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L'Usine Auto

Renault Flins : 100 000 voitures électriques fabriquées jusqu’en 2015

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La convention signée mercredi 17 février 2010 par Christian Estrosi, ministre de l’industrie avec Patrick Pelata, directeur général de Renault scelle le sort de l’usine de Flins. L’usine, qui fabrique actuellement plusieurs versions de la Clio III et fabriquera les Clio IV destinées au marché français et européen et assurera jusqu’en 2015 la fabrication de 100000 voitures électriques Zoe. La fabrication de cette voiture démarrera en juin 2012.

Renault Flins : 100 000 voitures électriques fabriquées jusqu’en 2015 © Bruno BarBey/magnum

La Zoe, la quatrième du plan « voiture électrique » du constructeur, sera selon le responsable de Renault, «  la première au monde à être conçue pour être fabriquée en grande série. » La convention signée par Christian Estrosi, ministre de l’industrie avec Patrick Pelata, directeur général de Renault prévoit un prêt de 100 millions d’euros à taux zéro accordé par l’Etat au constructeur au losange pour industrialiser ce nouveau modèle. Le site de Maubeuge qui fabrique la Kangoo électrique profitera lui aussi de ce prêt.
 Selon le ministre de l’industrie, ce prêt fait partie de 250 millions d’euros de prêts alloués par l’Etat à l’industrialisation des voitures « zéro émission ». Il a rappelé également, que l’Etat accorde un appui de 750 millions d’euros aux travaux de R & D pour la mise au point de ces voitures et des démonstrateurs. Une somme qui concerne toute la filière automobile.

En échange de ce prêt, Renault s’est engagé à assurer 40% de ses achats d’équipements pour cette nouvelle voiture (dont le prix de base annoncé sera celui d’une Clio Diesel) en France. En 2016 cette part pourra monter dans certaines conditions, à 70%. « Nous partons dans cette aventure technologique avec les fournisseurs qui nous ont fait confiance à la mi-2007, quand nous les avons consultés pour l’industrialisation de ce véhicule », a expliqué Patrick Pelata. Mais si les volumes de fabrication montent rapidement, comme nous les espérons, d’autres fournisseurs situés en France pourront se joindre à ce programme. » L’usine de Flins pourra monter en puissance, en fonction de la demande du marché, jusqu’à 150 000 voitures par an. « Nous sommes prêts même à doubler en dix-huit mois ce volume de fabrication », a souligné Patrick Pelata. « Soit la plus grande capacité de production d’une voiture électrique au monde. »

Le constructeur français s’y prépare activement pour affronter ce défi industriel inédit : « en 2010 nous consacrerons 15 % de nos dépenses R & D et en matériel au programme « voiture électrique », a affirmé le responsable de Renault. Une usine de batteries et un centre de recyclage seront également construits sur le site de Flins en collaboration avec le CEA et le FSI (Fonds stratégique d’investissement). Un investissement total de plusieurs centaines de millions d’euros, 600 millions d’euros plus exactement pour la première phase du projet. Le CEA développe la prochaine génération de batteries grâce aux recherches menées par son centre de Grenoble. Rappelons que Renault-Nissan et CEA ont formé une joint-venture en novembre 2009 pour mener à terme ce projet, et que le FSI y contribue à hauteur de 125 millions d’euros. La Banque européenne d’investissement a acceptée quant à elle, d’étudier un prêt pouvant représenter jusqu’à 50% de 280 millions d’euros d’emprunts totaux.
La production de l’usine de batteries de Flins sera de 100000 unités/an en 2012, pour atteindre 250 000 unités en 2015. D’autres constructeurs d’automobiles, comme le groupe PSA, pourront s’y approvisionner. Le site de Flins connaîtra d’autres développements, dans le domaine du développement durable, comme le centre de recyclage, mais qui ne sont pas pour l’heure, complètement définis.

