Réglementation antidumping : le patron de SAR, fabricant de chaussures, en appelle à François Loos

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Un vrai cor au pied pour les fabricants français de chaussures pour enfants (15 entreprises, 2500 emplois). L'Europe a décidé de mettre en place une réglementation antidumping pour les chaussures à dessus cuir en provenance de Chine et du Vietnam. Ces productions seront taxées sur le marché européen mais la mesure ne s'applique pas aux chaussures pour enfants. La raison ? Protéger le pouvoir d'achat des familles à revenus modestes. De quoi faire taper du pied, Jean-Pierre Renaudin, le patron du groupe girondin SAR, fabricant de chaussures pour enfants (Mod8, Aster, Baby Mousse), implanté à Blanquefort.

Dans un courrier daté de ce 4 juillet, adressé au ministre délégué à l'Industrie, François Loos, il s'interroge : « Au nom de quoi les emplois de nos entreprises devraient passer par " pertes et profits " dans le seul but de protéger le pouvoir d'achat des familles à revenus modestes alors qu'il y a entrave aux règles du commerce international ». Et de fustiger une Europe qui a « besoin de ces artifices pour assurer sa cohésion sociale » tout en rappelant que les salariés des entreprises de la chaussure « ont déjà payé un lourd tribu depuis dix ans à la mondialisation ». Des salariés qui « ne descendent pas dans la rue, écrit t-il, ne font pas grève, ne disposant d'aucun moyen de pression sur l'appareil politique ». Et d'expliquer au ministre, la marche de son groupe, « modeste » qui emploie en France 320 salariés et réalise un chiffre d'affaires de 40,5 millions d'euros, soumis à la concurrence des pays asiatiques (baisse depuis deux saisons des prix de marché de 5 et 10%).

Il y a cinq ans, comme d'autres fabricants, il a emprunté le chemin de la délocalisation. Direction le Maghreb et les pays de l'Est. Résultat : 30% seulement de la production se fait dans l'Hexagone. Cela ne devrait pas s'arrêter là. « Si rien ne se fait pour endiguer ce dumping des prix sur nos marchés, c'est l'ensemble du groupe qui basculera en Asie » prévient-il.

De son côté, la Fédération française de la chaussure, qui a encouragé le fabricant à alerter directement le ministre, n'est pas rester les deux pieds dans le même sabot. En avril 2005, elle a déposé plainte auprès de la commission européenne et le dossier a été retenu. En quelques mois, elle a mené un lobbying actif. Du coup, des contrôles ont été opérés par la commission européenne en Chine. Une règlementation provisoire a été lancée le 7 avril dernier, excluant malgré tout du champ, les chaussures pour enfants. Il n'empêche, Olivier Mugnier, délégué général de la Fédération française de la chaussure, garde espoir. « Le secteur chaussures pour enfants devrait être réintégré dans le règlement définit » assure-t-il. Validé cet été, il pourrait être appliqué dès cet automne.

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère

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