Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Renault et Nissan refondent leur gouvernance après Ghosn

Publié le

par Sam Nussey et Gilles Guillaume

Renault et Nissan refondent leur gouvernance après Ghosn
Renault, Nissan et Mitsubishi Motors ont annoncé mardi leur intention de créer un nouveau "conseil opérationnel" de leur alliance, tournant ainsi la page Carlos Ghosn, qui occupait les postes de président du conseil d'administration des trois sociétés. /Photo prise le 5 mars 2019/REUTERS/Pierre Albouy
© Pierre Albouy

Les entreprises citées

YOKOHAMA/PARIS (Reuters) - Renault, Nissan et Mitsubishi ont annoncé mardi la création d'un nouveau conseil opérationnel de leur alliance, censé placer chaque partenaire sur un pied d'égalité et permettre de tourner la page de l'ère Carlos Ghosn.

La disgrâce de l'architecte et ancien homme fort de l'alliance, poursuivi pour des accusations de malversations financières qu'il conteste, a jeté une ombre sur l'avenir d'un montage inédit dans l'histoire de l'automobile, qui doit fêter cette année ses vingt ans d'existence.

Pour remédier à un cumul des pouvoirs critiqué par Nissan, les trois partenaires ont annoncé que le président de Renault, Jean-Dominique Senard, serait également président du nouveau conseil opérationnel de l'alliance, mais qu'il ne présiderait pas Nissan.

Alors que le communiqué commun aux trois constructeurs indique que le président de Renault est un "candidat naturel" au poste de vice-président de Nissan, Jean-Dominique Senard a précisé lors d'une conférence de presse commune au Japon, qu'il n'était pas dans son intention de prendre la présidence du constructeur japonais.

"Le nouveau conseil de l'Alliance sera le seul organe de supervision des opérations et de la gouvernance de l'Alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi, en lieu et place de RNBV (Renault Nissan BV) et NMBV (Nissan Mitsubishi BV)", peut-on lire dans le même communiqué.

"A cet effet, il sera le visage et le premier pilote du "nouveau départ" de l'alliance."

Les directeurs généraux de Renault, de Nissan et de Mitsubishi Motors, à savoir respectivement Thierry Bolloré, Hiroto Saikawa et Osamu Masuko, siègeront également au conseil opérationnel, dont les accords formels de création seront signés à l'occasion du vingtième anniversaire de l'alliance qui doit être célébré officiellement le 27 mars prochain.

Le nouveau conseil se réunira chaque mois, à Paris ou Tokyo, et ses décisions opérationnelles seront fondées sur le consensus.

UN PROCÈS GHOSN A L'AUTOMNE ?

Hiroto Saikawa a estimé que cette nouvelle structure était un vrai partenariat sur un pied d'égalité. L'arrestation de Carlos Ghosn en novembre avait avivé les tensions entre la partie française et japonaise, cette dernière jugeant l'alliance trop déséquilibrée.

Renault détient 43,4% de Nissan tandis que Nissan possède 15% de Renault, sans droits de vote. Nissan contrôle pour sa part 34% de Mitsubishi, dernier venu dans l'alliance.

Jean-Dominique Senard a précisé que la nouvelle structure de gouvernance n'avait rien à voir avec les participations croisées entre les membres de l'alliance et qu'il n'envisageait aucune modification de l'accord fondateur de l'alliance, le "RAMA".

L'avocat de Carlos Ghosn, Junichiro Hironaka, a déclaré de son côté que le procès de son client pourrait commencer à l'automne. L'ancien président de Nissan, dont la demande de participer au conseil du groupe japonais a été rejetée lundi par la justice japonaise, ne prévoit pas pour l'heure d'être présent à l'assemblée générale des actionnaires de Nissan le 8 avril prochain, a-t-il ajouté.

"M. Ghosn veut du temps pour réfléchir à ce qu'il va dire", a déclaré à la presse Junichiro Hironaka à Tokyo.

Libéré la semaine dernière après plus de 100 jours de détention, en échange d'une caution de près de huit millions d'euros, Carlos Ghosn est poursuivi pour n'avoir pas déclaré pour environ 82 millions de dollars de rémunération sur près d'une décennie.

La justice française s’intéresse pour sa part au financement du mariage de l'ancien PDG de Renault au château de Versailles, en octobre 2016, dans le cadre d’une convention de mécénat entre le groupe au losange et l'établissement public.

Le parquet de Nanterre a confirmé à Reuters avoir ouvert le 28 février une enquête préliminaire "sur des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale pour abus de biens sociaux ou abus de confiance".

Cette enquête a été ouverte à la suite d'un signalement et confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), précise-t-on de même source.

A 12h13, le titre Renault progressait de 0,9195% à 59,27 euros, tandis que celui de Nissan a clôturé en hausse de près de 1% à la Bourse de Tokyo.

(Avec Emmanuel Jarry et Benoit Van Overstraeten à Paris, Tim Kelly et Maki Shiraki à Tokyo, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur et Jean-Michel Bélot)

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle