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L'Usine Auto

Renault de plus en plus Douai

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Enquête Le site nordiste sera le premier du groupe Renault à produire cinq modèles sur une?seule ligne. Une?prouesse qui nécessite 420?millions d’euros d’investissement et trois?ans de travaux.

Renault de plus en plus Douai © La transformation du site en usine monoflux est sur les rails.

Le vent glacial et les 10 °C du Douaisis sont oubliés, une fois franchie la porte du hall A16. Une douce chaleur règne dans l’atelier d’emboutissage où se mêlent des odeurs de peinture et d’acier. Entre deux?zones en chantier, une dizaine de presses forme 24?heures sur 24 des pièces de carrosserie à partir de bobines de tôles et d’éléments en plastique. Les trois?équipes qui se relaient ne sont pas près de remettre un pull.

"Le pôle plastique accueillera bientôt une nouvelle presse à injection avec une pression supérieure à 3 000?tonnes. C’est une première chez Renault", s’enthousiasme Jean-Philippe Daveau, chef de projet de l’usine 15 / 40. Les premières pièces pour le véhicule remplaçant l’Espace sortiront à l’automne, une seconde presse sera installée au cours des mois suivants. Renault a investi plusieurs millions d’euros dans l’atelier, une infime partie de l’enveloppe de 420?millions d’euros prévue, d’ici à 2016, à l’usine Georges-Besse de Douai (Nord).

D’ici à trois ans, Renault produira cinq?véhicules sur l’unique ligne d’assemblage. Avec plusieurs innovations technologiques inédites. À "l’embout", comme est surnommé l’atelier par les opérateurs de Douai, la dalle, qui doit accueillir le système d’emboutissage à chaud, est achevée. Quand la presse sera opérationnelle, la matière sera formée à 900 °C avant de refroidir dans la machine. Une?nouveauté à 6,5?millions d’euros !

Renault Douai

  • Nombre de salariés 4 600 (dont 600 actuellement en prêt sur d’autres sites)
  • Production 2012 139 000 véhicules
  • Objectif de production 2016 250 000?à 300 000  véhicules

"Aujourd’hui, 40% de l’activité d’emboutissage de Douai servent d’autres sites, comme Flins (Yvelines) pour la Zoé, et Sandouville (Seine-Maritime) pour le remplaçant du Trafic, explique Jean-Philippe Daveau. Demain, nous servirons aussi les usines qui accueilleront la nouvelle plate-forme 15 / 40 : Palencia en Espagne, et Bursa en Turquie." Le nom de code "15 / 40" explique ces investissements colossaux.

15 / 40 ? C’est la nouvelle plate-forme de l’alliance Renault-Nissan avec laquelle les deux?partenaires fabriqueront les modèles de moyenne et grande tailles. Les futurs Scénic, Laguna et Espace partageront le même train roulant et le même bas de caisse, avec 50% de pièces communes. L’usine Georges-Besse sera la première du groupe Renault à l’industrialiser : elle produit aujourd’hui les Scénic et Grand Scénic et la Mégane coupé cabriolet. La prochaine génération de ces modèles intégrera la plate-forme 15 / 40, comme les remplaçants de la Laguna et de l’Espace qui seront aussi montés à Douai.

Process de production global

Pour préparer l’arrivée d’une plate-forme globale, le site doit adopter des process de production globaux, inspirés des meilleures pratiques des usines les plus performantes de l’alliance. "Le site de Nissan Tochigi (Japon) produit six?voitures sur la même ligne. La direction de Douai s’en est inspirée pour mettre en place la sienne, qui accueillera jusqu’à sept?voitures dès l’année prochaine", souligne Jean-Philippe Daveau.

Le premier emprunt à ce partenariat est déjà concrétisé sur la ligne d’assemblage de Douai. Et comme c’est une pratique bien connue à l’usine de Nissan de Sunderland (Royaume-Uni), elle porte un nom anglais : le "picking-kitting". À une extrémité du bâtiment et au milieu de la chaîne en U, des opérateurs préparent les pièces pour chaque modèle. Puis, des chariots filoguidés conduisent les paniers de pièces à chaque opérateur.

Renault a voulu dissocier montage et choix des pièces pour que les opérateurs sur la ligne se concentrent sur l’assemblage. À la clé, plus de qualité et moins de perturbation lors du lancement de nouveaux modèles : si les pièces changent, les opérateurs s’attachent, eux, à l’assemblage. D’ici à 2016, l’usine industrialisera cinq?modèles inédits. En attendant, le nouveau système de production coexiste avec l’ancien.

À la tôlerie, où sont assemblées les différentes parties de la caisse, la ligne actuelle cohabite avec les premiers postes de la nouvelle ligne. À l’étage, dans l’atelier ferrage, des éléments du nouvel Espace, dissimulés sous des bâches, serviront à la mise au gabarit des lignes de transport. "Nous sommes en train d’adapter l’usine à ce qui correspond à une usine chargée, résume Franck?Naro, le nouveau directeur de Douai. Une?usine monoflux à cinq?modèles tourne à une vitesse plus élevée et offre une?activité plus régulière."

Le rythme attendu a été fixé à 60?véhicules par heure. Si les ventes d’un modèle ne sont pas bonnes, la perte sera compensée par la demande pour les autres modèles. Depuis des mois, l’usine de Douai subit la crise de plein fouet. Elle n’a produit que 139 000?véhicules l’année dernière. Franck?Naro estime que d’ici à 2016, la production pourrait grimper à 250 000 voire 300 000 unités.

Un modèle Nissan à venir ?

L’assemblage de cinq?modèles sur une seule ligne est un?impératif pour rendre compétitive une usine automobile. Chez Renault, les sites de Flins, Maubeuge (Nord) et Sandouville sont fondés sur ce modèle, mais Douai sera le seul à produire autant de modèles différents. "420?millions d’euros d’investissement à Douai, c’est une somme très significative, qui montre la confiance de Renault dans les usines françaises", souligne Franck?Naro. Son but : ajouter un sixième véhicule. "Un modèle Nissan est loin d’être impossible", avait déclaré Philippe?Descamps, l’ancien directeur.

Autre challenge : faire de Georges-Besse l’une des usines les plus compétitives du groupe. "Malgré l’accord de compétitivité signé en mars, Douai ne peut pas viser la première place à cause du coût du travail, relativise le directeur. Mais sur d’autres thèmes, comme la qualité et les délais de livraison, nous pouvons être très bien placés."?

Les premiers retours de l’accord compétitivité

Quelques centaines d’euros par voiture produite, c’est le gain estimé à l’usine Georges-Besse, suite à l’accord de compétitivité signé le 13?mars chez Renault. Les 4 600?salariés du site ont perdu huit?jours de RTT et chaque équipe travaille désormais 10?minutes de plus. "Nous les mettons à profit pour des réunions d’information", tient à préciser le directeur de l’usine Franck?Naro. L’accord comprend également un plan de départs volontaires pour les salariés de plus de 57?ans. Ils peuvent quitter l’entreprise tout en gardant un salaire équivalent à leur retraite pendant trois?ans. Environ 300 personnes profitent déjà du dispositif. "L’accord de compétitivité nous a permis d’ajuster plus vite notre personnel à nos besoins de production, un ajustement que nous aurions de toute façon dû réaliser", précise le directeur de l’usine. Douai a aussi détaché une partie de son personnel dans les usines de Batilly (Meurthe-et-Moselle) et de Flins (Yvelines). "Ces salariés participent à des lancements, comme celui de la Zoé. Leur expérience nous servira ensuite pour les nôtres", affirme Franck Naro. 

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