remplacée en un tour de main par une batterie pleine. Carlos Ghosn, PDG de Renault, avait toutefois pris ses distances ces dernières semaines avec le potentiel de cette technologie.

"Il ne s'agit pas de parler d'un coup dur pour le véhicule électrique, mais d'une expérience sur la commercialisation d'un système de recharge très particulier", a dit Béatrice Foucher, directrice du programme véhicules électriques de Renault.

Dans le cadre de son partenariat noué en 2008-2009, Renault prévoyait de vendre 100.000 voitures Fluence électriques à Better Place à l'horizon 2016. A ce jour, un millier de véhicules ont été livrés au groupe qui avait installé 38 stations en Israël et 17 au Danemark.

"On ne peut que regretter la décision du conseil d'administration de Better Place (...) parce que c'était une aventure et une idée extrêmement intéressantes", a poursuivi Gilles Normand.

Le groupe n'a pas souhaité en revanche entrer au capital de son partenaire à l'issue des discussions qui se sont tenues sur un nouveau tour de table, estimant que ce n'était pas son rôle.

Renault évoquera cette semaine avec Better Place la manière d'assurer le service après-vente des voitures commercialisées avec le système quick drop avant le dépôt de bilan.

Gilles Guillaume, édité par Pascale Denis

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS