Economie

Réforme de retraites : la CGT n’a pas le sentiment d’être entendue

Astrid Gouzik

Publié le

Depuis le début de matinée, ce jeudi 4 juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reçoit les partenaires sociaux pour entendre leurs propositions sur le réforme des retraites.

Réforme de retraites : la CGT n’a pas le sentiment d’être entendue © AFP

Entouré des ministres du Travail Michel Sapin, des Affaires sociales Marisol Touraine et de la Fonction publique Marylise Lebranchu, Jean-Marc Ayrault reçoit tour à tour les organisations syndicales et patronales afin de mener les négociations sur le réformes des retraites.

C’est la CGT qui a ouvert le bal. A l’issue de la rencontre Thierry Lepaon, le secrétaire général de la confédération a déclaré : "le gouvernement ne dévoile pas ses pistes, il rentre à nouveau dans une phase d'écoute".

"Il a pris soin de nous écouter en amont de la conférence sociale, il a pris soin de nous écouter lors de la conférence sociale, il prend soin de nous écouter à nouveau après la conférence sociale dans le cadre de concertations. Il nous écoute beaucoup, je n'ai pas le sentiment pour autant que nous soyons entendus", a-t-il déploré, jugeant que "pour être entendu, il faut parler plus fort, c'est ce que nous essayons de faire".

Il a par ailleurs regretté que cette concertation ne permette pas d'"avoir un véritable débat entre syndicats de salariés, syndicats d'employeurs et gouvernement".

"J'ai le sentiment que (la) boussole (du gouvernement), c'est le rapport" de la conseillère d'État Yannick Moreau qui propose des pistes de réforme, comme une augmentation de la durée de cotisation à laquelle s'oppose vivement la CGT, a poursuivi Thierry Lepaon.

"Nous avons fait part au Premier ministre de notre opposition (face) au recul social qui visiblement s'annonce, puisque les solutions semblent identiques à celles du gouvernement précédent, à savoir +il va falloir travailler plus et en même temps baisser le niveau de pension pour les retraités+, ce qui pour nous est inacceptable", a-t-il conclu.

"Chacun prend ses responsabilités"

Puis Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), a pris le relais. "J'ai expliqué au Premier ministre qu'une réforme courageuse, ce n'était pas obligatoirement une réforme impopulaire", a-t-il déclaré au sortir de la rencontre. "Chacun prend ses responsabilités, lui en tant que Premier ministres et moi en tant que responsable syndical", a-t-il ajouté.

Puis sur le même air que la CGT, il a insisté : "Pour le moment, il écoute. Si nécessaire, pour qu'il nous écoute encore mieux, on criera plus fort". Il n’a pas exclu que FO puisse "mobiliser, y compris début septembre".

"J'ai surtout rappelé nos positions: la ligne rouge, c'est l'augmentation de la durée de cotisation", a réaffirmé Jean-Claude Mailly, disant être "prêt à examiner" la piste d'une augmentation des cotisations sociales acquittées à 60% par les entreprises et 40% par les salariés.
"Maintenant, ils font leurs choix et, en fonction de leurs choix, nous réagirons", a-t-il conclu.

Après la CFE-CGC, la CGPME, la CGT et FO, le Premier ministre doit recevoir dans l'après-midi la CFDT, le Medef et l'UPA (artisans). Ils formuleront leurs propositions sur la réforme des retraites prévue à l'automne, rappelle l’AFP.

Astrid Gouzik

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