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Réformer à fond de train

Cécile Maillard , ,

Publié le

Pour réformer, faut-il prendre le temps de faire accepter les changements, quitte à renoncer à certains, ou foncer, en espérant que les oppositions n’auront pas le temps de ralentir l’action ? Sur la réforme du droit du travail, les représentants du patronat et des salariés ont été longuement consultés. Certains estiment avoir été écoutés, d’autres non. Mais cette méthode a permis au gouvernement de limiter l’opposition à la seule CGT. Même méthode pour la future réforme de la formation et de l’assurance chômage. Jusqu’ici, la CFDT s’est tenue à carreau, en ne participant ni aux manifestations contre les ordonnances Pénicaud, ni à celle du 22 mars pour la défense du service public. Mais elle a radicalement changé d’attitude sur le dossier SNCF. Sa branche cheminots, très remontée, appelle à la grève, et Laurent Berger, dans une indiscrétion à la presse, dit en avoir marre qu’on « lui marche sur la gueule ». Que s’est-il passé ? Le rapport Spinetta a agi comme un chiffon rouge : les cheminots ne croient pas en la concertation engagée par la ministre des Transports. Même prudence des syndicats de fonctionnaires face à la réforme annoncée de la fonction publique. Ils mobilisent avant même le début des concertations, le 9 avril. Maître des horloges pour ses premières réformes, le gouvernement peinerait-il désormais à imposer son timing ? à ceci s’ajoute une tentative de sursaut de la CGT qui, en ces mois de commémoration de Mai 68, rêve d’une « convergence des luttes ». Animal blessé par son échec de l’automne 2017, la centrale essaie de mobiliser partout en même temps, dans l’énergie, les déchets, la fonction publique, à la SNCF. Les étudiants, mobilisés contre la réforme de l’accès à l’Université, s’intéressent peu à la lutte des cheminots, les personnels des Ehpad luttent pour leurs conditions de travail, les salariés d’Air France pour leurs salaires. La « convergence », quand elle existe, se limite à quelques mètres de pavés battus ensemble. Face à la grogne, le gouvernement ralentit le train des réformes. L’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire ne se fera finalement pas par ordonnance, mais par la loi, avec un débat au parlement, les concertations seront plus poussées, promet-il, pour réformer la fonction publique. La remise à plat des retraites, elle, est repoussée de mois en mois. Une autre option s’offrait à l’exécutif : réformer le statut des cheminots. Modifier à l’intérieur du cadre, plutôt que casser le cadre. C’est la méthode retenue par le gouvernement pour assouplir le contrat de travail. Officiellement, la réforme du droit du travail n’a pas touché au CDI. En réalité, elle en a largement modifié le contenu. 

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