Réforme territoriale : La France a besoin de vraies régions

Le gouvernement prévoit de réduire le nombre de régions à quatorze sur le territoire métropolitain. Les territoires auraient tout à gagner à ce qu’elles soient enfin dotées de compétences étendues et d’une nécessaire autonomie financière.

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Réforme territoriale : La France a besoin de vraies régions

La réorganisation territoriale préparée par le gouvernement donnera-t-elle enfin naissance à de vraies régions ? Rien n’est moins sûr. Il y a déjà eu trois occasions manquées ! La première, en 1969, quand les électeurs français avaient choisi de congédier Charles de Gaulle. Plutôt que d’approuver l’émergence d’un pouvoir régional, accompagné d’une réforme du Sénat, ceux-ci avaient choisi de se séparer du Général, qui avait mis sa démission dans la balance.

Inscrite, enfin, dans le paysage institutionnel en 1982 avec les lois de décentralisation préparées sous les auspices de Gaston Defferre, la région ne disait rien qui vaille à François Mitterrand, fervent départementaliste. Handicapée par une loi électorale qui tarda à être modifiée, la région eut bien du mal à s’imposer. Ce fut fait en 2003, avec l’acte II de la décentralisation, voulu par Jean-Pierre Raffarin, ancien président du conseil régional de Poitou-Charentes. Mais le projet initial, qui prévoyait un accroissement de leurs compétences, fut mis en pièces par les défenseurs du département siégeant au Sénat. Au final, ce furent ces derniers qui virent leurs prérogatives renforcées...

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Une réforme pour quoi faire ?

Nicolas Sarkozy a, lui, tenté de contourner la difficulté en imaginant un conseiller territorial qui aurait siégé et au département et à la région. Une réforme mort-née avec l’élection de François Hollande. Après deux années de tergiversations, ce dernier a laissé Manuel Valls enclencher le mouvement d’une nouvelle réforme. Mais pour quoi faire ? Pour réduire l’émiettement communal ? Il n’en est pas question, surtout après la déculottée de la gauche aux municipales. S’attaquer aux départements ? Ils sont mal identifiés par la grande majorité des Français, qui vivent désormais dans les zones urbaines. Conforter les régions ? Elles font figure de naines à l’échelle de l’Europe. Non pas tant à cause de leur superficie que de leurs compétences et de leurs moyens financiers très limités. Les régions françaises dépensent en moyenne 395 euros par habitant, contre 3000 à 4700 euros dans les régions de nos voisins, en Allemagne, en Italie, en Espagne… Les régions devraient être responsables du développement économique des territoires, de la recherche, de la formation et de la lutte contre le chômage. On est encore loin du compte !

Au lieu de donner l’impression de vouloir déshabiller l’un pour gonfler l’autre, sous prétexte d’économies, le gouvernement devrait dire comment il compte réduire la présence fantomatique mais coûteuse de l’Etat dans les territoires, en transférant certaines de ses compétences à des pouvoirs locaux forts. Chez la plupart de nos voisins, il y a trois niveaux d’administration locale, correspondant à la commune, au département et à la région. Ceux-ci, parfaitement identifiés, avec des missions claires, complètent les prérogatives du pouvoir central. Pour le dire autrement, il faut dé-cen-tra-li-ser, et non pas seulement redessiner la carte des régions.

Pascal Gateaud

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