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Régionales 2015 : L’Auvergne Rhône-Alpes renforce son potentiel industriel

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Publié le

Auvergne et Rhône-Alpes ont un passé et des atouts industriels comparables. Et complémentaires. Le rapprochement des deux régions pourrait enclencher de nouvelles synergies.

La chaîne des Puys et les landes du plateau de l’Aubrac ne doivent pas masquer les visages industriels de l’Auvergne. Les usines auvergnates dégagent proportionnellement plus de valeur ajoutée que leurs homologues rhônalpines : 18,5 % contre 18,3 % selon l’Insee. Avec 490 000 emplois industriels, Auvergne Rhône-Alpes figure au premier rang des régions françaises, mais reste un "poids intermédiaire" en Europe derrière les grands pôles de Rhénanie du Nord Westphalie, de Bavière, du Bade Wurtemberg, de la Lombardie, qui comptent deux à trois fois plus d’emplois industriels que leur alter ego français.

L’écart avec les principales régions allemandes s’est même accentué ces quinze dernières années. Alors que l’emploi industriel a baissé de 15 % en Auvergne Rhône-Alpes, il n’a reculé que de 6 % en Haute Bavière et de 5,1 % dans le Bade-Wurtemberg. "Aujourd’hui, l’industrie régionale représente 1,2 % de l’emploi industriel européen et 1,4 % de la valeur ajoutée, notent les experts de Lyon Place Financière & Tertiaire qui ont étudié les chiffres clés de la nouvelle région. Une productivité au-dessus de la moyenne européenne mais qui reste inférieure à celle de sept autres régions d’Europe, dont quatre allemandes."

Huit secteurs clés

Pour eux, Auvergne Rhône-Alpes réunit deux régions aux caractéristiques industrielles fortes, un panel d’activités large et équilibré couvrant de nombreuses filières, une démographie d’entreprises diversifiée avec de grands groupes et un ensemble performant de PME et ETI, plus nombreuses qu’au niveau national.

La tradition industrielle de la région est ancienne. Elle est enracinée dans des secteurs comme le textile, la chimie, l’armement, le caoutchouc, l’énergie hydroélectrique, et dans des bassins spécialisés tels que la vallée de l’Arve (Haute-Savoie) pour le décolletage, la coutellerie à Thiers (Puy-de-Dôme), la plasturgie à Oyonnax (Ain) et à Sainte-Sigolène (Haute-Loire).

Selon l’Insee, huit grands secteurs d’activités structurent le tissu régional. En premier lieu, la fabrication de produits métalliques, en particulier à Saint-Etienne, à Roanne et aux Ancizes-Comps (Allier), puis l’industrie du caoutchouc et des plastiques avec quelque 11 000 emplois chez Michelin à Clermont-Ferrand et Roanne et plusieurs centaines chez Goodyear Dunlop à Montluçon. "La fusion régionale n’a évidemment pas d’incidence majeure pour Michelin, indique Gérard Duhesme, directeur des sites clermontois de l’équipementier. Par contre, elle aura certainement des conséquences sur le développement territorial local."

Portée par les groupes grenoblois STMicroelectronics et Schneider Electric, la fabrication de produits électriques et électroniques figure au troisième rang avec d’autres acteurs majeurs comme EFI Automotive à Beynost (Ain), Somfy à Cluses (Haute-Savoie), Thales et Crouzet Automatismes à Valence (Drôme), Sagem à Montluçon. Aussi diversifiée et répartie sur le territoire est la fabrication de machines et équipements avec des leaders mondiaux comme Montabert dans l’agglomération lyonnaise (Rhône), Caterpillar et ECM Technologies dans la région grenobloise (Isère), Markem-Imaje près de Valence (Drôme).

Reconversion réussie d'un pan de l'industrie textile

Rhône-Alpes reste aussi un des fiefs de l’industrie chimique dans la vallée du Rhône, à Pont-de-Claix (Isère) et près de Saint-Etienne (Loire) avec SNF, leader mondial des floculants pour le traitement de l’eau. Un pan de l’industrie textile a réussi sa reconversion dans les tissus techniques et de luxe, notamment dans les produits de contention dans le bassin stéphanois. Autre pilier régional : l’industrie pharmaceutique dominée par des groupes comme Sanofi, BioMérieux, Boiron, Mylan, Bayer, Merck Sharp & Dohme et régénérée par nombre de start-up, de biotechs à Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble.

A noter l’émergence dans ce palmarès de l’industrie aéronautique qui regroupe 30 000 emplois, 350 sociétés pour un chiffre d’affaires total de 3,3 milliards d’euros en Rhône-Alpes et en Auvergne avec des fabricants et équipementiers comme Michelin (pneu d’avion), Constellium, Aubert & Duval, Safran, Issoire Aviation (avion composite), Auvergne Aéronautique (pièces et sous-ensembles mécaniques). Cette filière devrait bénéficier de la dynamique des deux clusters spécialisés qui font aujourd’hui cockpit commun. D’autres rapprochements sont en cours entre clusters et pôles de compétitivité, nombreux dans le périmètre régional. Les grandes manœuvres ne font que commencer avec le renfort d’acteurs de poids.

Vincent Charbonnier

Lyon, une capitale régionale incontestée

Nul ne dispute à Lyon son titre de capitale régionale. Tant la métropole s’impose sans conteste au plan démographique et économique. Elle génère un tiers de son PIB, concentre avec plus de 2 200 000 habitants près du tiers de la population de la nouvelle région, et un quart des emplois. 4 000 emplois supplémentaires ont été créés chaque année entre 2008 et 2012 dans l’aire métropolitaine en particulier dans le secteur de l’information et de la communication confortant la montée en puissance de la French Tech lyonnaise. La création du Biodistrict de Gerland et la revitalisation verte de la vallée de la chimie prouvent que l’industrie a encore un avenir à Lyon malgré les restructurations engagées par certains groupes comme Renault Trucks et Areva et certaines faillites industrielles retentissantes comme celle de Cenntro Motors (ancienne usine de lave-linge de FagorBrandt). Lyon doit se garder néanmoins de tout hégémonisme, de reproduire une forme de centralisme jacobin à l’échelle régionale, pour ne pas accentuer certaines fractures territoriales.
 

 

 

"Embarquer l’ensemble des collectivités sur des ambitions partagées" "L’idéal serait d’éliminer un des niveaux du millefeuille territorial"

"Avoir des réponses rapides des interlocuteurs régionaux"

 


 

Bernard Reybier

PDG de Fermob, fabricant de mobilier en métal à Saint-Didier-sur-Chalaronne (Ain).

Eric Bouillet

PDG d’Aspide Médical, fabricant d’implants chirurgicaux à La Talaudière (Loire).

François Sede

Cofondateur de la start-up Yurplan, plate-forme de données événementielles, à Lyon (Rhône).

Cliquez sur un portrait pour découvrir le témoignage 

 

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