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PME-ETI

Relations PME - grands groupes : les mauvaises pratiques ne sont pas celles que l’on croit

Frédéric Parisot , ,

Publié le

Etude Oubliés les débats autour des délais de paiement et du respect de la propriété intellectuelle. Si les fournisseurs trouvent à redire à propos de leurs donneurs d’ordres, c’est plutôt en ce qui concerne le financement des prototypes et le portage à l’international, ainsi que le révèle l’enquête menée par l’association Pacte-PME auprès de 1500 entreprises.

Relations PME - grands groupes : les mauvaises pratiques ne sont pas celles que l’on croit © D.R.

Avec son baromètre 2013, Pacte-PME veut en finir avec la vision manichéenne du "vilain grand groupe" qui paye mal, qui ne respecte pas ses engagements et qui s’approprie les innovations de ses fournisseurs. Pour cela l’association d’aide au développement de PME, qui se veut une "Fabrique d’ETI", a intérrogé près de 1500 entreprises sous le sceau de la confidentialité. Il en ressort que 68 % des fournisseurs se disent "satisfaits" voire "très satisfaits" des relations qu’ils entretiennent avec les grands groupes membres de l’association (au nombre de 54 parmi lesquels Alstom, EADS, Air Liquide, Danone, LVMH, MBDA…). Le moral est donc plutôt bon.

Curieusement, les aspects les plus positifs remontés par les PME sont ceux que cités d’ordinaire comme exemples de mauvaises pratiques. Les sujets sur lesquels les fournisseurs se disent les plus satisfaits sont le respect des engagements contractuels (86 % de satisfaits ou très satisfaits), le respect de la propriété intellectuelle (84 %) et le respect des délais de paiement (79 %). Les 54 grands groupes concernés par l’étude semblent donc en avoir fini avec le non respect de leurs sous-traitants.

Problème du portage à l’international

Seconde surprise - beaucoup moins bonne - de ce baromètre : les pratiques jugées insatisfaisantes par les PME sont celles que les grands groupes se plaisent généralement à mettre en avant. Au premier rang des points sur lesquels les donneurs d’ordres doivent s’améliorer se trouve la problématique du portage à l’international. 70 % des répondants se disent insatisfaits ou peu satisfaits des informations qui leur sont données sur les besoins et les opportunités de leurs clients à l’étranger. "C’est un problème organisationnel, analyse Emmanuel Leprince, le directeur général de l’association. Les grands groupes ne sont pas encore bien structurés pour cela : les patrons de PME ont des interlocuteurs, mais ces derniers n’ont pas toujours les contacts avec leurs collaborateurs qui travaillent dans les filiales à l’étranger."

Les fournisseurs se plaignent également de devoir trop souvent assumer seuls le financement des développements et expérimentations relatifs à un futur contrat (45 % seulement de satisfaits) et trop rares sont les grands groupes qui garantissent l’achat d’une première série de pièces si la PME consent à développer des prototypes.

Pacte-PME veille au respect de la charte

Avec ce baromètre, Pacte-PME a voulu mesurer le décalage entre les politiques affichées par les grands groupes et la réalité du terrain. Mais l’association ne veut pas se contenter de cet état des lieux. Elle a mis en place un comité paritaire, composé de trois directeurs achats et de trois patrons de PME. Aidés de Pierre Pelouzet, le médiateur des relations inter-entreprises, et de Jean-Lou Blachier, le médiateur des marchés publics, ce comité est chargé d’étudier de près les mesures réellement mises en place par les grands groupes.

Sur les 54 grands donneurs d’ordres que compte Pacte-PME, 28 ont reçu un avis positif de cette commission. Leurs noms seront dévoilés ce jeudi 23 mai par Fabrice Brégier, le Président de Pacte-PME, à l’occasion de son colloque annuel, en présence d'Arnaud Montebourg. Pour les autres, placés sous surveillance du comité paritaire, il s’agira de transformer les bonnes intentions en actes. Ainsi, plus que le garant d’une simple charte, Pacte-PME devient une entité capable de sanctionner ses membres les moins impliqués. "C’est grâce à ce nouveau mécanisme de contrôle que nous pourrons renforcer notablement les relations entre donneurs d’ordres et fournisseurs, et tendre vers un système de Small Business Act à l’américaine", assure Emmanuel Leprince.

Frédéric Parisot

Ci-dessous, le baromètre 2013 établi par Pacte-PME. Les notes sont le résultat d’une pondération des réponses (0 si insatisfait, 33 si peu satisfait, 66 si satisfait et 100 si très satisfait). C’est pourquoi l’ordre des points forts et points à améliorer diffère du classement basé sur les seuls pourcentages d’entreprises satisfaites.

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