« Relancer une raffinerie n’est pas un long fleuve tranquille »

Alors que les dépôts sont débloqués, que cinq raffineries ont voté la fin de la grève, le spectre de la pénurie semble s’éloigner. Mais redémarrer la machine prend du temps et le retour à la normale n’est pas pour demain.

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« Relancer une raffinerie n’est pas un long fleuve tranquille »

Le travail a repris dans cinq des douze raffineries françaises et le retour à la normale pour l'approvisionnement des stations-services en carburants est « progressif mais régulier », a assuré aujourd'hui le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Cependant le redémarrage de l’activité peut être encore longue.

« Une raffinerie c'est comme une immense bouilloire où l'on fait chauffer du pétrole brut pour le distiller. Donc il va falloir faire monter tout ça en température, il va falloir purger les circuits, remettre en route des échangeurs de température... », explique Jean-François Giannesini à Europe1. Cet expert pétrolier indépendant et ancien ingénieur en chef à l'Institut Français du Pétrole (IFP), précise qu’il faudra « plusieurs jours pour voir sortir les premières gouttes d'essence ou de gasoil et ensuite au moins une bonne semaine pour retrouver la capacité nominale de la raffinerie. » « La vie dans une raffinerie s'écoule assez lentement, ce sont un peu des dinosaures. On ne peut ni les arrêter, ni les redémarrer très vite », résume Pierre Marion, ingénieur en études économiques à l'Institut français du Pétrole-Energies nouvelles (IFP).


Temps de redémarrage aléatoire

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Ce point de vue est corroboré par Charles Foulard coordonnateur CGT pour le groupe Total. « Un démarrage nécessite entre 4 jours et un mois. Il y a de multiples problèmes (fluides, rupture métallurgique, bouchage…) qui risquent de se produire. ll est impossible de garantir la reprise en une semaine », explique-t-il. Et de conclure : « Même si ce n’est pas comparable à un grand arrêt de maintenance, où l’on arrête tout, redémarrer une raffinerie n’est pas un long fleuve tranquille. » A Donges, où la grève a été reconduite jusqu’à vendredi, « il y avait des problèmes techniques avant les grèves. Le « Fluid Catalytic Cracking » (voir encadré ci-dessous) était percé à son sommet. Il avait fait son temps Il faudra donc trois semaines de réparations. Mais de toute façon, en 72h, on relance la classe des produits (mélanges finaux et analyses avant la vente, NDLR) et les mettre sur les marchés », explique Christophe Hiou, ouvrier Total et secrétaire CGT à la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique).

Grève des dockers et approvisionnement


Les raffineries peuvent donc mélanger les produits qui sortent du raffinage et les rendre commercialisables. Mais pour relancer la production, il faut du brut. Et l'approvisionnement en fioul est toujours défaillant du fait de la grève dans les terminaux pétroliers. Le redémarrage des opérations de raffinage dépend du déblocage de la situation au port de Marseille (grèves contre la réforme portuaire) et celui du Havre (grèves contre la réforme des retraites). Pour Christophe Hiou, si quatre raffineries ont repris leur activité, « c’est parce que le mouvement repose aussi sur les dockers ». Les grévistes sont à bout. « Total a annoncé hier que les pertes de salaires représentaient 173 000 euros. La caisse de solidarité ne couvre que 15 ou 20% de ces pertes », ajoute-t-il. Sachant que « beaucoup ont des crédits à la consommation », ils cèdent.

Morgane Remy

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