Relocalisation et cms dopent les maChines de report

Le marché des machines de report est en croissance. Il attire de nouveaux acteurs dans l'Hexagone, où l'offre est déjà substantielle

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L'achat d'une machine de report de composants est stratégique pour une entreprise. Pour des raisons de coût, mais plus encore parce que la société qui s'en équipe va utiliser cette machine pendant une durée égale ou supérieure à cinq ans, alors même que les composants et les marchés des cartes électroniques évoluent très rapidement. Les sociétés qui investissent dans ce type de machines sont, d'une part, les gros industriels (Alcatel, Solectron, etc.) et, d'autre part, les sous-traitants, toutes industries confondues. Le marché est très diversifié: électronique, télécoms, électroménager, téléphonie -en pleine ébullution avec les radiotéléphones GSM et autres Bi-Bop - et, d'une manière moindre, informatique et domotique, bref, partout où l'on a besoin de fabriquer des cartes électroniques.

Déjà plus d'une douzaine de constructeurs en France

Cette demande explique l'explosion du marché mondial des machines de report. La société d'études Frost&Sullivan l'estimait à environ 1,2 milliard de dollars en 1994, en croissance de 19,7% par rapport à 1993. D'après elle, il devrait s'établir aux alentours de 1,5milliard en 1995, soit une progression de 18% en valeur, pour atteindre 2,6 milliards en 1999, avec une croissance annuelle de 18,5%. L'ensemble des constructeurs présents en France confirme la réalité de cette croissance sur un marché estimé à environ 500millions de francs. Mais tous préfèrent garder leurs chiffres secrets, car la concurrence se fait de plus en plus vive. Bien que le marché croisse, il y a en effet pléthore d'acteurs, plus d'une douzaine, avec des fortunes inégales. Deux sociétés émergent distinctement, Fuji (distribuée par Fenwick) et Siemens. Mais elles sont talonnées par la cohorte des autres (TDK, Panasonic, Universal, Zevatech, Abacus, Europlacer, etc.), tandis que, alléchés par les perspectives de croissance, de nouveaux acteurs, comme Philips ou Quad Systems, arrivent. Parallèlement, une nouvelle offre se développe, celle des machines d'entrée de gamme, beaucoup moins rapides mais surtout beaucoup moins chères. Toutes les entreprises n'ont pas forcément besoin d'investir plusieurs millions de francs dans un équipement alors qu'elles peuvent disposer de fonctionnalités comparables aux alentours de 500000francs. Complémentaire du développement des marchés de l'électronique, le phénomène relativement récent de relocalisation de la fabrication de certains produits intervient pour partie dans la croissance du marché français. La production des radiotéléphones en est un bon exemple. Ainsi, Dassault Automatismes et Télécommunications a rapatrié la production de ses Bi-Bop du Sud- Est asiatique en Bretagne, chez Erulec. Résultat, ce sous-traitant a investi dans une ligne d'insertion automatique sophistiquée capable de déposer des micro-composants 0402 (c'est-à-dire de 4centièmes de pouce sur 2centièmes de pouce, soit 1x0,5millimètre). Associé à une véritable prolifération de produits à base de cartes électroniques, ce phénomène attire les constructeurs de machines. Autre moteur de la croissance, l'évolution des technologies. Pour intégrer de plus en plus de fonctions dans des espaces toujours plus restreints, les constructeurs passent des composants classiques aux CMS (composants montés en surface). Tout le monde n'a pas encore adopté cette technologie: le taux de couverture ne serait à l'heure actuelle que de 40 ou 50%, ce qui laisse de la marge à la croissance. Grosso modo, il existe quatre types de machines. Dans le haut de gamme, les "chip shooters" travaillent à des cadences très élevées, jusqu'à 60000composants à l'heure en vitesse de pointe. Ce sont aussi les machines les plus chères: de l'ordre de 3millions de francs pour une machine nue. Les machines de milieu de gamme sont moins rapides (6000 à 12000composants à l'heure), mais aussi moins chères (aux alentours de 1,5-1,7million de francs). En bas de l'échelle, en termes de rapidité, viennent les "machines mixtes", beaucoup moins rapides (4000-5000composants à l'heure), avec des prix avoisinant le million de francs. Enfin, en entrée de gamme, on trouve des machines dont les prix tournent autour de 400000-500000francs. Elles s'adressent à des marchés de complément où rapidité et robustesse ne sont pas les critères de choix principaux. Jean-Pierre VERNAY

USINE NOUVELLE N°2495

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