Réforme ferroviaire : qui va piano va sano !

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a présenté les grandes lignes de la réforme qui fait la part belle aux propositions de la SNCF.

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Réforme ferroviaire : qui va piano va sano !

Ce n’est pas encore la Révolution ! Les premières lignes de la réforme ferroviaire ont au moins le mérite d’exister, là où l’ancien gouvernement n’avait pris aucune décision. Ce dernier souhaitait avancer l’ouverture à la concurrence autour de 2014, le ministre des Transports Frédéric Cuvillier espère bien ne pas devancer l’Europe : sans doute pas avant 2019.

Il souhaite prendre le problème dans le bon sens. "Là où certains ont anticipé les exigences du libéralisme et de l’ouverture, comme ce fut le cas pour le fret, nous nous mettons en ordre de marche. L’Europe n’impose pas de modèle et n’a jamais imposé l’ouverture en 2014. Nous voulons faire un système ferroviaire fort pour affronter la concurrence de demain. Nous ne pouvons pas nous soumettre. Nous ne pouvons pas non plus nous satisfaire de 32, et demain de 40, milliards d’euros de dettes. Nous ne souhaitons pas reporter la responsabilité sur d’autres."

Alors que la SNCF fête ses 75 ans en grande pompe, Frédéric Cuvillier fait un rappel historique en précisant qu’à la naissance de la SNCF, en 1937, "la dette des six opérateurs de l’époque s’élevait à 30 milliards de francs". Ironie de l’histoire, la dette pourrait être à nouveau fondatrice, même si les premières lignes de la réforme n’ont pas avancé de solution.

L’annonce la plus attendue concerne la gouvernance du ferroviaire français. Depuis des semaines, les supputations remplissaient les colonnes de la presse pour savoir qui, de Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, ou d’Hubert du Mesnil, le président de Réseau ferré de France (RFF) remporterait la mise. Et même si leur ministre de tutelle ne voit "ni vainqueur, ni vaincu", il semble bien que le modèle préconisé par le président de la SNCF a été entendu. D’ailleurs, Hubert du Mesnil devrait partir sous peu.

Cette fameuse gouvernance est basée sur la SNCF et sur un gestionnaire des infrastructures unifiées (GIU) fort, qui regroupera 50 000 salariés de RFF, de SNCF Infra et la Direction de la circulation ferroviaire (DCF). "Un pôle public implique de créer des liens et de faire en sorte que RFF soit rattachée à la SNCF. La forme juridique reste à préciser", prévient le ministre.

On peut surtout se demander si le gouvernement n’attend pas les réactions de l’Europe pour pouvoir dégainer ensuite une holding qui fera ressembler le ferroviaire français à son homologue allemand. On comprend alors mieux la stratégie de rapprochement, ces derniers mois, des présidents de la SNCF et de la Deutsche Bahn pour peser de tout leur poids contre Bruxelles et son commissaire estonien Siim Kallas.

Cette réforme doit également éviter le fiasco du fret, en développant un cadre social harmonisé entre la SNCF et les nouveaux entrants sans remettre en cause le statut des cheminots… Tout un programme ! Jean-Louis Bianco a été nommé par le ministre pour engager le dialogue avec toutes les parties concernées (usagers, syndicats…) avant la rédaction de la réforme.

Les syndicats entre satisfaction et scepticisme
Ces annonces ont reçu un écho favorable de la part de la de la FGTE-CFDT. Son secrétaire général, André Milan, estime que cela "va plutôt dans le bon sens. Voilà comment fixer un cadre juridique." Il trouve judicieux le fait de "justifier sa réforme par l’histoire nationale de cette entreprise. Sous-entendu, on ne nous imposera pas une vision libérale". Et il a sa petite idée pour le problème de la dette : "la faire porter par la Banque publique d’investissement"... La CGT se félicite des orientations du ministre, qui "semble vouloir privilégier le caractère public de la SNCF (…) et le caractère intégré du système ferroviaire". Quant au secrétaire général de l’Unsa, Marc Baucher, il a trouvé "le ministre d’une extrême prudence. Il demeure pas mal d’interrogations. EPIC, SA ? Aujourd’hui, c’est un discours de méthode. Il n’y a pas grand-chose. C’est très fade".

Olivier Cognasse Grand reporter Environnement – Utilities – Mobilités – Industries ferroviaire et navale

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