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Renault : L'Etat gagne son bras de fer contre Carlos Ghosn

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L’assemblée générale de Renault du 30 avril est venu conclure quinze jours de bras de fer entre Carlos Ghosn et Emmanuel Macron, autour des droits de vote double, dans une ambiance résignée.

Renault : L'Etat gagne son bras de fer contre Carlos Ghosn © Gaëlle Kerbaol

Dans l’automobile française, c’est chacun son tour. En 2014, l’assemblée générale des actionnaires de PSA était la plus tendue, avec l’arrivée au capital de Dongfeng et de l’Etat. Cette année, l’Etat fait aussi partie du casting de l’assemblée générale, mais l’action se déroule chez Renault. A l'issue d'une assemblée générale tendue mais très polissée, Emmanuel Macron a gagné son pari. La loi Florange a été adoptée par les actionnaires, et avec elle, les droits de vote double.

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Pour bien faire monter la sauce, une demi-heure avant le début de l'AG, le conseil d'administration avait réexpliqué dans un communiqué pourquoi il ne voulait pas des droits de vote double, dans l'intérêt de l'Alliance Renault-Nissan. "Les droits de vote de l'Etat monteraient à 28%, tandis que ceux de Nissan resteraient à zéro, pouvait-on lire dans un communiqué. Nissan a fait savoir que cela perturberait l'équilibre de l'Alliance. Daimler et d'autres actionnaires ont exprimé la même préoccupation."

Adoption des droits de vote double

Si la majorité des actionnaires a suivi le président, cela n'a pas suffi. La résolution numéro 12, qui s'opposait aux droits de vote double avec le principe 1 action = 1voix, n'a reçu que 60,53% des voix, moins que les des deux tiers nécessaires à son adoption. Elle a donc été rejetée, les droits de vote double prendront donc effet le 1er avril 2016 chez Renault.

Le rejet de cette résolution numéro 12 conclue quinze jours de bras de fer, depuis le conseil d'administration du 16 avril. Furieux de la montée de l'Etat à 20% du capital de Renault, Carlos Ghosn et le conseil d'administration avaient mis sur la table la survie de l'équilibre dans l'Alliance. Le 23 avril, c'était au tour de Nissan de déclarer "à l'unanimité soutenir les décisions prises par le conseil d'administration de Renault."

Carlos Ghosn est président des deux conseils d'administration. Mais ensuite ? La question du rééquilibrage des deux partenaires dans l'Alliance n'en est pour autant pas tranchée. Le rôle de l'Etat, au-delà de son coup financier, non plus. Carlos Ghosn a cependant tenu à rassurer les actionnaires : "Il n'y a pas de conflit larvé au sein du conseil d'administration de Renault. Nous faisons tout cela dans l'intérêt de Renault et de l'Alliance."

L'autre point d'achoppement de cette AG, qui revient chaque année, était la rémunération de Carlos Ghosn. Seulement 58% des actionnaires ont voté pour, ce qui laisse supposer que l'Etat a voté contre. Mais l'avis n'était ici que consultatif.

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Sans passion

Cette assemblée générale était tendue, mais sans émotion. En dehors des syndicats qui manifestaient à l'entrée, à peine entendait-on quelques "Scandale !" criés doucement lors de l'évocation du salaire de Carlos Ghosn. Le vote s'est déroulé dans un grand silence, avec à peine un mouvement d'humeur lors de l'adoption des droits de vote double.

Lors de la traditionnelle séance de questions-réponses, une demande de départ de Carlos Ghosn de Renault, en conflit avec son principal actionnaire, l'Etat, a été formulée, comme une protestation contre la hausse de son salaire. Mais c'est paradoxalement la défense des droits de vote simple qui a été la plus applaudie. La direction a rapidement évacué toutes les questions sur les droits de vote, privilégiant les questions sur les moteurs hybrides ou Eolab... autant de sujets loin d’être primordiaux.

Pauline Ducamp

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