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Régionales 2015: L’industrie bretonne en pleine mutation

Publié le

L'agroalimentaire se remet à peine d'une période très difficile marquée par des fermetures d'usines alors que le secteur automobile a perdu de sa superbe. La filière algues et les énergies marines renouvelables sont au centre de tous les espoirs de reprise.

Les chiffres sont sans appel. La filière agroalimentaire a vu disparaître plus de 2 000 emplois au cours des quatre années écoulées. Les fermetures des usines Gad, Doux et Marine Harvest sont encore dans toutes les mémoires. Mais ce secteur clé de l'économie bretonne, qui emploie plus de 60 000 salariés, redresse la tête. Des recrutements importants se profilent notamment au sein du groupe laitier Even qui annonce "plus d'une centaine d'embauches par an", indique Christian Couilleau son directeur général. Quant au chinois Synutra, il achève la construction d'une vaste tour de séchage à Carhaix (Finistère) dans laquelle auront été investis plus de 100 millions d'euros pour la production de lait en poudre destiné exclusivement aux bébés chinois. A la clé, la création de 150 emplois.

La filière porcine reste fragile, "compte tenu notamment de la concurrence des Espagnols et des Allemands, ainsi que de la poursuite de l'embargo russe sur les produits alimentaires", se désole Michel Boulaire, le PDG du groupe d'abattage et de transformation porcine Jean Floc'h. Il investit actuellement près de 9 millions d'euros dans l'extension de sa conserverie de pâtés pour des productions à plus forte valeur ajoutée.

S'engager dans de réelles innovations alimentaires

La faiblesse agroalimentaire bretonne est désormais bien connue. Les entreprises ont privilégié les fabrications de première transformation à très fort volume mais dégageant peu de valeur ajoutée. D'où l'importance du pôle de compétitivité Valorial qui incite les entreprises à s'engager dans de réelles innovations alimentaires comme a pu le faire la laiterie Triballat-Noyal (Noyal-sur-Vilaine, Ille-et-Vilaine), désormais leader en France des produits laitiers à base de soja avec sa marque Soja Sun.

Si les biotechnologies marines en sont encore à leurs balbutiements, les 2 200 kilomètres de côtes qui entourent la Bretagne offrent des perspectives d'autant plus positives que de nombreuses start-up s'intéressent à ce secteur. C'est le cas d'Hémarina à Morlaix (Finistère) qui crée un substitut du sang à partir de vers marins. Dans un secteur moins technologique mais tout aussi prometteur, le groupe de cosmétologie Batteur achève, moyennant 12 millions d'euros, la construction d'une nouvelle usine de fabrication de produits de soins pour le corps à base d'algues marines à Plouédern dans le Finistère. De son côté, legroupe Olmix (Bréhan, Morbihan) vient de créer la Breizh Algae School pour sensibiliser entreprises et étudiants aux vertus des algues. 

LES DIFFICULTES DE L'AUTOMOBILE

Si l'industrie automobile a longtemps été un fleuron industriel en Bretagne, les difficultés de l'usine PSA de Rennes La Janais (Ille-et-Vilaine) pèsent sur la filière. Elle a encore perdu 1 400 salariés l'an passé et se contente désormais d'à peine 3 500 collaborateurs. L'équipementier Cooper Standard, spécialisé dans les pièces en caoutchouc, en subit les conséquences. Il vient d'annoncer la suppression de 64 emplois sur le site de Rennes-Barre Thomas et le transfert à Vitré de 274 salariés.

Compte tenu de son taux de chômage encore inférieur d'un point à celui de la moyenne nationale, la Bretagne dispose du ressort nécessaire pour rebondir. Elle mise une partie de son retour à la croissance sur les énergies marines renouvelables avec un premier succès, celui de la mise sous tension de l'hydrolienne de la société quimpéroise Sabella. Installée sous l'eau dans le Fromveur, une zone maritime à très forts courants, elle commence à produire de l'électricité pour l'île d'Ouessant. "Nous sommes actuellement à 50 kilowatts et nous passerons progressivement à 100 kilowatts", indique Jean-François Daviau, le PDG de Sabella soutenue depuis son démarrage par le pôle de compétitivité Mer Bretagne Atlantique.

Stanislas du Guerny

Rennes change de dimension

Les frontières de la Bretagne n'ont pas bougé puisqu'elle ne s'est pas mariée avec sa voisine des Pays de la Loire et n'a pas non plus intégré dans son périmètre le département de la Loire-Atlantique. Rennes reste donc sa capitale régionale. Forte de 420 000 habitants, l'agglomération rennaise « change de dimension », aime à répéter Emmanuel Couet, le président de Rennes métropole. La collectivité est effectivement en chantier. Elle a démarré la construction de la seconde ligne de métro qui sera mise en service en 2020 moyennant un investissement d'un milliard d'euros. Cette ligne permettra d'irriguer la gare, mais également les vastes espaces de la technopole Atalante et le quartier d'affaires La Courouze. La nouvelle ZAC Eurorennes qui jouxte la gare ferroviaire également en travaux, va accueillir sur ses 58 hectares des logements mais également plus de 10 000 mètres carrés de surfaces de bureaux. Deux premiers immeubles sont en cours de construction. Enfin, Rennes achève la réalisation d'un centre de congrès de cœur de ville.

"Le conseil régional m'a suivi dès la préparation de ma thèse" "La région est un relais de premier plan"

"J'attends une stratégie dynamique"

 


 

Nicolas Kerbellec

Président de la start-up Olnica à Chantepie (Ille-et-Vilaine).

Jean-Guy Le Floch

Président du groupe textile Armor Lux à Quimper (Finistère).

Jean-Luc Bizien-Jaglin

PDG de l’entreprise de logistique Logical de Pleugueneuc (Ille-et-Vilaine).


Cliquez sur un portrait pour découvrir le témoignage 

 

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1 commentaire

Nom profil

26/11/2015 - 19h30 -

Il n'y a que des hommes qui sont interviewés... N'y a-t-il absolument aucune femme dans l'industrie en France ? Ou les désélectionnez-vous exprès ?
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