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Renault enregistre sa première perte nette depuis 2009

Simon Chodorge , , ,

Publié le

2019, annus horribilis pour Renault. Le constructeur automobile a révélé le 14 février ses résultats financiers annuels. Pour la première fois depuis 2009, il enregistre une perte nette.

Renault enregistre sa première perte nette depuis 2009
Clotilde Delbos, directrice générale par intérim du groupe Renault, a révélé des résultats en baisse pour l'année 2019.
© Renault / Olivier MARTIN-GAMBIER

Renault bascule dans le rouge. Le constructeur automobile français a révélé vendredi 14 février ses résultats financiers après une année mouvementée. En chute libre, le résultat net du groupe passe de 3,3 milliards d’euros en 2018 à -141 millions d’euros en 2019. C’est la première fois depuis 2009 que l’entreprise affiche ainsi une perte nette.

Chiffre d’affaires en baisse

À 55,54 milliards d’euros, le chiffre d’affaires de Renault diminue de 3,3 %. La marge opérationnelle du groupe se contracte également : elle passe de 6,3 % à 4,8 % du chiffre d’affaires, à 2,67 milliards d’euros.

“En dépit d’un contexte perturbé, le groupe Renault a atteint ses objectifs, revus en octobre, avec une marge opérationnelle du Groupe de 4,8 % et un free cash-flow opérationnel de l’automobile positif [à 153 millions d’euros]”, nuance l’entreprise dans un communiqué.

Renault freiné par des partenariats contrariés

Comment Renault explique-t-il cette contre-performance ? Le constructeur constate un recul des ventes en Algérie, en Argentine et en Turquie. Il note aussi un effet négatif lié aux matières premières, “essentiellement en raison de prix plus élevés des métaux précieux et de l'acier”.

Surtout, les partenariats du groupe français ont été contrariés. “Les ventes aux partenaires sont en repli de -3,4 points”, révèle Renault qui mentionne la baisse de la production chez Nissan et Daimler et le déclin de la demande des moteurs diesel en Europe.

Nissan n’a contribué financièrement qu’à hauteur de 242 millions d’euros en 2019, contre 1,51 milliard en 2018. Une illustration éloquente de la crise de l’alliance Renault-Nissan à laquelle se sont ajoutées des tensions liées à l’affaire Carlos Ghosn, ex-patron des deux groupes évincé pour soupçons de malversations financières.

“La contribution des autres entreprises associées (-432 millions d’euros) a été fortement pénalisée par la contre-performance de nos joint-ventures chinoises ayant aussi entraîné des dépréciations de valeur”, ajoute Renault.

La marge opérationnelle devrait poursuivre son repli

Le constructeur reste prudent concernant ses prévisions. “La visibilité pour 2020 reste limitée par la volatilité attendue des marchés, notamment en Europe en raison de la réglementation [anti-pollution] CAFE et par les possibles impacts du coronavirus”, justifie Clotilde Delbos, directrice général par intérim du groupe. En raison de la crise sanitaire du Covid-19, Renault a effectivement suspendu la production de sa plus grosse usine en Asie, à Busan (Corée-du-Sud). Son site de Wuhan (Chine) est également à l’arrêt.

Renault dit viser un chiffre d’affaires “du même ordre qu’en 2019, à taux de change constants”. La marge opérationnelle devrait continuer à se replier : le groupe estime qu’elle sera située entre 3 % et 4% en 2020.

 

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