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L'Usine Auto

Renault accélère au Maroc avec un plan d’embauche de 1000 salariés supplémentaires dans l'usine de Tanger d'ici septembre

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Publié le

Pour suivre l’augmentation de la production de son site au Maroc, Renault passe à trois équipes par jour sur une des deux lignes de l’usine. Le groupe automobile embauchera et formera un millier de salariés additionnels d’ici à septembre pour passer à 7 000 employés. L'usine qui devrait assembler au moins 240 000 véhicules cette année sera alors proche en rythme annuel de sa capacité nominale.

Renault accélère au Maroc avec un plan d’embauche de 1000 salariés supplémentaires dans l'usine de Tanger d'ici septembre
L'usine renault de Tanger devrait atteindre un rythme de plus de 1 000 véhicules par jour à l'automne prochain.
© afp

Les chaînes tournent de plus en plus dans l’usine Renault de Tanger, déjà la plus grande du continent africain. Le groupe est, en effet, en train d'y mener le recrutement et la formation de 1 000 salariés supplémentaires.

Ce vaste plan d’embauche portera l’effectif total direct à 7 000 salariés d'ici à septembre contre 6 000 au printemps comme l'explique en exclusivité à L'Usine Nouvelle Paul Carvalho, (photo ci dessous) directeur de l'usine Renault Nissan de Tanger : "la montée en puissance du site se poursuit comme prévu et s'accélère même avec la reprise du marché européen en hausse régulière depuis plusieurs mois. Cela explique cette progression des effectifs".

L’Europe élargie reste en effet le principal débouché des véhicules assemblés à Tanger : l’utilitaire Dokker, le monospace Lodgy lancés dès 2012 et la gamme Sandero et Stepway introduite en 2013 avec l'ouverture d'une deuxième ligne. L'usine ouverte début 2012 dispose d'une capacité de 340 000 véhicules et en a produit 174 000 l'an dernier. Ses deux lignes affichent une capacité nominale de 30 véhicules par heure.

200 salariés recrutés par semaine

Concrètement d'ici à septembre, la ligne 2 vouée à la plate-forme Sandero, la plus dynamique au plan commercial, va passer à trois équipes par jour sur ce site qui tourne 6 jours par semaine. Le ligne 1 (Dokker, Lodgy) passant, elle, de 23 véhicules par heure (son rythme actuel) à 30 unités par heure.

La production du site approchera donc à l'automne les 1 100 véhicules par jour, soit sa capacité théorique.

Pour cela, depuis juin, les équipes RH de Renault Tanger Exploitation, la société qui gère le site, mènent la sélection et le recrutement de près de 200 salariés par semaine, la plupart étant intégrés en CDD.

"Il s’agit pour l’essentiel de profil opérateurs car pour les chefs d’équipes et managers nous privilégions la promotion interne", précise à L'Usine Nouvelle Paul Carvalho. Une part des embauchés pourrait à terme basculer en CDI mais tout dépendra du niveau d’activité au-delà de la fin d’année.

Ce plan de recrutement va, par ailleurs, contribuer à améliorer le taux de féminisation. Très bas, celui-ci devrait passer de 7% en 2013 à 15% en fin d'année.

Dans le cadre du plan d'embauche, tous les nouveaux salariés suivent une formation de deux à trois semaines à l'Institut de Formation aux Métiers de l'Industrie Automobile (IFMIA) qui jouxte l’usine et dont la gestion est assurée par Renault depuis 2012.

Ce plan ne s'accompagne pas d'investissements majeurs. Pour Paul Carlvaho, "les structures de production sont déjà là. Nous avons juste engagé quelques dépenses complémentaires dans l'extension de locaux sociaux, vestiaires, sanitaires, etc ", soit quelques millions d'euros.

meilleur amortissement des frais fixes

Pour le directeur de l'usine, au-delà de cette montée en cadence, plutôt réjouissante, ce qui importe c’est l’amélioration de la performance de cette usine encore jeune mais qui, sous sa houlette, a jusque là tenu toutes ses promesses.

"Nous avons été distingués cette année au sein de l'Alliance Renault Nissan. Nous avons reçu le prix de la meilleure progression en terme de qualité, coûts et délais de toutes les usines du groupe. Depuis 2014, nous sommes sur la trajectoire pour entrer, au plan  mondial, dans le top 10 de Renault Nissan en matière de performances globales. J’espère y parvenir en 2017".

