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Réforme ferroviaire : "Nous souhaitons un régulateur fort et indépendant", réclame Pierre Cardo

Olivier Cognasse , ,

Publié le , mis à jour le 16/06/2014 À 10H12

Entretien Pierre Cardo, président de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), a répondu aux questions de L’Usine Nouvelle à quelques jours de la présentation du projet de réforme ferroviaire à l’Assemblée nationale.

Réforme ferroviaire : Nous souhaitons un régulateur fort et indépendant, réclame Pierre Cardo © Wikipedia

L'usine nouvelle - Que pensez-vous de la grève à la SNCF et des arguments avancés par la CGT et Sud ?

Pierre Cardo - Les syndicats veulent faire pression avant que le projet ne soit examiné mardi 17 juin à l’Assemblée nationale. Parmi les points qu’ils contestent, il est amusant de voir que l’ouverture à la concurrence n’apparait pas dans ce projet de loi. Et la création de trois Epic (Etablissement public industriel et commercial), dont celui de tête, est censée rassurer tout le monde sur la prédominance de la SNCF. Il y a peut-être une erreur stratégique de la part du gouvernement. La loi est trop satisfaisante et il ne reste pas de marges de manœuvre…

Que vous inspire cette organisation avec trois Epic ?

L’originalité réside dans le fait qu’un Epic soit au-dessus des deux autres. Légalement, un Epic ne peut pas dépendre d’un autre Epic.

Est-ce que le rôle du régulateur va se trouver renforcer ?

Au départ, la SNCF, RFF et le gouvernement affirmaient qu’il fallait renforcer le rôle du régulateur et ils ont commencé par enlever l’avis conforme de l’ARAF sur la tarification des infrastructures de services. Heureusement, ils sont revenus sur cette décision.

Un commissaire du gouvernement devrait assister aux auditions. Pensez-vous là encore obtenir gain de cause ?

Nous souhaitons un régulateur fort et indépendant, mais on nous impose un commissaire du gouvernement. Pour quel besoin ? Pour faire passer la bonne parole du gouvernement ? Il ne vote pas mais il assiste aux auditions. Ces auditions ne sont pas sujettes à un compte-rendu et les personnes interrogées pouvaient s’exprimer librement. Garderont-elles leur liberté de parole face au commissaire du gouvernement ? Cela peut encore bouger et je ferai tout pour y arriver.

Etes-vous favorable à un regroupement de RFF, SNCF Infra et la Direction de la circulation ferroviaire (DCF) qui aurait en charge la gestion du réseau ?

Nous sommes favorables à ce regroupement, à condition de mettre en place un système d’incitation avec des pénalités. Il faut valoriser les plages horaires des travaux, certaines n’étant pas utilisées. Il faut aussi limiter les imprévus, en évitant que la SNCF, par exemple, ne réserve trop de sillons qui ne sont ensuite pas utilisés. Il existe des surréservations à deux ans.

Le fait qu’on n’utilise pas au dernier moment un sillon devrait conduire à des pénalités. On peut rêver et imaginer la mise en place d’un véritable outil industriel avec cette réunification. On parle d’économiser 1,5 milliard d’euros chaque année sur le ferroviaire. La meilleure façon d’y parvenir serait d’optimiser le réseau...

Que pensez-vous de la fronde des régions ?

La SNCF a mis deux ans pour isoler du point de vue comptable Gares & Connexions. Les régions ont raison quand elles évoquent un taux de rémunération du capital très élevé. Les TER sont entre 20 et 30 % moins chers en Allemagne. Les concurrents de la SNCF ont déjà fait des offres 20 à 25 % inférieures.

A contrario, quand on rend le transport presque gratuit, comme c’est le cas dans plusieurs régions, on est responsable du coût exorbitant du transport pour la collectivité territoriale. Certaines lignes mériteraient une analyse par des experts indépendants de la SNCF pour un éventuel transfert sur la route.

Les présidents de régions militent de plus en plus pour l’ouverture du marché…

Si on écoute Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, il est pour l’ouverture. Mais à d’autres, il dit le contraire. En premier lieu, il faut expérimenter cette ouverture et changer l’organisation du travail. Sinon, dans dix ans, il n’y aura plus de fret ferroviaire en dehors de quelques axes majeurs. La SNCF hurle contre la concurrence, mais l’ennemi est dans la place depuis longtemps. C’est la route !

Guillaume Pepy, vous semble-t-il être l’homme de la situation, notamment pour prendre la présidence de l’Epic de tête ?

Quand on assure au gouvernement avoir l’influence sur le pouvoir syndical pour faire passer une réforme et que l’on constate le résultat actuel, on peut s’interroger. Quant au dernier rapport sur l’accident de Brétigny-sur-Orge, survenu l’an dernier, il dédouane RFF. C’est SNCF Infra qui est désigné comme le responsable du manque d’entretien de la voie. Ces défauts de maintenance sont assez préoccupants. 

Propos recueillis par Olivier Cognasse

 

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