Régionales 2015 : Nord-Pas-de-Calais Picardie doit jouer ses atouts industriels

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La fusion des deux régions Nord-Pas de Calais et Picardie donne naissance au troisième territoire le plus peuplé de France, avec six millions d’habitants. Ce nouvel espace pourra afficher sa vitalité industrielle et ses huit pôles de compétitivité. Mais cette nouvelle région va cumuler les plus lourds handicaps avec un taux de chômage élevé, ainsi qu’un taux de pauvreté record, 18,1 % de la population.

La nouvelle région Nord-Pas-de-Calais Picardie conforte son poids dans l’industrie, et peut s’appuyer sur plusieurs secteurs forts, avec la plasturgie, la mécanique, la sidérurgie, l’aéronautique, l’automobile et l’agroalimentaire. L’industrie représente 285 200 emplois (hors secteurs de la construction, des transports et de la logistique) mais souffre d’une baisse régulière des effectifs, particulièrement depuis le début de la crise de 2008.

Les emplois industriels représentent 20,2 % du total des salariés selon l’Urssaf, au 31 décembre 2013. Si l’actuelle région Nord-Pas de Calais affiche un plus grand nombre d’emplois industriels qu’en Picardie, près de 190 000 contre un peu moins de 100 000, les rôles sont inversés pour la valeur ajoutée régionale : elle est, selon les données 2012 de l’Insee, de 14,6 % pour la première et 17,2 % pour la seconde. Particularités : ces deux taux sont nettement supérieurs à la moyenne nationale (12,5 %).

Plusieurs secteurs s’affirment comme des atouts pour la nouvelle région. Ainsi la plasturgie regroupe 650 établissements et 33 000 emplois. La sidérurgie du groupe ArcelorMittal se déploie dans le Nord à Dunkerque, Desvres et Mardyck, ainsi que dans l’Oise à Montataire, près de Creil.

La mécanique, irriguant un grand nombre d’industries et puissante référence dans l’actuelle Picardie (avec 47 % des emplois industriels picards), compte 3 200 entreprises et comptabilise un peu plus de 100 000 emplois. Dassault Aviation à Seclin (Nord), Dupuis mécanique à Annezin (Nord) et surtout Stelia Aerospace à Méaulte (Somme) tirent vers le haut un secteur aéronautique comptant une centaine d’entreprises et 6 400 emplois. C’est aussi à Méaulte qu’a été inaugurée en mai dernier la plateforme technologique IndustrieLab, avec 10 000 mètres carrés dédiés à la robotique industrielle, l’assemblage multimatériaux et aux matériaux composites.

La région peut compter sur huit pôles de compétitivité

Deux autres grands piliers vont se trouver renforcés avec la fusion des deux régions : l’agroalimentaire et l’automobile. Le premier, regroupant des références internationales comme Bonduelle, Roquette, Mac Cain, Tereos ou encore Nestlé emploie plus de 60 000 personnes. Ce pôle ambitionne de devenir leader dans les produits non alimentaires biosourcés. Le second pilier est l’automobile. Il dispose, essentiellement en Nord et Pas-de-Calais, de sept sites industriels produisant pour Renault, Peugeot Citroën, Toyota ainsi que d’un réseau de 280 sous-traitants, pour un total de 35 500 salariés.

Pour accompagner le développement de ces différents secteurs, la nouvelle région peut compter sur un ensemble de huit pôles de compétitivité. Deux d’entre eux sont, depuis leur création, déjà implantés sur les deux régions : I-TRANS, dédié aux transports terrestres durables, dont le ferroviaire, et UP-TEX, pour les textiles innovants. Les autres pôles pourront s’étendre sur un plus vaste territoire : Makitem (Matériaux, chimie, chimie verte), Aquimer (Produits aquatique), Nutrition-Santé-Longévité (maladies de civilisation, innovation nutritionnelle), Picom (Industries du commerce), TEAM2 (Technologies de recyclage, valorisation des déchets) et IAR (Industries et Agro-ressources).

Ces atouts, indéniables, sont toutefois à nuancer. En effet, la nouvelle région présente d’importants points de faiblesse. Outre les inégalités territoriales opposant très nettement la Somme, l’Aisne et le Pas-de-Calais, au Nord et à l’Oise, le nouveau territoire affiche un taux de chômage de 12,5 % contre 10,5 % en France métropolitaine. Le produit intérieur brut par habitant atteint 25 487 euros dans le Nord-Pas de Calais, juste un peu plus qu’en Picardie (23 751 euros) mais bien loin de la moyenne nationale (31 076 euros). Le taux de pauvreté concerne, selon l’Insee 2015, 18,1 % de la population, soit un peu plus d’un million d’habitants. C’est l’avant dernier plus mauvais résultat, juste au-dessous de la Corse, et tout de même 4 points de plus que la moyenne nationale. De même, le revenu fiscal est lui aussi faible : 22 547 euros contre 25 512 euros en moyenne nationale. Réduire la fracture sociale et territoriale sera indéniablement l’une des grandes priorités du nouvel exécutif régional.

Francis Dudzinski

Lille, logiquement capitale

Ultra-favorite, Lille a été choisie par le gouvernement pour devenir la nouvelle capitale de la région Nord-Pas de calais Picardie. En Picardie, les opposants à ce choix ont défendu la candidature d’Amiens, en vantant notamment sa position centrale. Un argument particulièrement avancé par les élus de l’Oise, peinant à accepter une capitale jugée excentrée. "L'enjeu pour moi n'est pas la capitale, mais le sort que l'on réserve à la Picardie" a commenté Claude Gewerc le pragmatique président PS de l’actuel conseil régional de Picardie. La métropole lilloise s’est imposée par sa taille et son carrefour de lignes TGV internationales. C’est la plus grande ville de la région avec ses 228 000 habitants au sein d’une communauté urbaine de plus d’un million d’habitants. Elle concentre 52 % des emplois du tertiaire supérieur de la grande région : 50 000 emplois contre 4 000 à Amiens. L’aire urbaine lilloise compte 60 000 entreprises générant plus de 380 000 emplois. Et ses universités et grandes écoles regroupent 110 000 étudiants, contre 44 000 sur le campus picard.

 

 

"Créer une dynamique" "Il faut un plan ambitieux de formation des jeunes et des chômeurs"

"Simplifier les procédures d’aides aux entreprises"


 

Mongi Zidi

Président de l’éditeur de logiciels Archimed et de la French Tech "Lille is French Tech".

Karine Charbonnier
Président de l’entreprise familiale de mécanique Beck Industries à Armentières (Nord).

Jean-Marc Barki
Directeur général de la PME Sealock, fabricant de colles industrielles.

 

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