240 000 véhicules au moins cette année

Ouverte en février 2012, l’usine marocaine de Renault, située précisément à Melloussa à 30 km de Tanger Ville a assemblé 174 245 véhicules en 2014. Elle est en marche pour atteindre 240 000 véhicules cette année. Sa capacité théorique est de 340 000 véhicules par an en deux équipes sur deux lignes à 30 véhicules par heure chacune. Mais en jouant sur les horaires, le site pourrait être poussé à 400 000 véhicules par an. Tanger figure dans la catégorie des usines Renault Nissan aux capacités les plus importantes avec, par exemple, Douai en France, Bursa en Turquie, Pitesti en Roumanie ou Chennai en Inde. Pour rappel en novembre dernier Renault en Algérie, a ouvert une usine de taille plus réduite que celle du Maroc (25 0000 unités par an au démarrage) à Oran, afin notamment d'avoir accès à l'important marché intérieur algérien protégé par des coûts élevés à l'importation.

 

Selon le patron du site, "il reste beaucoup d’efforts à fournir pour cela. En quelque sorte , nous ne sommes encore que les derniers de la première classe", indique Paul Carvalho.

La montée en cadence du site est, de ce côté, une bonne chose : en termes de coût, elle va permettre un meilleur amortissement des frais fixes pour cette usine qui a coûté 1,1 milliard d'euros.

Côté fournisseurs, la montée en puissance du site est aussi une bonne nouvelle. "Il y a de petits sujets de capacité avec certains de nos fournisseurs, mais rien de majeur. Ils suivent", nous explique Paul Carvalho.

Pour lui, l'annonce en juin de l'ouverture en 2019 d'une usine PSA Peugeot Citroën à Kenitra va d'ailleurs inciter les équipementiers et sous-traitants installés au Maroc a y ré-investir.

"L'arrivée de PSA est une bonne nouvelle pour le développement de la filière et sa profondeur dans le pays. Chacun y trouvera son compte. J'aurais jugé plus logique que ce deuxième constructeur s'installe à Tanger pour y conforter encore le pôle industriel automobile mais je comprends les enjeux d'aménagement du territoire pour l'Etat marocain."

En juin, PSA a annoncé le chiffre extrêmement ambitieux de 60% de taux d'intégration locale. Renault, de son côté a depuis deux ans de la peine à dépasser le niveau de 45% tout en visant lui aussi 60%. L'arrivée éventuelle de nouveaux fournisseurs attirés par la marque au lion serait donc également, un facteur positif pour le site marocain de Renault.

Quant à savoir enfin, si la Kwid, le nouveau véhicule à bas prix de Renault lancé en Inde fin mai sera fabriqué à Tanger pour Paul Carvalho la question reste entière. Pour servir l'Europe et l'Afrique, le projet peut potentiellement être attribué à une des usines Renault du pourtour méditerranéen : Espagne, Turquie, Roumanie ou Maroc donc.

"Cela dépendra avant tout de la demande pour ce nouveau véhicule sur les marchés que nous sommes susceptibles de servir. Si la question se pose, alors l'usine de Tanger a ses chances. C’est notamment pour l’accueil de futurs véhicules que nous nous battons tous les jours pour améliorer nos indicateurs. In fine, le choix du groupe dépendra du niveau de performance de l'usine."

Pierre-Olivier Rouaud

Grogne sur les salaires
A Renault Tanger, les négociations sociales en début d'année ont fait l'objet d'une grogne du syndicat principal représenté sur l'usine, l'UMT, la plus grande centrale du royaume. En cause notamment une forte attente sur l'évolution des salaires, alors que le SMIG marocain vient d'augmenter sur un an de 10% en deux étapes (à 2 570 dirhams par mois, soit 240 euros).
Ceci étant, "il n'y a pas eu de grève ou de débrayage. Et je rappelle que notre base de salaire va au delà du SMIG", note Paul Carvalho qui met en avant les avantages sociaux accordés en 2014 dont le principe d'un 13ème mois. Le 14 février dernier l'UMT et Renault Maroc ont finalement signé un accord social, dont tout le contenu n'a pas été dévoilé. Selon Paul Carvalho  les augmentations de salaires sur le site se chiffrent en moyenne autour de 4,5% cette année. Une donnée qui intègre sans doute différents paramètres (ancienneté, avancement etc.).

 

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1 commentaire

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23/10/2017 - 18h21 -

J'ai deux diplômes. Électromécanique des systèmes automatisés et réseau informatique et je cherche un emploi
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