Régionales 2015 : le Centre Val de Loire peut compter sur un tissu industriel diversifié

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Carrefour routier et ferroviaire, le Centre Val de Loire a longtemps servi de terre d'élection aux sous-traitants automobiles. Aujourd'hui, ils se sont diversifiés.

Présent au dernier salon Midest, comme 18 autres sous-traitants industriels réunis par Centreco, l'agence de développement économique de la région Centre, Dominique Gattefin, PDG de Gattefin SAS, dresse un constat souvent partagé : "Il y a dix ans, moins de 10 % des exposants du salon Midest venaient de l'étranger. Aujourd'hui, ils sont 40 %." Pour cet usineur de précision de Mehun-sur-Yèvre (Cher), le nouveau périmètre des régions n'est pas le seul levier qui fera gagner l'équipe de France de l'industrie. "Nous devons être plus unis. Et ça, ce n'est pas une question de carte géographique. Je prends ma part, je ne suis pas toujours très présent sur des actions collectives", admet Dominique Gattefin.

Gattefin appartient à un tissu assez dense de sous-traitants aux nombreuses compétences (mécanique de précision, mécatronique, électronique, tôlerie, chaudronnerie, élastomères, composites…). Avec 1 136 établissements et près de 25 000 salariés en 2014, selon Centreco, le Centre Val de Loire et ses départements a fait de la sous-traitance industrielle une spécialité, se hissant au troisième rang national par le nombre de salariés.

Proximité de Paris

"Nous occupons des premières places dans d'autres secteurs", signale Marie-Madeleine Mialot, vice-présidente (PS) de la Région, en charge de l'économie. Premier de la classe pour les médicaments, autour de Chartres et Dreux (Eure-et-Loir), deuxième pour les cosmétiques, de Chartres à Gien en passant par Orléans (Loiret), mais aussi, et c'est moins connu, deuxième pour les produits en caoutchouc. Michelin et Hutchinson (groupe Total) ont plusieurs usines sur le territoire. Et un sous-traitant efficace, Sacred, s'illustre depuis son usine de Saint-Lubin-des-Joncherets (Eure-et-Loir). Enfin, la région Centre figure dans le tableau d'honneur pour la plasturgie, la logistique, l’électronique, et s'affirme dans l'aéronautique.

"Nous sommes proches des grands bassins industriels de l'Île-de-France et de Nantes", explique Arnaud de Ponnat, président de Mecachrome, à Amboise (Indre-et-Loire), qui a réalisé des acquisitions à Toulouse, Nantes et près de Lille pour couvrir tout le territoire. Et les industriels de citer pêle-mêle d'autres atouts de la région : cinq autoroutes, le train Paris-Orléans et le TGV Paris-Tours, qui, en une heure, permettent de ne pas perdre une journée entière dans la capitale, des formations nombreuses, la proximité avec les pouvoirs publics et les autres industriels.

Plus de notoriété grâce au Val de Loire

"Finalement, le plus dur est de conserver nos recrues et d'en attirer d'autres", résume Dominique Gattefin, qui illustre une antienne entendue chez tous les industriels avides d'attirer des techniciens et ingénieurs, et surtout leurs conjoint(e)s. "La région Centre devrait mettre l'accent sur des actions de notoriété pour améliorer son attractivité", confiait à L'Usine Nouvelle Patrick Galloy, directeur du site ST Microelectronics de Tours. Même son de cloche chez Zodiac Aerospace à Issoudun (Indre).

Le président sortant, le socialiste François Bonneau sait bien que le "Centre" est un nom difficile à porter. Lui qui militait pour une fusion avec les Pays de la Loire est parvenu à faire inscrire dans la loi NOTre une nouvelle dénomination, Centre Val de Loire, parce que "tout converge vers le fleuve, y compris notre identité", répète-t-il. Et c'est vrai que vu de Hambourg, Milan, Seattle, et même de Villepinte, être sous-traitant industriel dans le Centre Val de Loire, c'est un peu moins vague que de l'être dans le Centre tout court.

Stéphane Frachet

Orléans conserve son rang

Statu quo ante pour le périmètre de la région, la capitale reste Orléans. Bien que deuxième agglomération (273 800 habitants) derrière celle de Tours (296 500 hab.), la préfecture du Loiret doit son rang à la première décentralisation. Dans les années 60, une guerre fratricide opposait le divers droite Jean Royer, maire de Tours, au gaulliste Michel Debré, qui brigua la députation dans la commune voisine d'Amboise. En vain. Le Premier ministre attribua sa défaite à la désunion et en voulut à Jean Royer. En 1964, le chef de gouvernement trancha en faveur d'Orléans.

Depuis, les élus de Tours contestent régulièrement ce leadership. En 2013, alors que le Centre penchait vers le Poitou-Charentes et le Limousin, le maire de Tours Serge Babary (LR) a redit qu'il ne serait pas ridicule que Tours devienne capitale régionale. Puis le rapprochement éventuel avec les Pays de la Loire a fait taire ces velléités, puisque personne ne conteste le statut de Nantes. Le dénouement décidé au plus haut niveau de l'Etat laisse comme un goût d'amertume aux Tourangeaux, qui gardent l'impression d'être les mal-aimés du pouvoir central. Les électeurs le font régulièrement savoir aux parachutés. Texte

 

 
"Le rapprochement avec les Pays de la Loire aurait été pertinent" "Le Centre rétrograde dans le classement des régions"

"Les informations circulent mieux"


 

Arnaud de Ponnat

Président de Mecachrome

Dominique Gattefin

PDG du mécanicien de précision Gattefin, à Mehun-sur-Yèvre (Cher).

Jérôme Valette

 Dirigeant de Sigrenea, start-up fabriquant des boîtiers connectés.

 

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