5 000 euros de bonus pour un véhicule électrique

L’Etat s’est  par ailleurs engagé à constituer jusqu’en 2015 une flotte de véhicules électriques de 100 000 unités et accorde jusqu’en 2012 un bonus de 5000 euros pour tout achat d’une voiture électrique.
Le ministre a confirmé l’investissement de 900 millions d’euros dans le développement de l’infrastructure que nécessitera l’apparition de ce parc de plus en plus important de voitures électriques en France. « Le gouvernement français est par ailleurs, en discussions avec Bruxelles pour la mise en service d’un réseau d’infrastructure au niveau européen », a souligné Christian Estrosi. « Il est indispensable d’avoir une certaine normalisation dans ce domaine en Europe. »

La voiture électrique que construira Renault à Flins, la ZOE, aura  une autonomie de 150 km. Il s’agit d’une batterie constituée d’une centaine de modules qui sera rechargée selon trois modes différents : un remplacement rapide (moins de 3 minutes) en station service, un rechargement classique pendant six heures et un chargement rapide en vingt minutes à 400 V (80% de la charge de la batterie).« Nous débutons en effet, aujourd’hui, a renchérit Patrick Pelata, une véritable révolution technologique et sociétale. »

Une bonne nouvelle pour les employés de Renault

De nombreux points concernent la fabrication de cette voiture, plus riche en composants et qui nécessitera selon Stéphane Wicart, chef du département Montage de l’usine de Flins « 10% de temps de montage supplémentaire par rapport à un modèle classique similaire. »
Tout d’abord, trois voitures différentes seront fabriquées en même temps sur une seule ligne de montage : la Clio III, la Clio IV et la ZOE. Ce qui nécessite une adaptation de moyens robotisés de soudage. Côté tôlerie (l’unité dispose aujourd’hui de 398 robots de moins de trois ans pour la plupart et effectue 3350 points de soudure par caisse), la disparition du moteur thermique nécessite, entre autres, la prise en compte de la dissipation du bruit dans la caisse. Pour assurer la qualité acoustique. « Les bruits du moteur thermique cachent ceux provoqués par les imperfections géométriques de la caisse », constate Stéphane Wicart, chef du département Montage à Flins. « Il va falloir revoir le soudage des éléments de la caisse pour que sa géométrie soit parfaite. » Autre éléments à revoir : le soubassement de la voiture. « La batterie qui pèse 250 kg sera placée dans le soubassement, il faudra donc le renforcer », explique le spécialiste. Les épaisseurs des tôles sont à revoir. Le renforcement de la caisse est un point essentiel, car la voiture devra passer le crash test 5 étoiles habituel.

Plusieurs autres points sont passés au peigne fin par les spécialistes de Renault : la déperdition énergétique dans l’habitacle, le montage de pédales (la pédale d’embrayage disparaît), la disparition du groupe motopropulseur, la connectique de puissance…Le moteur constitue ainsi un des éléments clés du projet. « Nous allons au début nous approvisionner sur le marché, mais le scénario d’une fabrication à Flins de ce moteur est tout à fait plausible », a souligné Patrick Pelata. 

Vers une disparition des machines-outils ?

La fabrication de ce moteur nécessitera sans doute d’autres moyens de fabrication. Certes, les machines-outils ne disparaîtront pas mais certaines seront plus utilisées que d’autres. Il est ainsi avéré que ce moteur a plus de pièces de révolution que celui thermique. Ce qui nécessite plus de centres de tournage comme ceux que fabrique Nodier-Emag par exemple.
Enfin, la formation du personnel est également un des points clés de cette mutation industrielle sans précédent dans l’industrie automobile. « Elle a fait l’objet d’une discussion approfondie en Comité d’entreprise mercredi 17 février 2010 avant la signature de la convention », explique Patrick Lienard, secrétaire du CE de l’établissement de Flins. « Près d’une dizaine de fonctions (manutention, opérateur de machine, logistique, etc.) changent, pour pouvoir travailler dans l’usine qui fabrique les batteries que sur les lignes de montage de la voiture électrique. Voir dans les ateliers de fabrication des moteurs électriques, si la décision d’intégrer cette production voit le jour comme nous le souhaitons tous… »


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