Régionales: Abstention record, le RN en recul

PARIS (Reuters) - Les Français ont massivement boudé les urnes dimanche pour le premier tour des régionales et départementales, dernier rendez-vous électoral avant l'élection présidentielle de 2022 qui a globalement profité à la droite et aux sortants, selon les premières estimations.

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Régionales: Abstention record, le RN en recul
Les Français ont massivement boudé les urnes dimanche pour le premier tour des régionales et départementales. /Photo prise le 20 juin 2021/REUTERS/Christian Hartmann

Le taux d'abstention s'est établi autour de 68% d'après les instituts de sondage, du jamais vu depuis les premières élections régionales en 1986. Le précédent record de 50,09% datait du scrutin de 2010.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a jugé cette très faible participation "particulièrement préoccupante".

"Notre travail collectif doit être tourné vers la mobilisation des Français pour le second tour?", a-t-il écrit dans un message sur Twitter.

Pour le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella, invité sur TF1, "le gouvernement a gagné parce que ça fait plusieurs semaines qu'il cherche l'abstention massive".

Crédité de moins de 20% au niveau national, le parti d'extrême droite est en net recul par rapport à 2015, où il avait recueilli au total 27,7% des suffrages au premier tour, un record.

La droite (Les Républicains et divers droite) arrive largement en tête avec 27 à 29% des voix, contre 19% au RN, 16,5% à 17,6% au Parti socialiste, 12,5 à 13,2% à Europe-Ecologie Les Verts et 10,9% à 11,2% à La République en marche (LaRem), selon deux sondages des instituts Elabe et Ipsos-Sopra Steria.

"C'est un échec sans précédent pour LaRem, jamais un parti au pouvoir n'a eu un score aussi bas", a estimé le président LR Christian Jacob sur le plateau de TF1.

SCORE SERRÉ EN PACA

Au regard des premières projections, en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), la liste Rassemblement national (RN) conduite par Thierry Mariani et celle de LR menée par Renaud Muselier sont au coude-à-coude.

La liste RN est créditée de 33% et la liste LR de 30% par OpinionWay/CNews, mais Renaud Muselier est donné en tête avec 34% des voix contre 33% pour Thierry Mariani par Ifop/TF1/LCI.

En 2015, la candidate RN Marion Maréchal avait atteint le score de 40,5% dans cette même région au premier tour et les derniers sondages annonçaient un score plus élevé pour Thierry Mariani.

"Ce soir, je suis satisfait de ne voir a priori aucune région où le Rassemblement national est en tête", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur TF1.

A droite, les présidents conservateurs sortants des régions Hauts-de-France, Xavier Bertrand, Ile-de-France, Valérie Pécresse, et Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, comptent faire de leur réélection attendue un tremplin vers la présidence.

Selon les estimations, Xavier Bertrand peut aborder avec confiance le second tour avec un score évalué entre 39% et 44% des voix contre 28% à 24% pour le candidat RN Sébastien Chenu. La liste La République en marche serait quant à elle en deçà de la barre des 10% pour se qualifier pour le second tour.

"J'ai la conviction qu'une fois encore nous ferons rempart au Front national", a déclaré Xavier Bertrand, qui déposera lundi une liste identique à celle proposée ce dimanche.

En Auvergne-Rhône-Alpes, plusieurs instituts de sondage donnent au président sortant Laurent Wauquiez un score élevé de l'ordre de 45%.

En Nouvelle-Aquitaine, un sondage Ifop-Fiducial pour TF1 et LCI accorde 30,1% au président socialiste sortant Alain Rousset, devant la candidate RN Edwige Diaz et la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieussecq, à 13%.

S'ils n'ont quasiment aucune chance de ravir une région, La République en marche (LaRem) et ses alliés espèrent peser pour l'avenir, un an après la déroute des élections municipales.

Le Premier ministre Jean Castex a voté dans la matinée à Prades (Pyrénées-Orientales), la commune dont il a longtemps été le maire, tandis que le président Emmanuel Macron s'est déplacé au Touquet (Pas-de-Calais) pour glisser son bulletin dans l'urne vers 13h00.

Reportés de trois mois pour cause de pandémie de COVID-19, les scrutins des 20 et 27 juin doivent renouveler les instances exécutives des 13 régions métropolitaines actuellement détenues par la droite, le centre et le Parti socialiste.

(Elizabeth Pineau et Jean-Stéphane Brosse)

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