Renault : Bruxelles se mêle du dossier de la Clio IV

Alors que le patron du constructeur automobile français, Carlos Ghosn, doit rencontrer le président de la Répubique, Nicolas Sarkozy, samedi 16 janvier, la polémique continue d’enfler dans le dossier de la fabrication de la Clio IV.

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(Actualisé à 14h)
Le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi a rappelé qu’en tant qu’actionnaire à 15%, l’Etat était fondé à demander à Renault de partager une stratégie industrielle avec l’Etat, laissant par ailleurs entendre que l’Etat pourrait accroître sa part dans le capital du constructeur. « C’est une question qui peut se poser », a –t-il expliqué. « Aujourd'hui, ce n'est pas prévu. Mais s'il faut le faire, on le fera », a affirmé de son côté le ministre du Budget, Eric Woerth.

Une position qui gêne quelque peu la Commission européenne. Par la voix de sa commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, elle note qu’il existe une « contradiction apparente » entre ces déclarations et celles faites en février 2009 lors de la mise en place du Pacte automobile français. L’Etat s’était alors engagé clairement à ne pas affecter la liberté des constructeurs bénéficiaires des aides de développer leurs activités au sein du marché intérieur européen. Or, selon elle, les propos de l’Etat laissent à penser qu’il exercerait une pression sur les constructeurs.

« La Commission s’assurera que cet engagement sera respecté »,a –t-elle précisé.La demande de la Commission européenne ne concerne pas seulement le cas particulier de la Clio IV. En effet, selon Jonathan Todd, porte-parole de la Commission, « l'inquiétude se base sur les propos de Christian Estrosi, qui a dit que lorsqu'une voiture est vendue en France, elle doit être fabriquée en France ». La Commission européenne a donc demandé des précisions à la France dans une lettre vendredi 15 janvier.

« C’est nous qui décidons d’inverser le cours des choses »

La réaction du ministre de l’Industrie à ces propos a été quasi-immédiate. « Ce que je dis à Neelie Kroes, c’est que les conditions que nous posons à Renault ne sont pas fondées par rapport aux aides que nous avons apportées dans la cadre du plan de relance, mais simplement au titre de l’actionnaire qu’est l’Etat », a-t-il expliqué. « On est actionnaire, on ne reste pas les bras ballants. C’est nous qui aujourd’hui décidons d’inverser le cours des choses », a-t-il ajouté.

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Il a rappelé que ce que l’Etat demandait à Renault n’était pas de fermer une chaîne de production dans l’usine turque de Bursa mais de veiller à ce que la Clio IV destinée à être vendue en France soit produite dans l’Hexagone.

Le ministre a reçu l’appui du secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Pierre Lellouche, qui s’est dit étonné de la réaction de la commissaire européenne. « Rien, dans les engagements souscrits, n'interdit à l'Etat actionnaire d'échanger avec la direction de Renault sur la stratégie de l'entreprise et de marquer son souhait de voir un véhicule destiné au marché européen produit dans l'Union européenne », a-t-il affirmé.

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