Règles

La question n'est pas tant celle du degré de la régulation que celle de son efficacité.

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Règles
« Ce qui se passe à New York n'a pas encore éclaboussé le fin fond de l'Auvergne. » Ce mot, un rien bravache, d'un patron de PME interrogé pour notre enquête sur la marche de l'industrie française (page 20) pourrait bien s'avérer caduc. Jour après jour, la crise financière étend ses méfaits. Les icônes de Wall Street sont tombées. En Europe, voilà des institutions que l'on croyait solides plongées, elles aussi, en pleine tourmente, suscitant en Belgique, en Allemagne, demain en France peut-être, si l'on en croit Nicolas Sarkozy, l'intervention des Etats. Dans ce monde de défiance, le robinet du crédit va se trouver resserré. Mauvais point pour l'industrie.

Et maintenant ? La seule question qui vaille est celle que se posait Lénine: «Que faire ? » Il y a l'urgence d'abord. C'est-à-dire la réussite du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars d'Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor. Le Sénat se déchire, tant, dans les rangs républicains, est grande la détestation du «socialisme» qu'il y perçoit. «Plutôt mort que rouge.» Chaque jour passé a ajouté à la confusion, fait gonfler la note et prolongé l'incertitude.

Il y aura le temps de la réflexion, ensuite. On pourra se poser la question des responsabilités. Celle des financiers trop avides. Celle aussi d'Alan Greenspan, l'ex-patron de la Fed, qui trop longtemps laissa grand ouvert le robinet du crédit. Celle enfin des agences de notation et de leur cécité absolue. La faillite d'Enron entraîna la chute du cabinet d'audit Anderson. Il serait surprenant que la tourmente laisse ces agences indemnes.

Il y aura enfin le temps de l'action. On entend - surtout de ce côté de l'Atlantique - entonner le refrain du grand retour de l'Etat et de la régulation. Faut-il y croire? Sans doute pas. La question n'est d'ailleurs pas tant celle du degré de la régulation que celle de son efficacité. En un sens, les marchés de Wall Street étaient hyper régulés. La finance londonienne ne considérait-elle pas, il y a peu encore, la place de New York comme «polluée» car trop rigide ? Le financier américain Warren Buffet n'aime pas, dit-on, investir dans les affaires qu'il ne comprend pas. On aime à penser que les nouvelles règles auxquelles devra se plier la finance seront de celles que l'on peut appliquer. Facilement. Le bon sens. Celui de l'Auvergne.


Pierre-Olivier Rouaud,
rédacteur en chef délégué
«L'Usine Nouvelle»

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