Renault et Nissan passent au module

Le groupe français commercialisera en 2014 l’Espace, son premier véhicule équipé d’une plateforme modulaire. Cette approche permet aux deux partenaires de réduire de 40% les frais de développement.

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Renault et Nissan passent au module

Il y avait ‘MQB’. Il faudra désormais compter sur ‘CMF’. Derrière ce sigle, qui signifie ‘Common Module Family’, se cache le futur de la conception automobile de l’Alliance Renault-Nissan. Comme le groupe Volkswagen avec le Modulare Querbaukasten (MQB, ou plateforme modulaire transversale), les deux partenaires utiliseront désormais des modules pour concevoir la plateforme de leurs véhicules.

Quatre ‘Big Modules’

"Le but de CMF est de standardiser ce que le client ne voit pas, pour lui offrir plus de diversité sur ce qui se voit", explique Jean-Michel Billig, directeur de l’ingénierie qualité, système et informatique. Sur un même segment, Renault et Nissan ont ainsi identifié des parties du véhicule qui pouvaient être communes entre différents modèles. Ces parties communes sont baptisées ‘Big Module’, il s’agit du compartiment moteur, du cockpit (de la planche de bord aux sièges avant) et des sous-caisses avant et arrière.
"Pour créer ces Big Module, nous avons regardé le poids, le couple, la largeur et la taille de pneus. Puis nous avons défini des côtes qui ne pourront plus être modifiées", détaille Marc Geissmann, directeur adjoint de la stratégie et plan plateformes.

Quatorze véhicules

Par exemple dans le segment C/D, les Renault Espace, Laguna et Scénic, mais aussi les Nissan Rogue, X-Trail et Qashqai partageront le même compartiment moteur. Au total, dans ce segment, onze voitures badgées Renault et trois Nissan disposeront de l’architecture CMF. "Avant CMF, Renault et Nissan partageaient 60% de pièces communes. Après CMF, le taux de commonalité grimpera à environ 80 %", souligne Jean-Michel Billig.

Un dernier Big Module sera créé autour de l’architecture électronique. Alors que le compartiment moteur ou les sous-caisses ne pourront être mutualisés qu’entre véhicules du même segment, le module architecture électronique pourrait être plus transversal et décliné sur une citadine polyvalente comme sur un véhicule de segment D.

Trois segments

Trois segments sont concernés par l’architecture modulaire. Dès l’année prochaine, CMF arrivera sur les compactes et les familiales. A partir de 2015, les citadines en bénéficieront, puis en 2016 les citadines polyvalentes et les sous-compactes. La gamme low-cost de Renault pourra également profiter de CMF. "Nous pourrions élargir cette architecture à Daimler, nous étudions cette solution, avoue Jean-Michel Billig. Mais pour le moment, nous n’avons pas de connaissance assez intime de leurs procédés de production".

Quarante pour cent d’économie

Avec les Big Modules, Renault et Nissan comptent diversifier leurs gammes à moindres coûts. "Les normes réglementaires sur la sécurité ou l’environnement engendrent des surcoûts de plusieurs centaines de millions d’euros, que nous ne pouvons pas répercuter sur les clients, précise Jean-Michel Billig. Nous allons totalement les absorber grâce à CMF et réduire de 30 à 40% les coûts d’ingénierie produits et process".

La réduction des coûts se retrouvera aussi au poste achats, avec une baisse estimée par Renault de 20 à 30%. "Nous allons en effet réduire la diversité des pièces commandées auprès des fournisseurs", déduit Marc Geissmann. Le nombre de fournisseurs pourrait de facto baisser lui aussi.

Une usine française

L’usine française de Douai (Nord) sera la première dans le Groupe Renault à industrialiser une plateforme modulaire, avec comme premier modèle produit le nouvel Espace, en 2014. A terme, les salariés assembleront sur la même ligne cinq véhicules différents, voire plus. Des véhicules Nissan pourront également être assemblés dans les usines Renault et inversement. La marque au losange a investi 420 millions d’euros à Douai pour accueillir cette nouvelle production. D’autres usines françaises devraient également accueillir ce type de plateforme avec autant d’investissements à prévoir.

Pauline Ducamp

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