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Renault étend son activité à Tanger

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Le constructeur français inaugure aujourd’hui sa nouvelle usine à Tanger, au Maroc, qui produira dans les prochaines semaines le nouveau monospace Dacia, le Lodgy.

Renault étend son activité à Tanger © Renault

Le calendrier du secteur automobile se télescope. Alors qu’Eric Besson discute jeudi 9 février de la situation de l’industrie automobile en France au Sénat, Carlos Ghosn inaugure avec le roi Mohammed VI la nouvelle usine de l’Alliance Renault-Nissan au Maroc. Située sur la zone franche de Melloussa, près de Tanger, ce tout nouveau site de 220 hectares est entièrement piloté par Renault. Il dispose d’une première ligne qui produira 30 véhicules par heure, essentiellement des Lodgy, le nouveau monospace badgé Dacia. Une seconde ligne de même capacité sera lancée en 2013 avec la production de deux autres modèles, dont un petit utilitaire type Kangoo.

"L’usine de Pitesti [où sont produits les modèles Dacia, ndlr] tourne aujourd’hui à pleine capacité. Nous avons envisagé un doublement de sa production, mais ce n’était pas possible. Le supplément de capacité nécessaire au Lodgy a donc été localisé à Tanger » explique Arnaud Deboeuf, directeur du programme Entry. « La capacité de Tanger va monter pour arriver à celle de Pitesti [350.000 véhicules par an, ndlr]. Il n’existe pas de dogme chez nous : les deux sites pourraient avoir un modèle commun pour délester quand la production est trop forte d’un côté",  souligne également Arnaud Deboeuf.

Nissan est également amené à produire certains modèles sur place, mais aucun projet n’a pour le moment été dévoilé. L’Alliance a investi au total un milliard d’euros pour lancer Tanger. 600 millions d’euros ont servi à l’installation de l’usine, dont 350 millions pour la première ligne. La construction de la seconde ligne a déjà débuté, le groupe compte investir ici jusqu’à 400 millions d'euros, en fonction des modèles localisés sur place.

Réduire les coûts

L’usine de Tanger s’insère donc pleinement dans le tissu de production de l’Alliance. Mais au départ, avec une approche particulière, calquée sur celle mise en place à Pitesti. "Pour faire de l’Entry, il faut réduire les coûts au maximum, tous les coûts. Et ça ne veut pas forcément dire s’installer dans des pays peu chers. Il faut réduire le contenu dans la voiture, travailler avec des fournisseurs qui peuvent baisser les coûts, mais aussi réduire les coûts de transports, de douane", détaille Arnaud Deboeuf.

Le Maroc l’a aussi bien compris. Pour attirer les investisseurs et développer le secteur industriel, le pays a introduit une nouvelle législation qui exonère d’impôts et de taxes d’exportations pendant cinq ans les sociétés. Le gouvernement marocain a aussi fourni différentes infrastructures : l’usine se situe à seulement quelques dizaines de kilomètres du nouveau port de Tanger Med. Le Maroc espérait surtout l’implantation de fournisseurs et sous-traitant, créateurs d’emplois. Renault a lui misé sur un large panel de fournisseurs basés en Europe.

"A Tanger, une partie des fournisseurs sont ceux qui travaillent déjà avec nous à Casablanca. Nous allons aussi travaillé avec des fournisseurs locaux. Certains de nous fournisseurs installés en Roumanie, à Pitesti, vont aussi nous rejoindre, notamment pour certaines grosses pièces, les boucliers par exemple", précise Arnaud Deboeuf. D’autres éléments seront importés comme les moteurs essence qui viendront de Pitesti ou les blocs Diesel d’Espagne.

Tanger rapporte à la France

Renault n’a pas misé que sur la réduction des coûts. Le constructeur a aussi voulu une usine modèle dans le domaine environnemental, avec une chaufferie biomasse, roues thermiques ou encore retraitement de l’eau. Mais en plein débat sur le made in France, l’inauguration du site reste politiquement sensible. Les syndicats du groupe craignent que la production du Lodgy au Maroc viennent cannibaliser le monospace Scénic, produit à Douai, et détruisent à terme des usines dans l’Hexagone. Auditionné mardi 7 février par les sénateurs, Carlos Tavares a tenté de déminer la situation. "Chaque voiture produite à Tanger rapportera 800 euros à la France parce qu’il y a 400 euros de pièces livrées et 400 euros d’ingénierie", a expliqué le directeur général délégué de Renault. 150 à 170 000 véhicules doivent sortir dès l’année prochaine du site de Tanger.?

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