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L'Usine Auto

Renault inaugure sa première usine en Chine

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Reportage Le groupe français a inauguré lundi 1er février sa première usine en Chine avec son partenaire DongFeng. Il démarre la production du Kadjar, lancé il y a tout juste un an en Europe. Un autre SUV devrait être produit rapidement à Wuhan, ainsi qu’un véhicule électrique à partir de 2017.  

L’année du singe portera-t-elle chance à Renault ? A quelques jours du nouvel an chinois, Renault a inauguré ce lundi 1er février à Wuhan, dans la province du Hubei, sa première usine d’assemblage en Chine avec son partenaire DongFeng. Le numéro deux chinois de l’automobile, venu au secours de PSA en 2014, semble incontournable puisqu’il est déjà partenaire de Nissan, de Honda et de Kia.

Version chinoise du Kadjar

L’usine, détenue par une société coimmune entre les deux partenaires, la DRAC (pour DongFeng Renault Automotive Company), commence à produire une version chinoise du Kadjar, le crossover de segment C produit sur la plateforme modulaire CMF, qui sert à Nissan pour fabriquer le Qashqai. L’usine de Wuhan est  presque un copié-collé des sites que Nissan possède en Chine avec DongFeng: "Nous avons le même layout [disposition, NDLR], les mêmes machines, les mêmes fiches de poste, explique Jacques Daniel, le directeur  général de la DRAC. L’apport de l’alliance nous a permis d’aller très vite." Et d’être enfin présent industriellement sur l’un des deux principaux marchés mondiaux avec les Etats-Unis.

Le Kadjar, dévoilé il y a tout juste un an en Europe, a été rapidement adapté pour le marché chinois. "C’est une bonne nouvelle, juge à Paris un spécialiste de l’automobile. Renault mettait jusqu’ici beaucoup de temps à développer ses modèles d’une zone sur une autre. C’est le signe d’une plus grande agilité industrielle."  Jusqu’ici, le groupe présidé par Carlos Ghosn vendait en Chine des véhicules importés : le Koleos, un modèle de SUV (Sport utility vehicule) de segment D fabriqué en Corée, des Megane RS et des Fluence. Il a également démarré il y a six mois la commercialisation du Captur.

Mais c’est avant tout sur Kadjar que reposent les ambitions de Renault : "C’est  un véhicule particulièrement bien adapté au marché chinois", expliquait Thierry Koskas, le directeur commercial de Renault lors de la présentation des résultats commerciaux du groupe début janvier. Les SUV comptent déjà pour 30 % du marché chinois (et ont progressé de 53 % l’an dernier), soit 5 millions de véhicules. "C’est ce que veulent les clients aujourd’hui", assure Jacques Daniel, le directeur général de la DRAC. On comprend mieux la rapidité avec laquelle le groupe y lance son nouveau modèle. Ce dernier, positionné sur le segment C, devrait être suivi dès cette année par un autre SUV de segment D.

L’usine, sortie de terre en un temps record de vingt-quatre mois, aura coûté pas moins de 870 millions d'euros aux deux partenaires. Renault n’a pas pour l’instant l’autorisation d’écouler plus de 150 000 véhicules à la marque Renault en Chine. Mais il a déjà prévu que la capacité de l’usine, qui compte 2 000 salariés, puisse être rapidement doublée. "Et même une troisième tranche !", affirme Jacques Daniel. "A moyen terme, notre ambition, c’est d’occuper en Chine une part de marché correspondant à notre part de marché au niveau mondial", affirmait ainsi Thierry Koskas début janvier, reconnaissant qu’il faudrait du temps au constructeur français pour y arriver.

Si l’on ramène au marché chinois sa part de marché mondiale de 3,2 %, il faudrait que Renault écoule en Chine quelque 780 000 voitures. Ce qui donne une idée du retard à combler pour le Français, qui se lance tardivement à la conquête du marché chinois. A titre de comparaison, l’américain General Motors (GM) a écoulé 3,61 millions de véhicules l'an dernier (+5,2%) dans l’ex-empire du Milieu, tandis que Ford dépasse lui le million d’unités (en hausse de 3%), et que Nissan est à 1,2 million d’unités.

Un marché en perte de vitesse

Renault n’arrive pas au meilleur moment. La croissance du marché chinois a sérieusement ralenti en 2015. Selon les chiffres récemment dévoilés par l’Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM), 24,6 millions de véhicules ont été écoulés dans le pays en 2015, soit une hausse de 4,7% par rapport à 2014. Une croissance relativement faible après le bond de 14% enregistré en 2013 et la progression de 6,9% en 2014. "Les évolutions sont très contrastées : les marques locales des constructeurs chinois ont globalement explosé, avec une croissance de plus de 30%, tandis que les joint-ventures des constructeurs occidentaux ont vu leurs ventes stagner, et que les ventes de véhicules importés reculent d’environ 20 %", analyse Jacques Daniel.

Selon la CAAM, cette moindre progression s'explique en grande partie par le durcissement des restrictions sur les immatriculations instauré par plusieurs métropoles, afin de lutter contre la pollution et les difficultés de circulation. Mais le ralentissement de la conjoncture globale avec une croissance économique en 2015 qui devrait être la plus faible enregistrée depuis près de 25 ans joue également beaucoup. La CAAM envisage néanmoins une hausse de 6 % du marché en 2016 à 26 millions de véhicules. Déjà, les ventes sont reparties à la hausse sur la fin de l’année 2015, grâce notamment à la réduction des taxes sur les achats de petits modèles, se félicitent les constructeurs. En décembre, les ventes rebondissaient de 15,4 % à 2,79 millions de véhicules.

Au passage, certains constructeurs ont souffert, comme PSA Peugeot Citroën avec sa marque DS, dont les ventes ont chuté de plus de 20 % en 2015, malgré le lancement de nouveaux modèles. "Renault se positionne lui sur des créneaux du marché des SUV qui a le vent en poupe, relativise un analyste financier. Il ne devrait pas trop souffrir du ralentissement de la croissance du marché. Par contre, les volumes sont relativement faibles, et ne devrait pas rapporter beaucoup de bénéfices à court terme pour le groupe."

Cap sur l'électrique

Pour trouver sa place sur ce marché, Renault devra apporter de la différence. Son expertise dans le développement des petits SUV comme Kadjar et Captur est un premier atout dans sa manche. En interne, on assure qu’il y a peut-être aussi une place pour l’Espace sur le marché chinois. Mais Renault est également attendu pour ses compétences sur l’électrique. "Je ne veux pas rater le train du véhicule électrique en Chine, avait affirmé il y a quelques mois Carlos Ghosn. Le pays, très probablement, deviendra rapidement le premier marché des véhicules électriques."

L’usine de Wuhan devrait assurer la production, à partir de 2017, d’un véhicule électrique sur la base du Fluence ZE. Renault s’est engagé, il y a quelque mois, à produire 15 000 véhicules électriques pour le marché chinois avec son partenaire. Le choix de la technologie de batteries n’est pas encore arrêté, mais il pourrait bien faire l’objet d’un développement avec… l’inévitable DongFeng.

A Wuhan, Patrick Déniel

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1 commentaire

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01/02/2016 - 22h56 -

Les chômeurs Français vont pouvoir dire merci à Renault !
D'ailleurs les ventes de janvier 2016 sont en baisse de 2.9% pour renault alors que le marché progresse de 3.5%. Les problèmes de fiabilité de véhicules renault se payent cash.
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