Réforme politique et restriction de budget au menu britannique

par Keith Weir

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LONDRES (Reuters) - Inaugurant comme le veut l'usage la nouvelle législature, la reine Elizabeth II a livré mardi les deux grands axes du programme du gouvernement de David Cameron pour les cinq prochaines années: assainissement de l'économie et réformes politiques.

Le leader Tory, qui partage depuis ce mois-ci le pouvoir avec les libéraux démocrates de Nick Clegg, coalition sans précédent depuis 65 ans, écarte par ailleurs tout nouveau transfert de souveraineté à l'Union européenne sans consultation préalable du peuple ou des députés britanniques.

L'ambitieux programme du gouvernement Tories-Lib Dems, qui a succédé aux travaillistes au pouvoir depuis 1997, prévoit le dépôt de 22 projets de loi entre ce printemps et la fin de l'an prochain, a précisé la reine, lisant un texte de Cameron.

La première priorité est de réduire le déficit, qui dépasse 11% du produit intérieur brut, et de rétablir la croissance économique, qui a atteint péniblement 0,3% au premier trimestre, après 18 mois de récession.

Dans un premier temps, le Trésor s'est fixé pour objectif de réduire le déficit de 6,2 milliards de livres (7,3 milliards d'euros environ). D'autres mesures devraient être détaillées dans la loi de finances rectificative attendue le mois prochain.

Un Office pour la responsabilité budgétaire dirigé par l'économiste Alan Budd sera chargé de prévoir la croissance et d'évaluer les besoins de financement par l'emprunt.

PAS D'EURO SANS CONSENTEMENT DU PEUPLE

Sur le plan politique, le gouvernement de coalition, qui jouit d'un état de grâce auprès des deux tiers des électeurs, selon un sondage publié mardi par le Guardian, compte figer la durée de la législature à cinq ans. Jusqu'à présent le Premier ministre pouvait anticiper à son gré son échéance.

Une loi sera soumise aux députés en vue d'organiser un référendum sur une modification du système électoral permettant une plus juste représentation de l'électorat à la Chambre des communes, exigence majeure des Lib Dems pour conclure un pacte de coalition avec les Tories, qui n'ont pas la majorité absolue.

En outre, le gouvernement formulera des propositions pour remplacer l'actuelle Chambre des lords, non élue, par une assemblée totalement, ou principalement, élue sur la base de la représentation proportionnelle.

Sur le plan européen, David Cameron a annoncé son intention de faire adopter une législation qui permette à l'avenir au peuple et au parlement d'avoir leur mot à dire sur tout transfert de souveraineté vers Bruxelles. Aucune adhésion à l'euro ne sera possible sans le consentement du peuple.

En ce qui concerne l'immigration, le nouveau gouvernement compte - sans citer de chiffre - "limiter le nombre de migrants économiques non originaires de l'Union européenne pénétrant sur le sol du Royaume-Uni" et, dans le même temps, s'interdire la détention d'enfants illégalement immigrés.

S'agissant des libertés publiques, le gouvernement Cameron a déclaré vouloir renoncer au projet travailliste d'instauration d'une carte d'identité nationale et restreindre le champ de la banque existante de données ADN.

Par ailleurs, le gouvernement Tories-Lib Dems a l'intention d'ouvrir aux investisseurs privés le capital de Royal Mail, le monopole public de la poste, initiative qui s'inscrit dans une politique plus générale de moindre présence de l'Etat et de diminution de la bureaucratie dont se méfient les syndicats.

Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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