Réforme des retraites : les clés pour comprendre les enjeux

Toujours en déficit, les régimes de retraite devraient être réformés en 2010. Les négociations entre salariés employeurs et gouvernement commenceront le 15 février. En attendant, chacun affute ses arguments. Au-delà des intérêts de chacun, résoudre la question a des allures de quadrature du cercle.

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Réforme des retraites : les clés pour comprendre les enjeux

En 2010, l’exécutif veut s’attaquer à un gros morceau : la réforme des retraites. On le sait : l’assurance vieillesse est en déficit chronique, en raison notamment de l’allongement de la durée de la vie.

En attendant la première réunion le 15 février prochain, syndicats et partis politiques prennent leur marque, en attendant l’ouverture de la négociation et surtout sa conclusion qui fera grincer des dents. Tout le monde se souvient du propos prêté au Premier ministre Michel Rocard qui estimait que le dossier des retraites avait de quoi faire sauter plusieurs gouvernements.. et éventuellement perdre des élections régionales.

Des solutions techniques qui cachent des choix politiques

Quoi qu’il en soit, le débat entre le gouvernement, les représentants des employeurs et ceux des salariés risque de porter sur de nombreux fronts. Réformer les retraites c’est choisir les variables sur lesquelles jouer pour rééquilibrer les comptes. Le gouvernement dispose de plusieurs leviers. L’équation du système de retraite comporte d’un côté, le taux de cotisation et l’assiette des cotisations qui doivent être suffisants pour payer une pension à tous les retraités. Autrement dit, les négociateurs peuvent

o augmenter le taux des cotisations (les employeurs diront que cela nuit à leur compétitivité) ;

o élargir l’assiette notamment vers les possesseurs de capitaux. C’est ce qu’on a fait en créant la CSG qui sert à financer l’assurance maladie. (au risque de dissuader l’épargne, et certaines personnes risquent de partir vers l’étranger) ;

o payer des retraites moins élevées en décidant qu’on prendra en compte non plus les 25 meilleures années mais les 30 meilleures par exemple (les futurs retraités qui sont aussi des électeurs apprécieront moyennement et risquent d’épargner davantage) ;

o à moins qu’on n’allonge la durée de cotisation pour avoir droit à une retraite complète. C’est ce qui se passe actuellement où l’âge de départ à la retraite officiel reste 60 ans, mais où il faut avoir cumulé 162 trimestres pour un départ en 2009 (164 en 2012 soit 41 ans) pour obtenir une retraite à taux plein (là aussi, les futurs retraités risquent de ne pas apprécier).

Bien sûr, le gouvernement peut panacher les différentes mesures, augmenter un peu les cotisations et reculer la durée de cotisations par exemple. Autrement dit, mécontenter un peu moins les uns et les autres.

Quel indicateur pour la pénibilité du travail ?

La pénibilité du travail complique un peu la donne. En effet, les syndicats de salariés réclament une modulation de l’âge de départ à la retraite en fonction de la pénibilité du travail. Les partisans de cette mesure considèrent qu’il n’est pas équivalent de travailler 41 ans dans un bureau ou sur un chantier, de faire un métier physiquement épuisant ou un métier créateur de stress. Difficilement contestable, la mesure est très difficile à appliquer concrètement, tant il sera compliqué de trouver un indicateur accepté par tous. Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a indiqué que l’espérance de vie selon les métiers était un indicateur intéressant. La taille de l’entreprise ou le type de management ont au moins un effet aussi important. Une chose est sûre : le président de la République a indiqué lors de ses vœux que la négociation à venir « inclura naturellement la question de la pénibilité ». Reste à savoir comment.

Christophe Bys



Subtiles distinguos

S’exprimant sur le sujet, Xavier Darcos a rappelé que le Conseil d’orientation des retraites proposait d’autres formes de calcul que celui existant actuellement. Il s’agit des systèmes par points, où un salarié acquiert avec ses cotisations des points , et les régimes de comptes notionnels, où l’assuré accumule au cours de sa vie un capital virtuel égal aux cotisations versées qu’il liquide au moment de son départ en retraite. Cette question d’une technicité ardue renvoie à des conditions concrètes en matière de rendement et de gouvernance du système de retraites.

Sur ce sujet, lire
http://www.observatoire-retraites.org/index.php?id=180

http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-53.pdf

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