Renault convoque son conseil jeudi pour tourner la page Ghosn

par Laurence Frost et Gilles Guillaume
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Renault convoque son conseil jeudi pour tourner la page Ghosn
Renault a convoqué un conseil d'administration jeudi pour travailler à la succession de son PDG Carlos Ghosn, une initiative susceptible d'apaiser les tensions avec son partenaire Nissan deux mois après l'arrestation au Japon du patron de l'alliance, ont dit mardi des sources à Reuters. /Photo prise le 10 janvier 2019/REUTERS/Vincent Kessler

PARIS (Reuters) - Renault a convoqué un conseil d'administration jeudi pour travailler à la succession de son PDG Carlos Ghosn, une initiative susceptible d'apaiser les tensions avec son partenaire Nissan deux mois après l'arrestation au Japon du patron de l'alliance, ont dit mardi des sources à Reuters.

Le conseil d'administration, qui se réunira à partir de 10h00 (09h00 GMT), va réfléchir à la désignation de Jean-Dominique Senard, actuel président de Michelin, à la présidence et à la promotion de Thierry Bolloré, actuel directeur général adjoint, au poste de directeur général, selon trois sources.

Ces noms ont, comme attendu, été proposés par le comité des nominations du constructeur automobile français, ont dit les sources.

Renault a confirmé la tenue d'un conseil d'administration exceptionnel jeudi mais un porte-parole a refusé de s'exprimer sur l'ordre du jour ou sur l'avenir de Carlos Ghosn.

Avec cette initiative, le constructeur français va officiellement tourner la page de deux décennies qui auront vu Carlos Ghosn superviser le sauvetage de Nissan par Renault en 1999 puis porter cette alliance au sommet du secteur automobile mondial par les ventes.

Nissan a pour sa part évincé Carlos Ghosn trois jours seulement après son arrestation pour des soupçons de malversations financières. L'homme fort de la première alliance automobile mondiale a depuis été inculpé de trois chefs pour avoir minimisé sa rémunération pendant huit ans, pour un total de plus de 80 millions de dollars (70,5 millions d'euros), et transféré temporairement dans les comptes de Nissan des pertes personnelles.

VERS UNE ÉVOLUTION DE L'ALLIANCE?

Bien qu'il démente ces accusations, Carlos Ghosn a désormais accepté de démissionner de ses fonctions chez Renault, dont l'Etat français est le premier actionnaire, ont dit à Reuters trois sources proches du dossier. Il s'y est résolu à la suite du rejet par le tribunal de Tokyo d'une nouvelle demande de libération sous caution et de récentes déclarations du gouvernement français, qui a ouvertement plaidé en faveur de son remplacement à la lumière de la prolongation de sa détention.

A 64 ans, Carlos Ghosn risque désormais de rester en détention jusqu'à son éventuel procès au Japon.

Cette saga judiciaire a ébranlé l'alliance entre Renault et Nissan alors que le constructeur français est le premier actionnaire de son partenaire japonais avec 43,4% du capital tandis que ce dernier ne possède qu'une participation de 15% sans droit de vote chez son allié.

Une fois réglée la succession de Carlos Ghosn, les autorités françaises semblent vouloir travailler à la consolidation de l'alliance entre Renault et Nissan via une nouvelle structure. Carlos Ghosn était censé mener cette réflexion conformément au mandat qui lui avait été confié l'an dernier lors du renouvellement de son contrat à la tête du groupe au losange.

Ces projets suscitent toutefois la méfiance de Nissan. Hiroto Saikawa, directeur général du constructeur japonais, a déclaré la semaine dernière que l'évolution de la structure de l'alliance n'était "vraiment pas la priorité actuelle" malgré l'impatience de certains actionnaires face à la sous-valorisation de leur investissement.

Bruno Le Maire, le ministre français de l'Economie, a pour sa part déclaré dans une interview au Journal du Dimanche qu'un rééquilibrage actionnarial et une modification des participations croisées entre Renault et Nissan, un sujet toujours brûlant au sein de l'alliance franco-japonaise, "n'étai(en)t pas sur la table".

(Benoit Van Overstraeten et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot et Catherine Mallebay-Vacqueur)

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