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Régionales 2015: Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées conjugue aéronautique, agroalimentaire, santé et tourisme

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La région née du rapprochement du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées affiche une très forte attractivité portée par le dynamisme de ses filières. Revers de la médaille : un taux de chômage parmi les plus élevés de France et de très fortes disparités entre ses territoires.

Deux chiffres clés : 72 724 kilomètres carrés et quelque 5 626 900 habitants. "Cette nouvelle région, issue du rapprochement de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, sera la deuxième en superficie, un territoire aussi vaste que l'Irlande, et plus peuplé que douze États de l'Union Européenne… ", souligne régulièrement Martin Malvy, président (PS) du conseil régional Midi-Pyrénées, qui ne se représente pas. La cinquième région française en population, la dixième à l'échelle européenne ! Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées est aussi l'une des régions les plus attractives de France : entre 2007 et 2012, sa population a augmenté en moyenne, selon l'Insee, de 51 100 habitants par an.

Et la tendance se maintient. Une dynamique due aux nouveaux arrivants, 40 400 de plus chaque année, soit le plus fort solde migratoire des treize nouvelles régions métropolitaines.

Une attractivité boostée en Midi-Pyrénées par l'aéronautique et le spatial, et en Languedoc-Roussillon par un secteur touristique de premier plan. "On a le ciel, la montagne et la mer !", s'est enthousiasmé Pascal Mailhos, préfet de la région Midi-Pyrénées, au lendemain de sa nomination comme préfet préfigurateur de la nouvelle région, en avril 2015. Revers de la médaille, un taux de chômage parmi les plus élevés de France, à 12,1 %.

Reste à valoriser les atouts sur un territoire comptant treize départements, avec de fortes inégalités. Le développement économique est principalement centralisé sur l'aire toulousaine en Midi-Pyrénées et sur le littoral en Languedoc-Roussillon.

"Il faut favoriser un nouvel axe Toulouse-Narbonne-Béziers"

Côté aéronautique, le pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui associe Midi-Pyrénées et Aquitaine, a déjà pris acte de la nouvelle donne : il s'apprête à s'élargir au Poitou-Charentes et au Languedoc-Roussillon. Mais de quels moyens disposera-t-il pour animer la filière sur un territoire aussi vaste ? "Nous devons réfléchir à un nouveau modèle économique", a expliqué Agnès Paillard, présidente du pôle, à l'occasion de l'assemblée générale d'Aerospace Valley, en octobre dernier. De son côté, Laurent Boissonade, président du Medef Languedoc-Roussillon, en appelle à la politique régionale pour rééquilibrer les territoires. "L'aéronautique a contribué à dynamiser en étoile autour de Toulouse des territoires bien au-delà de la Haute-Garonne. Il faut maintenant favoriser un nouvel axe Toulouse-Narbonne-Béziers", assure-t-il.

Deux autres pôles de compétitivité ont déjà compétences sur Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon : le pôle Eau, dont le siège est à Montpellier et le pôle Développement des énergies renouvelables dans le bâtiment et l'industrie, basé à Perpignan. Côté énergies renouvelables, la nouvelle région a des atouts et de vraies complémentarités. Bien placée dans le photovoltaïque, elle additionne aussi les particularités de chacun : Midi-Pyrénées est en tête des régions françaises pour le nombre de centrales hydrauliques, tandis qu'en Languedoc-Roussillon, l'éolien est en pointe. D'autres compétences dans les énergies renouvelables: méthanisation, hydrogène, pile à combustible, etc. Autant de cartes à jouer !

Les deux clusters du numérique travaillent ensemble

La nouvelle entité est aussi une grande région agricole : viticulture et fruits et légumes tiennent une place prépondérante en Languedoc-Roussillon, tandis que l’élevage et les grandes cultures sont plus développés en Midi-Pyrénées. Ensemble, les deux régions se positionnent comme le premier bassin viticole français. Toutefois, il reste beaucoup à faire pour rapprocher les acteurs des deux territoires. Le pôle Agri Sud-Ouest Innovation, à Toulouse, a clairement préféré se tourner vers l'Aquitaine, et les coopérations avec le pôle languedocien Qualimed sont à peine engagées.

Dans le numérique, les deux clusters, DigitalPlace et FrenchSouth Digital, travaillent déjà main dans la main et se félicitent d'une nouvelle région qui compte deux métropoles labellisées French Tech. Dans la santé, autre secteur de pointe, les choses semblent moins simples. Difficile de surmonter les rivalités entre Toulouse et Montpellier. Dernière illustration en date, la compétition pour remporter l'implantation d'un centre de protonthérapie. En installant le siège de l’Agence régionale de santé (ARS) à Montpellier, l'Etat semble toutefois avoir en partie tranché, en donnant un signal fort : la santé, c'est Montpellier.

Quant au choix du nom de la future entité régionale, il reste un sujet délicat. Trait d'union entre les territoires, il suscite les passions. Languedoc, Pyrénées, Occitanie, Sud de France… Il devra à la fois fédérer localement et avoir du sens à l'échelle nationale, voire internationale. Le débat est loin d'être clos.

Marina Angel

Toulouse, ville de l'aéronautique et du spatial

Principal centre européen de l'aéronautique et du spatial, la métropole toulousaine s'est imposée très vite comme la capitale de la région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, malgré quelques mouvements de résistance du côté de Montpellier. Son poids est prédominant au cœur de cette nouvelle région : l’aire urbaine de la Ville rose totalise 1,27 million d'habitants (la troisième de France, hors agglomération parisienne), soit plus du double que celle de Montpellier (570 000 habitants), et concentre 28 des 50 plus grands établissements d'employeurs privés de la future grande région. L'agglomération toulousaine accueille le siège social d'Airbus et plusieurs sites d'assemblage de l'avionneur européen, mais aussi un site majeur du Centre national d’études spatiales (Cnes), les deux constructeurs européens de satellites, Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space, et un grand nombre d'équipementiers, fournisseurs et sous-traitants. La zone d'emplois de Toulouse concentre à elle seule 30 % des emplois productifs de la nouvelle région. Une dynamique qui a eu un effet d'entraînement certain, mais qui risque aussi parfois de creuser l'écart, notamment avec les territoires ruraux plus éloignés.

 

"Nous devrions gagner en visibilité" "L'occasion de regarder de l'autre côté des Pyrénées"

"Deux métropoles French Tech, c'est un atout fantastique"

 


 

Régis Serres


Président du groupe coopératif Arterris.

Philippe Parsoire


Président de Freyssinet Aero Equipment, PME de l’aéronautique

Emmanuel Mouton

Président de Synox Group, PME toulousaine du numérique.

Cliquez sur un portrait pour découvrir le témoignage 


 

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