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L'Usine Santé

[Réglementation] Une norme ISO sème la zizanie

Publié le

Une nouvelle norme va bientôt entrer en vigueur. Des produits contenant des ingrédients chimiques et polluants pourront légalement se revendiquer bio.

[Réglementation] Une norme ISO sème la zizanie
La norme ISO 16128 n’impose pas de pourcentage minimal de bio dans le produit fini.

ISO 16128 : trois lettres et cinq chiffres suffisent à déclencher l’ire des professionnels de la cosmétique bio. L’association Cosmebio, qui fédère 350 adhérents et 450 marques, en tête. « Il existe un risque avéré de greenwashing que cette nouvelle norme va légaliser fulmine Romain Ruth, le président de Cosmebio, label de référence de la cosmétique bio et naturelle en France. Des allégations “naturel” et “bio” pourront être légalement apposées sur des cosmétiques à haute concentration d’ingrédients synthétiques. » L’organisation internationale de normalisation, réunissant 165 pays, vient d’adopter un texte d’harmonisation tendant à définir les ingrédients « naturels » et les ingrédients « biologiques ». Cette norme 16128, qui doit entrer en vigueur à la fin de l’année, est censée permettre aux industriels du secteur de « parler le même langage » pour définir l’origine des produits qu’ils utilisent.

Surreprésentation de la cosmétique traditionnelle

Mais ce qui apparaît comme une bonne nouvelle pour les uns, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) notamment, est un désastre pour les autres. « Contrairement aux référentiels de certification privés, la norme ISO 16128 n’impose pas de pourcentage minimal de bio dans le produit fini. Elle tolère également la présence de composants controversés dans les formulations, comme le phénoxyéthanol, les parabènes, les silicones ou les dérivés d’animaux morts », s’indigne Cosmebio. « Il n’existe pas de liste noire très claire des produits qui doivent être exclus de la composition », regrette Romain Ruth. Concrètement, la crainte de Cosmebio est que les industriels de la cosmétique dite « conventionnelle » usent – et abusent – de cette norme ISO en affichant sur leurs produits « 95 % d’ingrédients naturels », alors même que ces ingrédients sujets à caution entreront dans sa composition.

Ce sont ces désaccords profonds qui ont poussé Cosmebio à quitter le groupe de travail de la délégation française Afnor en janvier?2017. Un groupe de travail qu’il avait pourtant rejoint moyennant une « cotisation importante » pour tenter de peser sur les critères de définition de cette norme ainsi que sur le vote final des 28 délégations nationales. « Les industriels de la cosmétique traditionnelle étaient surreprésentés dans ces délégations. Nous n’avions pas le poids suffisant », a regretté Romain Ruth. Cosmebio s’élève contre la Fédération des entreprises de la beauté (Febea), qui évoque dans un communiqué un « consensus » entre les parties : « C’est faux, nous nous sommes toujours opposés, s’insurge Romain Ruth. Mais un vote nous a départagés et la cosmétique traditionnelle était en position de force. » La délégation allemande – au sein de laquelle la cosmétique bio était bien représentée – a d’ailleurs voté contre cette norme ISO.

Le consommateur soucieux de consommer des produits d’origine biologique pourra continuer de se référer aux différents labels. « Cette norme n’a pas pour objectif de se prononcer sur les revendications des produits ni d’être un label. Elle n’a pas vocation à préciser les conditions dans lesquelles un produit peut être qualifié de naturel ou de biologique, ni même si des ingrédients seront autorisés ou interdits dans un produit naturel ou biologique », prend la peine de préciser la Febea. De son côté, Cosmebio a publié sur son site internet un guide pratique à l’usage des consommateurs pour reconnaître un vrai produit cosmétique bio. 

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