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REGIONSMONTPELLIERL'usine IBM se transforme en arc industrielPour valoriser son outil de production sous-utilisé, le constructeur accueille des entreprises extérieures.

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MONTPELLIER

L'usine IBM se transforme en arc industriel

Pour valoriser son outil de production sous-utilisé, le constructeur accueille des entreprises extérieures.

D' interminables couloirs déserts. Des salles blanches quasi vides où circulent quelques salariés en combinaison claire, le visage masqué par des carrés de tissu. Des ateliers de tests immenses, dont seulement un poste de travail sur cinq est occupé... L'usine IBM de Montpellier, spécialisée dans la production des grands systèmes pour le marché européen, ressemble à un vaisseau fantôme pris dans la tourmente. Les surcapacités, l'effondrement des prix mais aussi les progrès technologiques qui limitent le recours à la main-d'oeuvre affectent le site, laissant libres des centaines de mètres carrés. D'ici au mois de juin, des productions seront rapatriées aux Etats-Unis ... L'usine employait 2600 salariés en 1989. Ils seront 1 300 a la fin de l'année. Et la direction de l'établissement n'exclut pas la supression d'une centaine d'emplois en production l'an prochain. A Montpelleir où, depuis 1965, IBM est l'un des premiers contribualbles (120 millions de taxe professionnelle par an), mais aussi et surtout le premier employeur industriel, l'affaire fait grand bruit. D'autant que l'Hérault est l'un des départements français les plus touchés par le chômage: près de 17% de la population active y est à la recherche d'un emploi. "Depuis longtemps, la compagnie est un poids lourd sur la ville, et l'entreprise veut demeurer un acteur du développement économique local ", commente cependant Jean Postel adjoint de direction. Du coup, au début de septembre, IBM a entamé sa mutation. Le site a abandonné son nom pour devenir le parc industriel et technologique de la Pompignane. Cinquante hectares, 105000 mètres carrés construits, dont 80% de surfaces industrielles. Et près de 40000 mètres carrés vacants. Les "IBMers" se convertissent à l'immobilier. "Nous avons ouvert le site en proposant la location u la vente de surfaces de production ou de bureau, avec tout un ensemble de services", indique Daniel Duponnois, le responsable du parc industriel. Un choc culturel. La compagnie est d'abord allée chercher des partenaires pour développer vers l'extérieur des activités déjà présentes sur le site mais sous-utilisées. Tailleur Logisud a repris la logistique. Syselog Midi, les activités de reprographie, sous la houlette d'un acien cadre d'IBM. Logic-Line Operations a pris en charge l'ancien service transport de l'usine... Autre axe, la prospection d'activités industrielles et technologiques. ECI France, une entreprise d'origine californienne, vient d'annoncer sa décision d'installer une unité de production à Montpellier pour fabriquer des écrans de micro-ordinateurs destines au marché européen. Une opération qui suit de peu la décision de Pixel International, une entreprise aixoise spécialisée dans la production d'écrans plats, de faire de même Dans le meilleur des cas, ces deux nouvelles implantations devraient permettre de créer quelque 400 emplois en trois ans. Au totale, une dizaine de sociétés sont venues s'installer, attirées par les conditions avantatageuses proposées sur le parc, dont les équipements ont de quoi faire pâlir de jalousie n'importe quel entrepreneur. A chacune des entreprises qui reprend du personnel IBM, la compagnie accorde ses largesses: de 80 000 à 120000 francs par emploi, aides à la reconversion, subventions ou prêts bonifiés confondus. L'argument fait mouche, même si, pour Gilles Clarenson, le directeur du site, c'est surtout le dialogue d'industriel à industriel qui joue. "Le premier critère c'est la rapidité, ajoute Jean Postel; pour ECI, l'affaire a été réglée en sept semaines!" Mais cette rapidité, justement, crée aussi de l'inquiétude. "Pour être viable, l'industrialisation doit se faire sur le long terme explique le secrétaire CFDT du comité d'entreprise, et s'appuyer sur une ossature déjà existante; or ce que nous voyons c'est que la compagnie cherche des entreprises à toute vitesse pour occuper ses locaux." Certains y voient déjà un signe indiquant qu'IBM se retire sur la pointe des pieds.



USINE NOUVELLE - N°2453 -

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